‹ La Crise Viticole en GirondeChapitre 64 sur 78 · LUE VIE UE · texte numérisé non relu

LUE VIE UE

tielle de la situation actuelle. Malheureusement, il n’est guère possible de tabler sur une telle évolution, et notre gouvernement devra, par ses négociations, chercher à obtenir les facilités que nous demandons.

Mais, s’il le voulait, nous pensons que ses arguments seraient écoutés : ne sommes-nous pas, en effet, acheteurs beaucoup plus que vendeurs ? Et l’étranger, pour continuer à exporter chez nous, ne consentirait-il pas, lors de la conclusion des traités de commerce, À diminuer ses droits, à élargir ses contingents, à donner des devises à ses importateurs si, toutefois, nous ne frappions pas ses produits de droits prohibitils ?

Les Etats-Unis nous montrent le chemin dans cette voie. Ils nous vendent déjà plus qu'ils ne nous achètent, cependant ils ont réussi entre autres exemples, à nous vendre une quantité déterminée de pommes, sous le prétexte qu'ils sont nos fournisseurs de matières premières indispensables pour nous, pétrole et coton, et que, par suite, ils considéraient l'équilibre comme réalisé, malgré un excédent dépassant un milliard de francs en leur faveur.

Ne pourions-nous done pas faire notre profit de cet areument, et, en nous basant sur les moyennes d’exportations antérieures à 1914, obtenir de certains Etats étrangers l'obligation de nous acheter une quantité équivalente de vins ?

C'est ainsi que l'Allemagne, qui était autrelois notre meilleur client (avec beaucoup plus de 100.000 hectos), et qui aujourd'hui préfère réserver ses devises pour d'autres usages, nous a acheté pendant les huit premiers mois de 1935 : 37.667.984 quintaux métriques de minerais et 53.792.194 quintaux pendant la période correspondante de 1936. Dans le même temps, ses importations de vins français tombaient de 18.355 hectolitres en 1935 à 8.069 hectolitres seulement en 1936.

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La France fournit à l'Allemagne 33 p. 100 du minerai de fer qui lui est indispensable pour ses industries lourdes. N'y a-t-il pas là une monnaie d'échange que le gouvernement semble avoir négligée lors de la conclusion du récent Traité de commerce franco-allemand qui octroie seulement aux vins français 2,9 p. 100 du total de nos exportations dans ce pays ? Ces 2,9 p. 100 devront se répartir entre toutes nos régions productrices, et l’on estime que lÎa Gironde peut espérer recueillir 2 p. 100. C’est un comniencement, mais nous sommes encore loin de ce que nous pourrions légitimement escompter. Ajoutons qu’en vertu de ce même traité, les vins français doivent acquitler à leur entrée en Allemagne les droits suivants : 32 reichsmarks pour les vins rouges et 45 reichsmarks pour les vins blancs, le tout par quintal métrique. Soit, au cours de 11 fr. 87 (31 déc. 1937), 379 Îr. 84 pour les premiers et 534 fr. 145 pour les seconds, ce qui donne respectivement 3.418 fr. 56 et 4.806 fr. 52 par tonneau.

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