‹ La Crise Viticole en GirondeChapitre 61 sur 78 · ST MS OT ST · texte numérisé non relu

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constituer des lots aussi étendus que possible à proximité du centre de l’exploitation. Il faut plus de temps, en effet, pour aller sulfater un journal @ de vigne à 1 kilomètre que pour en traiter deux contigus aux bâtiments de la ferme.

» 2° Faire exécuter, par les machines à haut rendement, tous les travaux susceptibles de se prêter au travail des machines. Employer le tracteur plutôt que les animaux, et ceux-ci plutôt que l’homme seul; utiliser l'appareil à traction plutôt que le pulvérisateur à dos, la charrue décavaillonneuse plutôt que la bêche, etc.

» 3° Avoir toujours un matériel perfectionné en excellent état d'entretien. Ne jamais, lorsqu'il fait beau, laisser un animal inoccupé à l'écurie. Si l’homme fait seul pour 20 francs de travail dans un temps donné, il en fera 60 ou 80 s’il conduit un bœuf ou un cheval, les frais de nourriture et autres restant dans les deux cas sensiblement les mêmes. ”

» 4° Employer autant que possible des appareils où l'homme est assis : cultivateurs canadiens à siège (de préférence aux herses), faucheuses, faneuses, pulvérisateurs à traction, etc. Ne pas oublier que l’ouvrier est toujours partisan du moindre effort et qu'il faut s'organiser en conséquence.

» 5° Enfin établir toujours le programme de travail à l'avance en expliquant à chaque ouvrier la besogne qu'il aura à remplir, les outils qui lui seront nécessaires, etc.; s'assurer toujours de la parfaite exécution du travail, en laissant, toutefois, une large initiative aux ouvriers qui ont fait leurs preuves. »

Il faut, en un mot, s'adapter aux conditions de la production moderne et rechercher partout la plus grande sim-

2) La superficie du journal est variable suivant les régions, celui de Bordeaux vaut 31 a.°998.

phfication compatible avec une bonne exécution du travail. Rappelons en passant le procédé utilisé au- château Yquem pour le levage de la vigne, donnant sans fatigue un rendement bien plus considérable que celui obtenu avec l’ancienne méthode ®. De même, au moment des vendanges, il est préférable que les coupeurs commencent leur travail par le milieu des rangs pour se rapprocher des extrémités afin d'éviter aux porteurs des allées et venues inutiles. «Jamais, écrit M. Vinsot, à la vigne ou au cuvier, une grappe de raisin ou une goutte de vin ne doivent revenir en arrière et parcourir le même chemin. » ().

Ce sont là de petits détails, dira-t-on. Certes, mais il ne faut rien négliger : un prix de revient est une somme de petits détails.

Parmi les améliorations signalées par M. Vinsot, figurent le remembrement et l'emploi des machines à haut rendement. Ces remèdes utiles ne sont pas à la portée de tous, et nous verrons au chapitre suivant comment il sera possible de les mettre en œuvre.

Nous avons constaté au chapitre précédent les économies que la coopération peut et pourra faire réaliser dans la vinification. Répétons que l'avenir est là, et que les grandes réformes nécessaires sont seulement concevables dans le cadre corporatif et syndical.

$ 2. — Le prix du vin au commerce. :

Ici encore, et pour des raisons identiques à ceiles que nous venons d'examiner, les compressions seront difficiles à réaliser. Ù

Nous connaissons déjà, en effet, les charges qui grèvent

(3) Voir {re partie, chap. ff, p. 388.

{%) G. Vinsot, Rationalisation du travail appliquée à la viticulture et à la vinification, 1929, p. 2 et 3.

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