‹ La critique de la raison pure. Tome premier (volume 2)Chapitre 12 sur 37 · OBSERVATION FINALE · texte numérisé non relu

OBSERVATION FINALE

Sur la solution des idées mathématiquement transcenden taies ,

ET AYERTISSEMEIÏT

Sur la solution des Idées transcenden taies dynamiques.

En repiéeentant dans une table l'antinomie de la raison pore par toujtes les idées transeendentalesi en même temps que nous avons fait connaître la cause de ce conflit et l'unique moyen de le faire cesser, moyen qui consiste en ce que deux affirmations opposées soient expliquées comme fausses, nous avons ainsi représenté partout les conditions comme appartenant à leur conditionné suivant des itepports d'espace et de temps; ce qui est la supposition ordinaire du sens commun, et sur laquelle précisément se fendait aussi tout ce conflit. À cet égard toutes les

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représentations dialectiques de la totalité dans la série des conditions d'un conditionné donné se sont anssi trouvées partout de même espèce. C'était toujours une série dans laquelle la condition avec le conditionné, eomme membres de cette série, étaient réunis et parlà de même espèce^ puisque alors la régression ne devait jamais être conçue 'accomplie ; si le contraire arrivait, c'est qu'un membre conditionné en soi devait ^tre pris faussement pour le premier, et par conséquent comme inconditionné. L'objet, c'est-à-dire h conditionné, n'était donc pas à la vérité considéré partout simplement quant à la quantité, mais il n'y avait cependant pas d'exception pour la série de ses conditions. De là la difficulté qui ue pouvait être résolue par aucun accommodement, mais seulement par la résection complète du nœud, difficulté qui consistait en ce que la raison montrait à l'entendement l'objet on trop grand ou trop petite de telle sorte que Ventendement ne pouvait jamais égaler l'idée de la raison*

Mais nous n'avons pas parlé, à ce sujet, d'une distinction essentielle qui domine dans les objets, c'està-<lire dans les concepts intellectuels que la raison s'efforce d'ériger en idées, distinction tirée de la division de notre table précédente des catégories, dont deux d'entre elles indiquent une synthèse mathéma-tique des phénomènes, et les deux autres une synthèse dynamique. Jusqu'ici cette omission pouvait très-bien

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avoir liea, puisque, de la même manière qae dans la représentation générale de toutes les idées transcendentales, nous nous en sommes toujours tenu aux seules conditions dans le phénomène / de même aussi dans les deux idées mathématiques transcendentales, nous n'avons eu d'autre objet que celui qui nous était donné dans le phénomène. Mais, maintenant que nous marchons aux concepts dynomîguesde l'entendement, en tant qu'ils doivent cadrer avec les idées de la raison, cette distinction est importante et nous ouvre un aspect entièrement nouveau par rapport au procès dans lequel la raison est engagée, procès qui ^ été renvoyé précédemment, comme intenté et soutenu par les deux parties sous de fausses suppositions, mais qui peut avoir une autre issue maintenant, puisqu'il y a peut-être lieu, dans l'antinomie dynamique, à une supposition compatible de ce point de vue avec les prétentions de la raison, et que le juge pourra suppléer au défaut des moyens de droit qu'on avait mal compris de part et d'autre, de façon à pouvoir concilier les deux parties; ce qui était impossible dans le combat que présente l'antinomie mathématique.

Les séries des conditions sont assurément tout^ de même espèce, en ce sens que l'on voit facilement, en les remontant, si elles sont conformes à l'idée, ou si elles sont trop grandes ou trop petites pour elle. Mais le concept infellectuel qui sert èà fondement à ces idées

eoQtietit^.qu siniplenient une synih^éû fhMno^ne (qui efltiftuppoBé daM toute quantité, tant dans ]a compoailioii i que dans la division), ou bien encore une synthèse de Vkétérûtl^^ qui peut au moins dtre admis dans la synthèse dynamique, tant celle de l'union causale que celle 4e l'union du nécessaire avec le contingent.

D'où il arrive 4^'il n'y a lieu, dans la liaison ma-thématique des séries phénoménales ,* qu 'i la oondi tion «ennôla, c'est^à*>dire à pne condition qui est elle* même une partie de Ja série; tandis qu^au contraire la série dynamique des conditions sensibles permet encore une co«idition hétérogène <fni n'est pats une partie de la série^ mais qui, comflue [dcmnée] pure* ment inifiHigihle^ est en dehors de la séorie , condition au moyen de laquelle précisément la raison est satis-s faite, et l'inconditionné préposé, aux jdiénomènes, sans cependant troubler la série de ces derniers comme toujours conditionnée, et sans contredire pour cela les principes de l'entendement.

