‹ La Crise Viticole en GirondeChapitre 9 sur 78 · CORNE · texte numérisé non relu

CORNE

fixées à ces carrassonnes à 40 centimètres du sol. Sur ces lattes s’attachent les deux bras du pied de vigne. Certains vignerons remplacent actuellement, pour raison d’économie, les lattes par des fils de fer, mais beaucoup restent encore fidèles aux traditions.

Les façons annuelles sont au nombre de quatre; elles sont données à l’araire : la première, en février-mars, déchaussage et décavaillonnage; la seconde, en avril, rechaussage; la troisième, au mois de mai, et la quatrième, en fin juin, sont la répétition des deux premières. En raison du peu de hauteur des vignes, il est nécessaire, après les deux chaussages ellectués avec une charrue appelée « courbe », de dégager à la main les verjus ® qui pourraient se trouver enterrés.

En raison de ces méthodes de culture, l'emploi de machines agricoles à grand rendement est presque impossible dans la majeure partie du vignoble. Dans certains grands domaines, tout se fait encore à la main, y compris soufrages et sullatages : il en résulte un accroissement des frais généraux.

Rien de très particulier n’est à signaler en ce qui concerne la vinification, si ce n'est la précocité des vendanges par rapport à l’ensemble du département, précocité causée par la nature graveleuse du terrain et la tenue des vignes près de terre, qui hâtent la maturation du raisin.

Dans tous les crus réputés, les plus grands soins et la plus grande propreté sont observés tant au moment de la cueillette que lors de la vinilication.

Certains propriétaires ont été conduits, par la déficience de la main-d'œuvre qui devient de plus en plus rare, à adopter la mécanisation des cuviers, mais les grands crus conservent les traditions et continuent à utiliser le travail

(8) Le mot verjus signifie ici raisin formé mais encore vert.

LATeA EE

à la main et la manipulation du vin dans des vaisseaux vinaires en bois, gages d’une qualité supérieure.

Le rendement moyen à l’hectare ne dépasse pas dans les bons crus une moyenne de 15 à 20 hectolitres et descend quelquefois au-dessous. Par contre, les palus producteurs de gros vins atteignent des rendements beaucoup plus considérables de 40 à 50 hectolitres, si ce n’est davantage.

Le Médoc possède environ 15.000 hectares de vignes qui produisent en moyenne 400.000 hectolitres de vins (dont 380.000 de rouge et 20.000 de blanc). Ce chiffre comprend les vignes de palus, à grand rendement, c’est ce qui explique la moyenne relativement élevée de 26 hectolitres à l’hectare.

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