EXPLICATION
DE l'IDSE GOSMOLOGIQUE D'OTIE LIBERTÉ
en uflion avec la
NÉCESSITÉ NATUBELLK,
J'ai jugé convenable d'ébaucher d'abord la solution de notre pioblème transcendedtâl, poui^ qu'on pût mieux apercevoir lamarche de là nison datis la solotiçn de ce problème. Nous expliquerons niaintenant les moments de cette solution, ce dont il s'agit proprement, et nous les considérerons ohacûn en particulier.
La loi de la natufe, que Totit ce qui arrive a une cause^ que la Cjaiusalité de cette cause, c'est-à-dire V action ayant lifxa dftos un temps antérieur , et en considératjùdn d'un e£Fet qui, comme advenant, peut même uq pas toujours avoir été, mais doit être arrive, a aussi sa cause dans les phénomènes par lesquels elle est déterminée, et que par conséquent tous les événements sont empiriquement déterminés dans un ordre naturel; cette loi, dis-je, par laquelle seule des phénomènes peuvent constituer une nature^ et donner des objets à'ux^e expérience, est une loi de Tentendement dpnt on ne peut s'écarter ou à laquelle on ne peut soustraire ^uçun phénomène sous aucun prétexte, iparce qu'autprement on le placerait en dehors de toute expérience possible ; en quoi on le distinguerait de tous les objets de l'expérience possible, pour en faire un simple être de raison et une chimère. . .
Mais quoiqu'on ne voie là qu'une chaîne de causes, qui ne permet aucune totalité absolue dan& la régression à leurs conditions, cette difficulté ne nous retient cependant pas; car elle a d^jà été levée dans la diQÇfUfisiojD. ^énj^ale de l'antinon^ie de la raison, quand cettje rai^n va dans la sériie des phénomènes à rinoonditiûmi^ $i npus vouloirs céder à Tilluaion du réalisme. traiiBcendental, il ne. reste ni nature ni liberté. Il est asulement ici question de savoir si, quand dans la série totale de tous les événements, on
TRANlH2ENB«fTALE. SHO
TeooQ&aît nettement une nécessité' pbysiqMt^ il est cependant possible que cette nécessité,' i^ui fit^eslHl^tin o5té qn*tin effet naturel, puisse être eefkeiidêiiit d'un autre côté considérée aussi comme un effet de la li^ berté> ou «Ml j a entre ces deux espèces^ de qajiisalité$ une incompatibilité absolue.
Pisunni les cawes dans le phénomtee^ il ne peut assurément rien y avoir qui puisse absokrment et spontanément commencer une sérié. Tnufisîiaetion; comme phénomène, en tant qu'elle produit un événement; ^U ellè-mèine' tin éténemeét on 'accident; qui'jirésnppose un autre état dans lequel la' cause bç trouve; tout ce qui arrive n'est ainsi qu'une > continoation de la série, et aucun commencemeMiMbi$.oliii on spôÂtaité n'est possible en elle. Tral«s lÂ^acHons des causes physiques sont donc elles^mêmfea, à teur tour^' des effete dans la succession, effëfts qui supposeM; également leurs cadses dans la série du temps! Une action primitivey par laquelle arrive quelque chose qui n'était pas auparavant, ne peut être atten^ due de l'union causale des phénomènes. -
Maià est-il donc aussi nécessaire que, si les effets sont ébs phénomènes, la causalité de leur cause, laquelle Cause est elle-même un phénomène, soit purement elbpirique ? N'est^-il pas plutôt possible que, quoiqu'il foille, pour chaque efifetdans lephénomène,'uïîe imiôd avec sa cause, suivant des lois de la causalité' empirique, cependant cet tfe eauswiflé empi-
9Àk LMIQOB
riqae oième, aans briser le moias du monde son eor ohaioement avec les causes physiques» puisse être effet d'une causalité non empirique mais intelligible, c'eit-à^lire, d'une action primitive d'une cause par rapport aux phénomènes, cause qui par conséquent est intelligible, non pas en tant que phénomène, mais quant à cette faculté, quoique du reste elle doive être tout à fait considérée comme faisant partie du monde sensible, comme un anneau de la chaîne naturelle ?
