‹ La critique de la raison pure. Tome premier (volume 2)Chapitre 15 sur 37 · OBSERVATION FINALE · texte numérisé non relu

OBSERVATION FINALE

Sur toute rantinomie de la raison pure.

Tant que nos concepts rationnels n'ont pour objet que la simple totalité des conditions dans le monde sensible, et ce qui peut tourner à l'avantage de la raison par rapport à elle^ nos idées sont à la vérité transcendentales; mais cependant cosmo/o^tçu^s.Maisaussitôt que nous posons l'inconditionné (dont il est toutefois proprement question) dans ce qui est complètement en dehors du monde sensible, et que nous le faisons par conséquent extérieur à toute expérience possible^ alors les idées deviennent transcendantes; elles servent, non simplement à l'acconoplissement de l'usage empirique de la raison (qui reste toujours une idée incomplète^ et cependant toujours à suivre), mais elles s'en séparent tout à fait, et se font ellesmêmes des.objetsdont la manière n'est point prise de l'expériende, et dont la réalité objective ne repose pas non plus sur l'intégralité de la série empirique, mais sur des concepts purs à priori. Ces idées transcendantes ont un objet purement intelligible qui, comme objet transcendental dont nous ne savons rien du reste, peut sans doute être accordé, mais que, d'uh autre côté, nous n'avons ni raisons de pos-^ sibilité (puisqu'il s'agit d'un être indépendant de tout concept d'expérience), ni même le moindre prétexte de concevoir comme une chose déterminable par des prédicats distinctifs et internes, et qui est par

conséquent un simple être de raison. Néanmoins parmi toutes les idées cosmologiques, celle quia donné naissance à la quatrième antinomie nous pousse à risquer ce pas. Car l'existence des phénomènes qui n'est point fondée en soi-même, mais qui est toujours conditionnée, exige que nous cherchions quelque chose de différent de tous les phénomènes, par conséquent un objet intelligible, dans lequel ne se trouve plus cette contingence. Mais quand une fois nous avons pris la licence d'admettre hors du champ de toute la sensibilité une réalité existante par ellemême, de ne considérer des phénomènes que comme des espèces de représentations accidentelles des objets intelligibles, d'êtres qui sont eux-mêmes des intelligences, il ne nous reste que l'analogie, suivant laquelle nous employons les concepts de l'expérience pour nous faire cependant un concept quelconque de choses intelligibles, dont nous ignorons absolument ce qu'elles sont en elle-mèmes. Comme nous n'apprenons à connaître le contingent que par l'expérience , mais qu'il s'agit ici de choses qui ne doivent pas être des objets de l'expérience, nous serons obligés d'en dériver la connaissance de ce qui est nécessaire en soi, de purs concepts de choses en général. Le premier pas que nous faisons hors du monde sensible nous oblige donc de commencer nos nouvelles connaissances par la recherche d'un être absolument nécessaire, et de dériver de ces con-

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cepts ceux de toutes les choses, en tant qu'elles sont purement intelligibles. C'est ce que nous tenterons dans le chapitre suivant.

DIALECTIQUE TRANSCENDENT ALE.

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