Or^ de ce que les idées dynamiques permettent Une condition des phénomènes hors de leur série, c'est-àdire une condition qui n'est pas phénomène, quelque chose Mrive qui est totalement distinct de la conséquence de i'iantîflomie. Celle-^i faisait que deux affirmations dialecttqnesi opposées devaient dfre re^ gardées .comme faussés* Au teaatiwipe, Tuoivertellement conditionné des séries dynabnifâeli^ qui

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6& «Liiitéparable oonume'de phénottèms , joint à la condition^ à larTéritéiempiriqttMieiit ineoaditiMoée; mais aiwsi nan^sentMe, satisfait d'une part à Yerdef^^ deme$U et de Tautre à la r€dson(t); et, tandisque les aifoments dialectiques, qui cherchaieiit 4'uBe ina«* nière on de l'autre la totalité ineonditioDuée datis de simples phénomènes, toikibent, les propositioiis fationnelles, prises dans un sens ainsi rectifié, peuvent, au contraire, être toutes deux vraief; ce qni ne peut jamais avoir lien dans les idées cosmdogtqnes qui concernent simplement l'unité mathématiquement inconditionnée; parce que aucune autre condition de la série des phénomènes n'a lieu, dans ces idées, si ce n'est celle qui est elle-même phénomène, et qui, comme telle, constitue un membre deia série.

. lU.

Solutloa des Idto posmolqgiqiMis rtlAiîTesà la (otalUé 4e lift ^éT\ni\w des événements cosmiques de leurs causes.

On ne peut concevoir que deux sbrtes de càusali^

(i) Car l'entendement ne permet, parmi des phénomènes, aueaoe condition qaf serait elle-même' emplri^ettiént Inconditionaée. Mais si la etmdUlou inteU4gibU,*qixi pi^ o^méqaeal n'appartiendrait pas comme membre à la série des phénomènes, peut être conçue comme correspondant à quelque chose de' conditiomié (dans le phénoQièns), sans cependant fompre par-là knoins du monde la çérie dea<M>ndîtion9«mpiriqo^ alprs tm^ telle ^nd^* lion pourrait être admise conune empiriquement inconditionnée^ de manière ^bè^larégres^oir empirique continue n'éprouYàt nulle part de sohitkm Ae c^HtiMité^ :• . r l'i

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tés par rapport à ce qui irrMre, ou suivant la nature^ ou par Ubetté. La première est la liaison d'un état à un état préoédœt dans le monde sensible, dont l'un suit Tautre suivant une règle. Or, comme Isl causalité des phénomènes repose sur des conditions de temps, et que. Tétat précédent, s'il eût toujours été, n'aurait pas produit un effet qui eût un jour paru dans le temps pour la première fois, la causalité 4e la cause de ce qui arrive ou apparaît a aussi commencé d'être et réclame à son tour une cause suivant le principe intellectuel même.

Au contraire, j'entends par liberté, dans l'accep* tion counologique, la faculté de commencer par soimjftme un état, dont par conséquent la causalité n'est pas à son tour soumise, suivant la loi de la nature, à une autre cause qui la détermine quant au temps. La liberté est, dans ce sens, une idée] transcendentale pure, qui d'abord ne renferme rien d'emprunté de l'expérience, et ensuite dont l'objet ne peut non plus être donné détermioément-dans aucune expérience, parce que c'est une loi générale, même de la possibilité de l'expérience, que tout ce qui arrive doit avoir une cause; par conséquent aussi, la causalité de la cause, qui-e/fe-m^me est arrivée^ doit avoir à son tour la sienne. Par-là donc tout le champ de l'expérience, aussi loin qu'il puisse s'étendre, est converti en un ensemble de la simple nature. Mais comme^ xie cette manière, aucune totalité absolue des conditions n'a

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sa TdMon dans le rapport de causalité, la raison se faitVidéed'unespontanéité, qui pourrait d'elle-même commencer à agir, sans qu'une autre cause dût pré* céder pour la déterminer à agira son tour suivant la liaison de la loi causale.

Il faut surtout remarquer que, sur cette idée trans" cendentoie de la kberii, se fonde le concept pratique de oette liberté, et qu'elle y devient [dans la liberté] le moment propre des difficultés qui ont jusqu'ici environné la question de sa possibilité. La Uberté pratique estl'indépendance ou est l'arbitre de toute coactiùn par des mobiles (siimulos)de lasensibilité. Car un ar« bitre est sensible en tant qu'il est affecté pathologiquefnent(par des causes motrices de la sensibilité); il s'ap* pelle animal ( arbitriu/in brulum) quand il peut être nécessité paihoiogiquement. L'arbitre humain est, à la vérité, un arlntnum censitivumj mais non un arbitrium brutum ; c'est un arbitrium liberum, parce que la sensibilité ne rend pas son action nécessaire, mais qu'il y a dans l'homme une faculté de se déterminer par soi-même, indépendamment de la coaction, par des motifs sensibleSé

On voit facilement que, si .toute causalité itait simplement naturelle dans le monde sensible, tout événement semit déterminé par un autre dans le temps, suivant des lois nécessaires ; et,'par conséquent, puisque les phénomtees, en tant qu'ils de* termineraient l'arbitre, devraient rendre nécessaire