V Nous avons besoin du principe de causalité des phénomènes entre eux, pour pouvoir rechercher et donner aux événements physiques des conditions physiques, c'est-à-dire des causes dans le phénomène. Si c'est accordé s^ns restriction, alors L'entendement, qui, dans son usage empirique, n'aperçoit que la nature dans tous les événements, et qui fait bien, a tout ce qu'il peut trouver, et les explications physiques ne présentent plus aucune difficulté. Or, il n'y a pas le moindre inconvénient à reconnaître, dût-on au reste ne faire en cela qu'une fiction, que, parmi les causes physiques, il en est aussi qui ont une faculté purement intelligible, puisque sa dé* termination à l'action ne repose jamais sur des conditions empiriques^ mais sur de simples principes de l'entendement, de telle sorte cependant que V action de cette cause dans le phénomène soit conforme à toutes les lois de la causalité empirique.
TRANScraDEirrALB. 345
Car, de cette manière, le sujet agbsanl eehpt, ôomme causa j^t^màmeMn, enchaîné à la nature parque dépendance invincible de toutes ses actions; seulementt hphœmmenan dece sujet (avec toute sa caiisalité dans le phénomène) refermerait certaines condition»^ qui, si Von vent s'élever de l'objet empirique à l'objet transeendental , devraient être considérées comme, simplement intelligibles. Car si nous ne suivons la règle de la, nature que dans ce qui peut être cause parmi les phénomènes, nous pourrons être sans in-« quiétude sur ce que l'on conçoit dans un sujet transr oendental, qui nous est inconnu empiriquement^ comme un principe de ces phénomène^ et de. leur en* cbaînen^ent. Ce principe intelligible né tquefae en aucune manière aux questions empiriques, naîÉ concerne simplement le fait de la pensée dans l'entendement ppr ; et, quoique les effets de cette pen^ sée et de'détte action de l'entendement pur se trou*r^ Tent dans les phénomènes, cèUK'^si doivent œpen*^ dant pouvoir être expliqués pleinement pari leurs, causes dans le phénomène suivant dés lois» physiques*, poisqu'oU' suit leur caractère purement empiriqnei comme le principe supirême d'etpii;catîqn, et^que téi cafaet^re intelligible, qui est la Causé > trkttseenden* taie diii i pqécédenty est complètement, jccnb comme inconnu, excepté en tant seuba^ent. /qu'il ^st donné' psr le carac^ce empirique comme: signe seaiibls de oe^ eause: Appliquons ceci & l'expérience» iuboiBm^
e8tf1wd^iphéIU)lmèBQB.d^.'mofa^ânQaU^ et in. iqq aenfe maaBî^* ai»f dtticfttiiaftrphgt8iqi\Qft4«At.l» x^im* lîté doîtiètr^ 8miiikiii& whd i bis >èiB^riqUQSf Gomne tel, Il déU<lo]|0!at)ôir. aussi; un icanotèie empwîqiiiey aioB} qu0)td«teB les. antres choses «défau nature* Ntms voydû&i oè eafaoièpre dans des fordea et lâs^faoollésqn'il ré^le parlées actes. Dans la nature mortb^ on dans la iHktttresimpleinent animale, nous né trouvoDs aucane raison dstADCBVoirl^ne'fàeultié au^^omeut que conditiomiéed^unénmnièropnremeniHKiMihle. HûsThom'* me/ qti ne conitth d'inlkurs tsûte la nature que par le*' ssns^ ^è coanaîtlui-«-mèm6par la^iinpleaperoep* tîon, et knénie dans des aéliiens «Ides déterminations internés qu'ilne^ut rapporter à àupntie impresaum dés sens P'B^ soF|e' qu^îliest certainement pour lufr*m6me^'d'uncètéy'^pk^Damène; maisd'nnlautre 06(69. saimr,pa^lrappbrt^à Certaine fj^êulté, il nep^ut.ètcecbiH sidéré qne'icopAne ob^puremenl: > iiatelligible ^ paroe que>8p» âotiohhe peut être attribuée ài^séiteptiTi té de lasefibifai^téiMousrioi^moiMf oétjtefaeullé entendement et-falsrai^Ceité dérilièreisurtoutesbdUitidguée d'une mâfàêtp spécialedet toutes: les ibroes»ëmpîriqués eon* ditmqnéesi poiscfiii'ieUe «onsid^re ses objets^taniqu»-» menit d'après des idées^ et dëtermiée eh conséquence Fentendenbent/qui Mt^lore un usage empirique de ses oetadepts (mèmeipui^)* : •Or>'q«e cette < raison^ ah; éaisBalité, 4u'att moina naAiib enréprésentièns une ep eUe/ c'eak ce qoi
TRÀNSGEK0BirrÀLB. 247
est clair d'après les impératifs que nous donnons comme règles dans toute pratique aux facultés actives. Le Terbe divoik ^élsprime une espèce de nécessité et d'union par {irîncipes, union qui ne se rencontre nulle portaineurs dans toute la nature. L'entendement ne peut connaître de cette nature que cequiest^ a été, ou sera. Il est impossible que quelque' chose y doive être autrement qu'il est en effet dans tous ces rapports de temps. Il y a plus, c^est que le devoir, si l'on ne considère que le cours de la nature , est absolument dépourvu de sens. Nous ne pouvons pas demander ce qui doit arriver dans la nature, ni quelles doi^ vent être les propriétés du cercle, mais bien qu'estce qui arrive dans la nature, on quelles senties pn>priétés du cercle.
