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qui ne se vendent pas plus cher, au degré, que les vins de l’Entre-deux-Mers.
Signalons ici la tendance actuelle du commerce à acheter les vins au degré. Cette pratique désastreuse ne s applique pas aux très grands vins et aux vins de crus classés, mais le commerce l’impose à la faveur des difficultés actuelles, pour des vins qui, normalement, pourraient prétendre à plus d’égards (grands vins blancs et rouges de la rive droite). La vente au degré est une hérésie, puisque, basée exclusivement sur la force alcoolique du vin,’ elle ne tient compte ni de ses qualités de finesse et de bouquet propres, ni de son origine, ni de sa rareté.
Nous donnerons une idée de la détresse des producteurs de vins fins en citant quelques chiffres qu'un propriétaire connu de Loupiac à bien voulu nous communiquer.
Ce propriétaire a vendu la moyenne de ses récoltes de dix années (1923-1933) un prix annuel de 3.800 francs le tonneau nu. Ce prix est normal, mais il a été payé pour la dernière fois en 1934 pour la récolte de 1933. Les récoltes de 1932 (12 degrés) et de 1935 (13 degrés) ont pu être vendues dans le courant de 1936 au prix de 90 et 100 francs le degré-tonneau, c’est-à-dire aux mêmes prix et conditions que les vins les plus ordinaires de l’Entre-deux- Mers, dont le coût de production est moindre, pour un rendement plus élevé.
Nous disions que ces derniers se vendent actuellement 140 à 150 francs le degré-tonneau; ce sont les offres que l’on fait pour la récolte 1934, d'excellente qualité et qui à vieilli au compte du producteur.
Au dire de nombreux viticulteurs, il est plus avantageux de produire des vins d’hybrides ou même de noah que des vins de cépages nobles: les rendements sont doubles et les ventes se font au même prix, puisqu'on ne tient compte que du degré.