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toute action comme leur coneéquencey U suppreeBioa de la liberté transcendeutale ferait en même tempe disparaUtre toute liberté pratique» Car celle-ci sup* pose que quelque chose qui n'est pas arrivé ^ au* rait cependant dû arriver, et que sa cause, dans le phénomène, n'était par conséquent pas telleOMat déterminante, qu'il n'y eût pas dans notre arbitre une causalité capable de produire, indépendamment de ces causes physiques et même malgré leur présence et leur influence, qudque chose qui est déterminé cl^roDologiquement selon des lois en^piriques, par conséquent une causalité capable de commence d' «ne manière ' etUièremM ^iontwéô uate série ^ d'é^véneroents. ^

H arrive donc ici ce qui se rencontre en générai dan& le conflit* de la raison lorsqu'elle dort des bornes de l'expérience possible, que la question n'est pas proprement physiologique y mais tranècendentahé fox conséquent la question de U possibilité de la liberté attaque même la psychologie ; mais comme elle repose sur des arguments dialeetiques de la seule raison pure, la solution ne «concerne que \u philoso* phie traMeendentale. Et pour q«re oelle-ci» qm ne peut reftiserice sujet unevéponse satisfaisante» soit capable de ladonûer, Je dois d'aboild 4sheifeh9r à déterminer plus nettement parude observation Ismé^ thode à suivre dans cette^ question;' '> :

Si les phéùcimèikes étaieltat des (^osbs ensoi, par

transcbudentals. i35

coiiBéqQOit4'«spMe «t le temps des formes de l'existence d& MB cfaoses, alors les cotidîtions et le condi^ tieoné foraient .toujoars partie d'une seule et même série; et de là résulterait aussi, dans ce cas, Vantî* nomie qui est eommune à toutes les idées transcendenlaleSy savoir, que cette série devrait nécessaire^ ment se trouver < ou trop grande ou trop petite pour FentendemeiTt. Mais les concepts dynamiques ration-^ nels, doBt nous nous occupons dans la présente sec-* tion et dans la suivante, ont cela de particulier, que, ne traitant pas d'un objet considéré comme grandeur ou quantité, mais seulement de son eœislericej on peut aussi faire abstraction de la quantité de la sérié des conditions, et envisager en elles le seul rapport dynamique de la condition au conditionné ; de ma-^ ni^ que nous rencontrons déjà, dans la question sur la nature et la liberié, la difficulté de savoir si la liberté est seulement possible partout, et si, dans le cas où elle le serait, elle peut subsister avec l'universalité delà loi physique de la causalité; par conséquent si c'est une-propositidn légitimement disjônctive que celie-ci : Tout effet dans le monde doit résulter eu dé la nature, ou de la liberté ; ou bien si les deuœ choses n'auraient pas plutôt lieu en mfime temps, suivant une proportion différente dans un seul et même événe-^ ment. La vérité de ce principe, concernant renchâtnement universel de tous les événements du mondé sensible suivant des lois natarêlles immuables, est

déjà fermement établie comme un principe de l'analytique transcendentale, et ne souffre aucune exception. Il n'est par conséquent plus question que de savoir si, malgré cela, par rapport au même effet qui est déterminé suivant la nature, la liberté peut aussi avoir lieu, ou si celle-ci n*est pas entièrement exclue par cette loi inviolable. Et ici, la supposition, la vérité générale, mais trompeuse, de la réalité absolue des phénomènes, montre aussitôt son influence préjudiciable pour confondre la raison. Car si les phénomènes sont des choses en soi, c'en est fait alors de la liberté; la nature est la cause entière, et en soi suffisamment déterminante, de tous les événements, et leur condition n'est jamais que dans la série des phénomènes , qui avec leurs effets sont nécessairement soumis à la loi de la nature. Si, au contraire, les phénomènes ne valent que pour ce qu'ils sont en effet, c'est-à-dire non comme des choses en soi, mais comme de simples représentations qui s'enchaînent suivant des lois empiriques, alors ils doivent euxmêmes avoir des causes qui ne soient pas des phénomènes. Mais une telle cause intelligible n'est pas déterminée à Tégard de sa causalité par des phénomènes, quoique ses effets apparaissent et puissent ainsi être déterminés par d'autres phénomènes. Elle est donc, avec sa causalité, en dehors de la série* Ses effets, au contraire, se trouvent dans la série des conditions empiriques. L'effet peut d<mc être

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considéré comme libre par rapport à sa cause intelligible^ toat en étant néanmoins regardé en même temps^ par rapport anx phénomènes, comme leur conséquence suivant la nécessité de la nature. Cette distinction, ainsi présentée d'une manière générale et purement abstraite, doit sembler très-subtile et obscure, mais elle s'éclaircira dans Tapplication. Nous avons seulement voulu faire remarquer ici que, l'enchaînement universel de tous les phénomènes en un seul contexte de la nature étant une loi nécessaire, toute liberté s'écroulerait infailliblement par l'effet de cette loi, si l'on voulait obstinément s'attacher à la réalité des phénomènes. Par conséquent ceux qui suivent ici l'opinion commune ne peuvent jamais parvenir à concilier la nature avec la liberté.

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