Ce devoir exprime donc une action possible, dont le principe n'est autre chose qu'un simple concept. Au contraire, le principe d'une action purement physique doit toujours Être un phénomène. Or , il faut que l'action soit absolument possible sous des conditions physiques si le devoir s'y' rapporte. Mais ces conditions physiques ne concernent pas la détermination de l'arbitre même, elles ne regardent que son effet et sa conséquence dans le phénomène- Oael* que nombreuses que puissent être les raisons physiques qui me portent à vouloir, quelque noml^reux que puissent être les mobiles sensU^les , ils ne peuvent produire le devoir, miais seulement, un vouloir tou--
248 LOGIQGE
jours conditionné, auquel , tant s'en fant quHl soit nécessaire, le devoir proclamé par la raison oppose une mesure et un terme, une défense et une autprité. Qu'un objet soit soumis à la simple sensibilité (l'agréable), ou bien encore à la raison pure (le bien), la raison ne se soumet point au principe qui est donné empiriquement, et ne suit point Tordre des choses comme elles se présentent dans les' phénomènes; mais elle se fait par elle-même, avec une parfaite spontanéité, un ordre particulier d'après des idées auxquelles elle soumet les conditions empiriques, et suivant lesquelles elle déclare tellement nécessaires des actions qui cependant ne sont pas arri^ véesj et qui peut-être n'arriveront jamais, qu'ellesuppose néanmoins de toutes que la raison peut avoir causalité par rapport à elles ; car sans cela elle n'attçpdrait pas dans l'expérience des efTets de ces idées* A supposer qu'il en soit ainsi,. et quoiqu'on puisse admettre au moins comme possible que la raison a réellement causalité par rapport aux phénomènes , cependant qu'elle soit raison tant qu'on voudra, il faut toujours qu'elle laisse voir un caractère empirique, parce que toute cause suppose une règle, suivant laquelle certains phénomènes suivent comme effets, et que toute règle exige dans les effets une uniformité, qui fonde le concept d^ la cause (comme d'une faculté), concept que nous pouvons appeler son caractère empirique, en tant qu'il doit résulter de
TEÂNSCBinminrALB. M9
BÎmpleB phénomèneB ; caraelère conttant^ ptiisqiie les effets, suivant la différence des conditions concomitantes et en partie restrictives, apparaissent dans des formes mnables.
Tout homme a donc un caract^ empirique de son arbitre, caractère qui n'est autre chose qu'une certaine causalité de sa raison, en tant que celle-ci laisse voir dans ses effets phénoménaux une règle suivant laquelle on peut admettre les motifs de la raison et ses actions quant à leur espèce et à leur degré, et juger Iqs principes subjectifs de son arbitre. Ce caractère empirique même devant être, comme effet, dérivé des phénomènes et de leur règle, donnée par l'expérience, toutes les actions de l'homme dans le phénomène sont donc déterminées suivant Tordre physique, par son caractère empirique et par d'autres causes concomitantes; et si nous pouvions pénétrer jusqu'au fond tous les phénomènes de son arlÂtre, il n'y aurait pas une seule action humaine qu'on ne pût certainement prédire et connaître comme nécessaire, en partant de ses conditions antérieures. Sous le rapport de ce caractère empirique, il n'y a donc aucune liberté, et ce n'efit cependant que suivant ce caractère que nous pouvons considérer l'homme, lorsque nous voulôos obsbbvbr seulement^ et que nouSi voulons scruter physiologiquement les causes déter* minantes de ses actions, comme cela se pratique dans ranthropologic. .
