‹ La Crise Viticole en GirondeChapitre 27 sur 78 · NT DE · texte numérisé non relu

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ments qui se retirent de bonne heure après fortune faite; il faut bien croire qu’une aisance si vite gagnée l’a été aux dépens de quelqu'un.

III. — Aux deux causes que nous venons de signaler joignons l'élévation des droits, trop souvent disproportionnés à la valeur des vins courants. Ceux-ci valaient récemment 800 à 1.000 francs le tonneau. Or, les droits de circulation s'élèvent à 234 francs par tonneau, soit environ le quart du prix de vente. Il n’est pas douteux que, si une telle élévation du montant des impôts est fâcheuse pour les vins fins, elle est manifestement exorbitante pour les vins ordinaires dont la valeur spécifique est beaucoup moins élevée.

En temps de crise, un taux semblable, s’ajoutant aux charges déjà lourdes qui pèsent sur le vin, contribue donc à rebuter le consommateur, sans aucun profit pour le producteur. | à

IV. — Notons encore, avant de terminer, que la fraude intervient également en la matière tout comme pour les vins fins. Ainsi que nous le verrons plus loin, la fraude en matière de vins fins est surtout une fraude par substitution (France), ou par fausse appellation (étranger). Ici elle présente un caractère différent et réside dans le mouillage du vin, ou encore dans la fabrication pure et simple d’un produit qui, mélangé avec un authentique jus de raisin, sera baptisé vin.

Ces altérations, en augmentant le volume et en abaissant la qualité de la marchandise, provoquent elles aussi un préjudice certain au vin.

En résumé, les causes principales de la crise des vins ordinaires en Gironde nous paraissent être les suivantes :

4° La surproduction française;

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2° La concurrence des vins du Midi et de l'Algérie qui entraînent une vente à un cours insuffisant pour être rémunérateur;

3° Le découragement et la restriction d’une partie de la consommation provoqués :

a) par les exigences de certains intermédiaires; b) par l'incidence des droits disproportionnés au prix du vin (surtout pendant ces dernières années);

4° Enfin la fraude venant augmenter le volume du vin tout en constituant une contre-propagande pour lui.

SECTION II

Causes plus spéciales aux vins ïins.

Nous ne cacherons pas que si la crise des vins ordinaires nous émieut, celle des « vins fins » retiendra bien davantage notre attention et notre sollicitude.

C'est en effet grâce à eux et aux grands crus de notre Gironde que la réputation des vins de Bordeaux a pu s'établir de par le monde, et que la couronne viticole de la France s’est enrichie de son plus beau fleuron.

Hélas ! si nos grands vins sont restés ce qu'ils étaient jadis, si leur qualité est toujours aussi prestigieuse, ils n’en sont pourtant pas moins terriblement atteints par une crise poussée au paroxysme en Gironde.

La crise de mévente, et nous entendons ici par mévente le fait de ne pas vendre ou de vendre à un cours inférieur, procède, en ce qui concerne les vins fins, de causes complexes. Elle n’a pas été atténuée par la légère reprise accusée par les cours des vins ordinaires, car cette amélioration ne joue pas pour les très grands vins, et reste très insuffisante pour des vins tels que ceux de la rive droite,

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