CHAPITRE V LE JUSTE PRIX
Nous avons défini le juste prix, celui qui, sans rebuter le consommateur, permet une rémunération suffisante du producteur et du négociant. Cet heureux équilibre est loin d’être atteint aujourd’hui : le consommateur se plaint de la cherté du vin et les producteurs sont pour la plupart en déficit. Il y a donc des réformes à réaliser dans ce domaine. Nous allons essayer de les formuler.
Le prix du vin est la résultante d’un certain nombre d'éléments, que nous pourrons classer ainsi : coût du vin à la production et au commerce; frais accessoires venant se greffer sur ces deux éléments; enfin, impôts, taxes diverses et surtout droits de douane. L'étude de ces derniers nous permettra d'envisager l’ensemble de la question douanière et de la réforme de notre politique viticole au point de vue de l'exportation.
SECTION PREMIERE
Le prix du vin à la propriété et au commerce.
$ 1. — Le prix du vin à la propriété.
Nous ne croyons pas qu'il soit possible d'arriver à une diminution considérable du prix de revient du vin à la propriété, car, en présence des difficultés présentes, les propriétaires n'ont pas attendu nos conseils pour com-
primer leurs frais généraux au maximum, à tel point que certaines vignes souffrent d'un manque d'engrais. Cette diminution éventuelle pourrait bien d’ailleurs se transformer en une augmentation par suite des conditions économiques et sociales actuelles. Notons, en effet, que les produits indispensables à la viticulture, engrais, sulfates, soufres, etc., ont augmenté dans des proportions considérables depuis plus d’un an (4). Parallèlement, le coût de la vie a suivi la même marche ascendante, ainsi d’ailleurs que les salaires payés à des ouvriers de plus en plus rares et de moins en moins consciencieux.
Cependant peut-être pourra-t-on réaliser encore quelques économies dans certaines exploitations grâce à l'adoption de méthodes modernes, inspirées du taylorisme. Ces méthodes, permettant d’ « organiser » la culture, auront pour avantage essentiel de remédier à la carence de la main-d'œuvre tout en réduisant les frais généraux au strict minimum.
Nous empruntons les lignes qui vont suivre à une étude publiée par M. Gaston Vinsot, ancien Président de l’Union de la Propriété et du Commerce, qui a eu le mérite, joignant le geste à la parole, de réaliser pratiquement les améliorations qu'il préconise.
I faut, dit-il :
« 4° Commencer par remembrer la propriété, en échangeant ou vendant les petites parcelles éloignées, pour
(4) Voici la différence constatée entre les cours du mois de novem-
bre 1935 et ceux du mois de novembre 1937 pour les produits suivants (chiffres tirés du Journal la Feuille vinicole)
Nes. » Nov. 1935 Nov. 1937 Sulfate de cuivre : ge és RU CTIS EAN. 2 des oh 129,50 310 »