MaÎB si nous eonndéroins eea nàxnm actions par rapport à la raiisôn, non pas pour en êaipUqMr l'origine spékilativê, mais sénleinènt en tant <fae ia raison est la cause de leur production; en un^inoty isi nous les' comparons atec la rajfson sous le point de vue praiiqy», notis trouvons une règle et un ordre tout différents de Tdrdire physiqne. Car alors peut-être ne devùit'-ff pas^ârrivér toaV ce qui est cependant arrieéj en conséquence du cours de la nature^ et qui devait arriver inévitablement, suivant ses principes empiriques. Mais quelquefois nous trouvons, ou du moins nous croyons trouver, que les idées de la raison ont réellement fait voir une causalité par rapport aux aetions de Thomme comme phénomènes, et que ces actions ont eu lieu, non par la raison qu'elles étaient déterminées par des causes empiriques, mais parce qn^elles étaient déterminées par des 'principes de la raison.
Je suppose donc que Ton puisse dire que la raison a* causalité par rapportant phénomènes; son action ponrmîtnrile bien encore s'appeler libre, là même où elle e«t trèshpositivement déterminée dans son caractère einpiriqile (dans le mode sensible), là où elle est nécessaire? Oe caractère est aussi déterminé dans le caractère intelligible (dans le mode rationnel). Hais ce mode rationnel ne peut être conhu de nous; nous ne le'désighons proprement que par des phénomènes qui ne nous font connaître immédiatementqae le mode
TRANSCBroBNTALB. 251
8ewible(toterutàreeo^imqH6) (4)w L'aeti taot
q9'«lk;d«titm ini^uAéeèainadep^tioniiélcoitmeà sa caoae, A^torésulte^èependaiit pas ainyant des lois empir^fu«l^ t^'é&Xrh^n de tejld sorte que tes conditions dd la raîa^ii; pntéjMcèéBhtj mais seulement de telle sorte qife iears'ëfiGsts préûèdent daos Ib phénomène du sensiil^iie;. lia raison pnrç^ comme faeultié porè^ ment intelligible, n'est pas soumise à k'fbrme du temps, &f .par conséquent non plus aui; conditions de la sueeessîoin. tA .eansalité de la raison nentiUpas' dans le .eafacUiu inteltigiblei nb commence pas, comme eik un certaia tepa»ps^ à produire un èfiet; car drUti^ment elle seiait soumise 4 la bi physique des phéfiomènes^ en tattt que celte loi détermine^ quant au lea^>s^ dessteies de causes^ et lacaiisalité serait aJors de lanalore et xim dé la libertés Nous pourrions donc- dire: -Si la raison peut avoir causalité par rap*^ port' aux iDfénomànes, c'est qu'elle est une faculté parlhcfoeUe la condition sensible d'une série^empi-» riqnb d'éflstff ^commence absolatnent. Car la condi* tioD «it|<hitieUe n^^st pas. sensible, et ne commence par* conséquent pa«; Alors donc a lien %è que nous
... • 'rj *c «» .;
(i)\l^ viQf suite fl40)m dos acUond (le mé^te et Je démérite) , csUe même de potre propre conduite, nous est donc profondémest cachëeJNdérii&ifidtàtïoiiyné peuvent se rapporter qu'au caractère empiri4u«i 'fersoBOé na prtit donc ilBûre k josfce pakrt nie la liberté, ccAfo de )a simp}^ naturel^ cplf^ du ften^p^n^eut inv^ont^ireipent mau- Tais' oii bon (merito fortunée) ^ ni par conséquent juger avec une parfiaite justice.
cherchions en vain dans tonte série empirique, savoir, la possibilité qne la condition d'une série successive de phénomènes soit inconditionnée même empiriquement. Car la condition est ici en dehors de la série des phénomènes (dans rintelligible), et parconséquentafSranchiedetoutecondition sensible, et de toote détermination de temps par une cause antér|^re.
