FAT 138 EST
timité est plus ou moins établie. Peut-être même les sommes ainsi mises à la disposition de l'Office de Propagande seront-elles insuffisantes, car, à notre avis, il est indispensable de faire une publicité en profondeur et de ne pas s'arrêter à moitié chemin. Ne serait-il pas légitime” que l'Etat, percevant 26 francs par hectolitre, dont 6 à titre provisoire depuis le 24 décembre 1934, restitue partiellement au producteur, sous forme de subvention à la propagande, les sommes énormes qu’il prélève sur les maïigres bénéfices des vignerons ?
Si le principe du syndicat obligatoire était adopté, la charge de la propagande retomberait sur la Fédération nationale des Syndicats de viticulteurs qui centraliserait les fonds destinés à cet objet. Ces fonds proviendraient, soit des contributions fournies par les syndicats, soit des subventions fournies par l'Etat, soit des unes et des autres. Mais nous'estimons préférable, même dans ce cas-là, de confier la réalisation matérielle de la propagande à des professionnels contrôlés par la Fédération.
D'ailleurs, pour rendre la propagande plus efficace, il conviendra, au début, d'en limiter l'action aux pays susceptibles d'être des clients importants, par exemple : l'Allemagne, les Etats-Unis, ete. Lorsque ces pays seront redevenus les clients qu'ils étaient autrelois pour nous, il sera temps alors de songer : que la population mondiale est de 2.050 millions d'hommes; que le vin est presque inconnu aujourd'hui en Asie où vit plus de la moitié du genre humain, alors qu'il y a six cents ans la Chine était couverte de vignes @); que la consommation mondiale annuelle ressort à 8 1. 45 par habitant, alors qu'elle est de 150 litres en France; que cette même consommation s’établit par continent et par habitant à 26 litres en Europe,
(3) La Chine et l'Inde ne consomment ensemble que 10.000 hectolitres de vin par an.
16 litres en Amérique du Sud, 4 litres en Océanie, 3 litres en Aîrique, 3 décilitres en Amérique du Nord, 5 centilitres en Asie (4).
Notons enfin que la propagande devra s'efforcer de mieux faire connaître les raisins frais, les jus de raisin, les concentrés de raisin, les bonbons aux raisins, etc, et, d'en accroître la consommation : ce sera là un excellent moyen de diminuer d'autant la production du vin et d’encourager ceux qui cherchent, par la vente de ces produits, à enrayer dans une certaine mesure la surproduction.
Le champ est donc vaste pour la propagande, mais il faudra cependant éviter, tout au moins au début, de disperser ses efforts.
(4) D'après Léon Douarche, Annuaire international du Vin, édition 1956.