Néanmoins la même cause appartient aussi, sous un autre rapport, à lasérie des phénomènes. L'homme lui-même est phénomène. Son arbitre a un caractère empirique qui est la cause (empirique) de toutes ses actions. Il n'est par conséquent aucune des conditions qui déterminent Thomme suitant ce caractère, qui ne soit comprise dans la série des effets naturels et n'obéisse à leur loi, suivant laquelle on ne trouve aucune causalité empiriquement inconditionné de ce qui arrive dans le temps. Aucune action donnée (parce qu'elle ne peut être perçue que comme phénomène) ne peut donc point commencer spontanément. Mais on ne peut pas dire de la laisonv qu'avant l'état dans lequel elle détermine l'arbitre, un autre état précède dans lequel cet état même est déterminé. Car, la rai«son même n'étant pas un phénomène et n'étant soumise à aucune condition de la sensibilité, il n'y aliea en elle à aucune succession , même par rapport à sa causalité, et la loi dynamique de la nature, qui dé* termine la succession suivant des règles, n'y est point appliquée.
TRANSCBUDENTAXE. 253
Tour écUircir le (^incipe régulateur âe la raison par un exemple pris de son usage empirique, non les actes volontaires par lesquels l'homme se manifeste. Chacun de ces actes est d'abord déterminé dans le caractère empirique de l'homme avant qu'il n'arrive. Par rapport au caractère intelligible, dont le caractère empirique n'est que le schème sensible, il n'y a ni avant ni aprhs^ et toute action, sans égard au rapport do temps dans lequel elle se trouve relativement à d'autres phénomènes, est l'effet immédiat du caractère intelligible de la raison piire, qui par conséquent agit librement, sans être déterminée dynamiquement dans la chaîne des causes naturelles, ni par des principes externes ou internes, mais qui précèdent quant au temps. Cette sienne Uberté ne peut-être considérée d'une manière purement négagative comme indépendante de conditions empiriques (car la faculté rationnelle cesserait par--là d'être une cause des phénomènes); on peut encore la représenter positivement comme une faculté de commencer spontanément une série d'événements : de sorte que rien ne commence en elle-même; comme condition inconditionnée ou absolue de toute action, elle ne souffre au contraire au-dessus d'elle, aucune de ces conditions antérieures, quoique cependant son effet commence dans la série des phénomènes, mais sans pouvoir jamais y constituer un commencement absolument premier.
^4 L06IQII&
La raieon est doue la eoastante condittùn de tous pour le coufirmer (car ces sortes de preuves ne conviennent point. aux affirmations tra2i8oendeataIes)| que j'on prenne une action arbitraire, par exemple, unmensonge malicieux par lequel un homme a introduit une certaine perturbation ' dans la société ; qu'on en cherche d'abord les raisons déterminantes, et qu'on juge ensuite comment il peut lui être imputé avec ses coitséquences* Pour atteindre le premier de ces buts, on poursuit. le cai^actëre empirique du menteur jusqu'à sa source^ que l'on cherche dans une mauvaise éducation, dans les mauvaises sociétés, en partie aussi dans le vice d'un naturel sans pudeur : on Tattribue encore à la légèreté et à l'inconsidération, sans négliger par conséquent les cpuses occa* sionaeUes» Dans tout cela, on procède 'donc comme en général, dans la> recherche d'une sévie de oauses déterminantes d!un effet phyisiqué donné. Or, bien que l'on croie que l'action estdétermipée par- là, on en blâme néanmoins l'auteur, non pas,- il est vrai, à cause de son mauvais naturel^ non pas à cause de Finfluenoedefi circonstances sur ioiy et bien moins encore àcanaades rdations die ea vie passée^ deiikton ne tient aucun compte , regàrdantr Ub sétie écoulée • des conditions comme ivsn avjiBnwQ; mais» on croit pouvoir considérer, cet iutte^icoknme' totalement inconditionné par rapport à» l'état )préeédon1), de m^nre que !^i Tagent commençait tout-à-fait spontanément pai; là une se-
TRAN8CEM>«|fTALE. 255
rie d'événemeote succeasifs. Ce blâme se fonde sur une loi de la raison dans laquelle on regarde cette raison comme une cause qui» ss^ns aue^n égard aux autres conditions empiriquesi a pu et dû déterminer autrement le Cait .de la volonté. Et l'on n'envisage pas même la causalité delà raison comme simple concurrence, mais comme complète^ parJEaite en elle-même, quoique les mobiles sensibles, loin de lui aVoir été favorables, lui aient été très-contraires. L'action est attribuée è, son caractère intelligible; au moment où il mept, il a [complètement tort. Par conséquent la raison, sans égard à toutes les conditions empiriques du fait, était parfaitement libre, et ce fait doit être entiéreipent attribué à sa négtigeoce*
On aperçoit facilement, à ce jugement imputatjif, que l'on pense alors que la raison n'est absolument pas affectée par toute cette sensibilité, qu'elle n'en est pas changée (quoique ses phénomènes» c'est-à-dire la manièra^o^t elle se manifeste dans ses effets, variât), qu'il n'y a en elle aucun état précédent qui détermine le suivant, qu'elle ne fait par conséquent pas partie de la série des conditions sensible qui rendent les phénomènes . nécessaires suivant des lois de, la nature* hs^ raison est présente, et la mêiqe,; à, toutes les aq(ioB4 de Fl^omme, dans toqs les teippS] dans toutes las circonstances de temps, notais sans être elle-mteie dans le temps , et sans tomber dans un état nouveau ^ qui n'aurait d'aboi^d ^ été le sien.
Elle y e^i déterminante j mais non déterrninijU^le. Oo ne peut donc pas demander pourquoi la raison ne s'est pas déterminée autrement , mais seulement pourquoi ' elle n*a pas déterminé autrement les phénomènes par sa causalité ? Mais à cela pas de réponse possible. Car un autre caractère intelligible aurait donné un autre caractère empirique; et quand nous disons, sans égard à la vie qu'il a menée jusqu'à ce temps, que l'agent aurait cependant pu éviter de mentir, cela signifie seulement que le mensonge est immédiatement soumis à la puissance de la raison, et que la raison, dans sa causalité, n'est soumise à aucune condition du phénomène ni du cours du temps, et que la différence du temps constitue à la vérité une diflfêrenoe principale des phénomènes entre eux, pUisquHls ne sont pas des choses, par conséquent pas non plus des causes en eux-mêmes, mais qu'elle-ne peut faire aucune différence de l'action par rapporta la raison.
Nous ne pouvons donc, en jugeant des actions libres par rapport à leur causalité, remonter que jusqu'à la cause intelligible, mais non pas avrdelà;noviS pouvons reconnaître qu'elle est libre, c'est<^-dire déterminée indépendamment^ de la sensibilité^ et qu'ainsi elle peut être la condition inconditionnée sensiblement des phénomènes. Mais la cause pour laquelle le caractère intelligible donne tout juste ces phénomènes, et ce caractère empirique dans des circonstances actuelles, est une réponse qui dépasse notre raisoDy ainsi
TEANSGBNnENTALE. 2Si7
que le droit de faire cer^aùieft' questions, comme quand on demande d'où vient que l'objet transcendental donné à notre intuition sensible extérieure ne donne précisément d'intuition que ^5 T^poêSy et pas d'autre. Mais la question que nous^ avions ^ résoudre ne nous oblige point à cela,, car elle revenait seulement à celle de savoir si la liberté répugne à la nécessité physique dans une seule et même action. A quoi nous avons suffisamment répondu, en faisant voir que, puisqu'il est possible qu'il y ait dans la liberté un rapport d'une tout autre espèce de condi* tions que dans la nécessité phyûque, la loi de cette dernière n'affecte point la première, et que par conséquent toutes les deux peuvent avoir lieu indépendamment Tune de l'autre, et sans être troublées Tune par l'autre.
On doit bien remarquer que nous n'avons pas voulu par-là prouver la réalité de la lib^té, comme de l'une des facultés qui contiennent elles-mêmes la cause des phénomèneç de .notre monde sensiblj^. Car, outre que ce n'aurait pas été là un point d&yuelraoscendenfal,. un pareil point de vue ne portant que sur des concepts, cela n'aurait pu avoir lieu pfLr, ^% autre nkison encore, puisque nous ne ppuyons^ ja^m^îs condure de l'expéricince à quelque chopç qpi i^ doit pas être conçu suivant de? lois de l'expérif nc^• $ous n. 17
258 LOGIQiUB
n'avons pas même vonlù 4émontr6r la possibilité de la liberté; car nous'^n'aurions pas été pins heureux^ parce que nous ne pouvons en général connaître par de simples cpacepts à priori la possibilité d'aucon ' principe réel et d'aucune causalité. La liberté n'est traitée ici <{ue co^âme une idée transcendentale par laquelle la raison pense établir d'une manière absolue la série des conditions dans le phénomène au moyen de Tinconditionné sensiblement; mais elle tombe en cela dans une antinomie avec ses propres lois qu'elle impose à l'usage empirique de rentendement. La seule chose que nous pouvions faire et qui nous importait uniquement , c'était donc de montrer que cette antinomie repose 'sur une simple appareftoci et qu'au moins la nature de la causalité par liberté n'tm* pliqtAe pas.
Vf.
Solution de l'Idée coçmologique de la totalité de la dépendaDce des phénomènes , quant h leur cause en général.
^ Dans le numéro précédent, nous avons considéré les changements du monde sensible dans leur série dynamique; en tant que chacun de ces changements est soumis à une autre comme à sa cause. A jfHrésent cette série des états ne nous sert que de guide pour arriver à une existence qui puisse être la snpréme condition de tout ce qui est muable, savoir, à Vétre nécessaire. Il n'est pas ici question de la causalité io-
TEANSGENIHBNTALB. 259
conditionnée, mais de Texistetice inconditionnée de la substance même. Par conséquent la série qui nous occupe n'est proprement qu'une série de concepts, et non une série d'intuitions, en tant que l'une est la condition de l'autre.
Mais on Toit facilement que, tout étant muabie dans l'ensemble des phénomènes, tont étant par conséquent conditionné dans l'existence, il ne peut y avoir nulle part dans la série de l'existence dépendante aucun membre inconditionné dont l'existence serait absolument nécessaire; et que, par conséquent, si des phénomènes étaient des choses en soi, mais que, par la même raison précisément, leur condition appartînt toujours, avec le con4i tienne, à une seule et même dérie d'intuitions, un être nécessaire, comme condition de l'existence des phénomènes du monde sensible, ne pourrait jamais avoir lieu.
Mais la régression dynamique a cette propriété, qui la distingue de la régression mathématique, que, celle-ci n'ayant proprement aflhire qu'à la composition des parties pour former un tout, ou à la décomposition du tout en ses parties, les conditions de cette série doivent toujours être considérées comme en'&isant partie, par conséquent comme homogènes, par conséquent comme phénomènes; au lieu que dans la première espèce de régression, comme il ne s'agit pas de la possibilité de la formation d'un tout inconditionnée par des parties données, ou de la pos*
sibilité d'une partie inconditionnée pour un tout donné, mais de la dérivation d'un état par rapport à sa cause, ou de celle de l'existence accidentelle de la substance à l'égard de l'existence nécessaire, la condition ne doit pas nécessairement constituer une série etnpirique avec le conditionné.
Il nous reste donc encore, dans l'antinomie apparente qui nous occupe, une issue ouverte, puisque les deux propositions contradictoires entre elles peuvent être vraies toutes deux en même temps sous différents rapports, tellement que toutes les choses du monde sensible soient absolument contingentes, et n'aient par conséquent jamais non plus qu'une existence empiriquement conditionnée, quoiqu'il y ait aussi, pour toute la série, une condition non empirique, c'est-à-dire un être inconditionnellement ou absolument nécessaire. Car cet être, en tant que condition intelligible, ne ferait pas partie de la série comme un de ses anneaux (pas même comme le plus élevé), et ne rendrait non plus aucun membre de la s^érie empiriquement inconditionné, mais ferait passer tout le monde sensible dans son existence empiriquement conditionnée par tous les anneaux de la série. Par conséquent, cette manière de poser pour fondement deâ phénomènes une existence inconditionnée différerait de la causalité empiriquement conditionnée (de la liberté), dont il a été question dans l'article précédent, en ce que, dans la liberté^
TRiLNSGENDBNTALE. 261
la chose même, comme cause (substantia ptuenome'non), ferait cependant partie des conditions dans la série^ et que sa causalité seulement serait pensée comme intelligible, tandis qu'ici Tètre nécessaire devrait être conçu tout à fait en dehors de la série du monde sensible (comme ens extra mundanum) et purement intelligible, seul moyen d'empêcher qu'il ne soit pas même soumis à la loi de la contingence et de la dépendance de tous les phénomènes.
Le principe régulateur de la raison est donc, par rapport à notre question, que Tout, dans le monde sensible, a une existence empiriquement conditionnée, et qu'il n'y a nulle part en lui, par rapport à aucune propriété, une nécessité absolue ou inconditionnée; qu'il n'est aucun membre de la série des conditions dont on ne doive toujours attendre et chercher aussi loin que possible la condition empirique dans une expérience possible, et que rien ne nous autorise à dériver une existence quelconque d'une condition en dehors de la série empirique, ni de la réputer pour absolument indépendante et subsistant par elle-même dans la série, sans cependant nier pour cela que toute la série ne puisse avoir sa raison dans un être intelligible (qui, par le fait, est libre de tonte condition empirique, et contient au contraire le principe de la possibilité de tous ces phénomènes).
En cela, Tintention n'est pas de prouver l'existence
absolument nécessaire d*un être, ni même de fonder seulement là-dessus la possibilité d'une condition purement intelligible de l'existence des phénomènes du monde sensible, mais uniquement de circonscrire la raison de maniée à ce qu'elle ne lâche pas le fil des conditions empiriques, et ne se précipite pas dans des explications transcendantes, et qui ne sont susceptibles d'aucune exposition m concreto; par conséquent aussi, d'nn autre côté, de circonscrire la loi du simple usage empirique de l'entendement, de manière à ce qu4l ne décide pas de la possibilité des choses en général, et qu'il ne juge pas impossible l'intelligible, quoique nous ne puissions pas le faire servir à l'explication des phénomènes. H est donc seulement prouvé par-là que la contingence universelle de toutes les choses physiques et de toutes leurs conditions (empiriques) peut très-bien subsister avec la supposition réelle d'une condition nécessaire quoique simplement intelligible; qu'on ne peut par conséquent trouver aucune véritable cantradiction entre ces assertions, qu'elles peuvent donc être waies toutes deux. Qu'un tel être intelligible absolument nécessaire soit toujours impossible en soi, c'est cependant ce qui ne peut être conclu de la contingence générale et de la dépendance de tout ce qui appartient au monde sensible, Don plus que du principe de ne s'arrêter à ^ucun de ses membres en particulier, en tant qu'il est contingent, et de se reporter à une cause extérieure au monde.
TRÀUSdlNDENTALE. . 263
La rai&oQ va son chjemin daçs F usagé empirique, et son chemin plus particulier dans l'usage transceodental.
Le monde sensible ne contient qua des phénomènes, mais ces phénomènes sont de simples représentations qui sont toujours à leur tour sensiblement conditionnées; et, comme nous n'avons janmisici pour objet des choses en soi, il n'est pas étonnant que nous ne soyons jamais autorisés à passer d'un membre de la série empirique, quel qu'il soit, hors du système du monde sensible, comme s'il existait des choses en soi en dehors de leur principe transcendental, et qu'on pût les quitter pour chercher la cause de leur exis* tence hors d'elles ; ce qui devrait certainement arriver enfin avec des choses contingentes, mais non avec de simples représentations de choses doqt la contingence même n'est que phénomène, et ne peut conduire à aucune autre régression qu'à celle qui détermine les phénomènes, c'est-à-dire à la régression empirique. Mais concevoir un principe intelligible des phénomènes, c'est-à-dire du monde sensible, et le concevoir affiranchi de la contingence de ce monde, c'est ce qui n'est ni contraire à la régression empirique non circonscrite dans la série des phénomènes, ni à leur contingence i|niverselle. Mais c'est aussi la seule chpse que nous ayons à faire pour lever l'antinomie apparente, et là seule manière dont on puisse le faire. Car si toute cptidition de tout conditionné (quaat à
264 Loq^ue:
Texifiteûce) est seDsibfe, et appartient par cette raison même à la série, elle est elle-même à son tour conditionnée (comme le prouve l'antithèse de la quatrième antinomie). Il fallait donc, ou qu'un conflit avec la raison qui requiert l'inconditionné sabsifrtât, ou que cet inconditionné fût placé en dehors de la série dans l'intelligible, dont la nécessité n'exige ni ne permet aucune condition empirique, et, par conséquent, est inconditionnellement nécessaire par rapport aux phénomènes.
L'usage empirique de la raison (par rapport aux conditionsde l'existence dans le monde sensible) n'est point violé par la concession d'un être purement intelligible; il va, suivant le principe de la contingence universelle, des conditions empiriques à des conditions plus élevées, qui sont de même toujours empiriques. Mais ce principe régulateur n'empêche pas non plus de son côté de reconnaître une cause intelligible, qui n'est pas dans la série, lorsqu'il s'agit de l'usage pur de la raison, par rapport aux fins. Car alors cette cause ne désigne que la raison, pour nous purement transcendentale et inconnue, de la possibilité de la série sensible eh général, raison dont l'existence, indépendante de toutes les conditions de cette série et' absolument nécessaire par rapport à elles, n'est point opposée à leur contingence illimitée, et, par conséquent, non plus à la régression sans fin dans la série des conditions empiriques.
TRANSCENDEZO'ALE. 265