MteBOM^OGU
Toir avouer b68 iloateB, et même exprimer librement 6on veto.
Mais quoique la raison ne puisse jamais se refuser à la critique, elle n'a cependant pas motif de \B,redoU' ter. Toutefois la raison pure, dans son usage dogmatique (non pas mathématiqtte)i n a pas tellement oonscieiice de Tobservation rigoureuse de ses lois suprêmes, qu'elle ne doive pas comparaître avec timidité, et même avec une entière abnégation de toute son autorité dogmatique, en présenoe de l'œil crîtique.fl'une raison supérieure et juridique.
C'^ tout le contraire si elle n*a pas affaire à la censure du juge^ mais aux prétentions de ses concitoyens, et qu'elle ait simplement à se défendre. Car, ceux-ci voulant aussi être dogmatiques, quoiqu'on niant, comme elle en affirmant, il y a lieu à une justification rea*&yt9f«mw Capable de garantir contre toute entreprise injuste, et de donner une possession légitime qui n'ait rien à redouter d'aucune prétention étrangère, quoiqu'elle ne puisse pas être prouvée
Par usage polémique de la raison pure, j^entendsla défense de ses propositions contre les négations dogmatiques.. Il ne s'agit donc pas de savoir si ses assertions ne pourraient pas aussi être fausses, mais il suffît seulement que personne ne puisse jamais affirmer le contraire avec une certitude apodictique (ni même avec une plus grande apparence); car nous ne sommes
TBANSCBNDEMTALB. 439
pas dang vm position précaire si nous avons nn titre, quoique pas suiBsant, et s'il est bien certain que personne ne pourra jamais démontrer l'illégitimité de cette possession.
C'est quelque chose de triste et d'humiliant qu'il y ait une antithétique de la raison pure, et que la raison, qui cependant doit être le tribunal suprême auquelressortisseqt toutes les dif&cultéSy doive tomber encontradictionavecelle-même.Alavérité,nousavonA considéré précédemment cette anthétique apparente, et nous ayons vu qu'elle repose sur un malentendu, puisqu'on conséquence des préjugés vulgaires, on prenait des phénomènes pour des choses en soi, et qu'on demandait une intégralité absolue de leur synthèse, d'une manière ou d'une autre (deux manières également impossibles); ce qui ne pouvait s'attendre des phénomènes. Il n'y avait donc aucune contra-diction réelle de là raison avec elle-même dans les propositions : La série des phénomènes donnés en euay mêmes a un commencement absolument premier, et cette série est absolument et en elle-même sans commencement; car les deux propositions subsistent très-bien enseqible, puisque des phénomènes, quant à leur existence (comme phénomènes), ne sont absolument rien en eux-mêmes; c'est-à-dire qu'ils sont quelque chose de contradictoire, et que par conséquent leur supposition doit nécessairement entraîner à des conséquences contradictoires.
Mais un semblable malentend a ne peut être prétexté, ni par conséquent la contradiction imputée à la raison, si par hasard quelqu'un affirmait théistiqaement qu'il y a un être suprême^ et qu'un autre , aa contraire, affirmât athéistiquement qn'ilnyaaucun être suprême ; ou, en psychologie: que tout ce qui pense est une unité absolue constante, et par conséquent différent de toute unité matérielle périssable, et qu'un autre opposât à cela que l'âme n'est pas une unité immatérielle et ne peut échappera la mort. Car l'objet de la question est ici indépendant de toute chose étrangère qui contredirait sa nature, et l'entendement n'a affaire qu'à des choses en soi, et non à des phénomènes. Il n'y aurait donc une véritable contradiction qu'autant que la raison pure n'aurait rien à dire que de négatif et qui pût servir de fondement à une affirmation. Car, pour ce qui regarde la critique des arguments à Pappui de l'assertion dogmatique, elle peut très-bien s'accorder, sans pour cela qu'on renonce à des propositions que favorise au moins l'intérêt delà raison, intérêt auquel l'adversaire ne peut faire appel.
Je ne suis pas, à la vérité, de l'opinion que des hommes très-habiles, très-profonds (parexenaple Suider), ont si souvent exprimée, lorsqu'ils sentaient la faiblesse des arguments usités jusqu'ici, a savoir, que l'on peut espérer de trouver par la suite des démonstrations évidentes de ces deux propositions cardinales
TRANSCENDENTÀLE. 441
de notre raison pure : qu'il y a un Dieu, qu'il y a une vie future. Je suis certain au contraire que cela n'arrivera'jamais. Car où la raison prendrait-elle le principe de ces démonstrations synthétiques, qui ne se rapportent point aux objets de l'expériencB et à leur possibilité interne? Mais il est aussi apodictiquement certain que jamais homme ne pourra affirmer le cantrcdre avec la moindre apparence, loin de pouvoir le faire dogmatiquement. Car, comme il ne pourrait l'affirmer que par raison pure y il devrait entreprendre de démontrer qu'un être suprême, et le sujet pensant en nous comme intelligence pure, sont impos-' sibles. Mais où prendrait-il les connaissances qui l'autoriseraient à juger ainsi synthétiquement de choses qui dépassent toute expérience possible? Nous pouvons donc être parfaitement sûrs que jamais personne ne nous prouvera le contraire. Nous n'avons par conséquent pas besoin de recourir sur ce point à des arguments d'école, puisque nous pouvons toujours adopter ces propositions qui concordent trèsbien avec l'intérêt spéculatif de notre raison dans l'usage empirique, et sont en outre le seul moyen de le concilier avec l'intérêt pratique. Nous avons donc à notre disposition contre notre adversaire (qui ne doit pas être considéré ici simplement comme critique) notre non liquet, qui doit infailliblement le confondre, puisque nous ne craignons pas sa rétorsion, attendu que nous avons constamment en réserve la
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règle subjective de la raison, qui manque nécessairement ànotre adversaire, et sous la garantie de laquelle nous pouvons soutenir tranquillement les coups dont il frappe l'air.
De cette manière, il n'y a proprement aucune antithétique de la raison pure. Car la seule arène pour elle devrait être cherchée dans le champ de la théologie pure et de la psychologie. Mais ce terrain ne supporte aucun champion arnié de pied en cap et de traits qui puissent être à craindre. Il peut seulement s'avancer par forme de jeu et de fanfaronnade; ce dont on se moquera comme d'une puérilité. C'est là une observation consolante et qui encourage la raison; car où prendrait-elle ailleurs des forces , si , devant seule faire disparaître toutes les erreurs, elle était en dissidence avec elle-même, sans pouvoir espérer une possession tranquille ?
Tout ce que la nature ello-même établit est bon à quelque fin. Les poisons mêmes servent à chasser d'autres poisons qui s'engendrent dans nos humeurs, et ne doivent par conséquent pas manquer dans une pharmacie complète. Les objections contre Ijss persuasions et les prétentions de notre raison purement spéculative sont données par la nature même de cette raison, et doivent en conséquence avoir leur bonne destination, leur bonne fin, qu'il ne faut pas mépriser. Pourquoi la Providence a-t-elle placé tant d'objets qui ont cependant une liaison si étroite avec
l'intérêt de nôtre raiapn, à mie telle hantwr par rafvpart à nous, qu'il pe nous est goère permis de les entrevoir autrement que par une percei>tioa obscure et douteuse, et que dotre curiosité est plutôt i excitée que satisfaite? Il est an mpina incertain qu'il y ait quelque utilité peut-être même y a^t-iljip danger à prendre des déterminations bardi^es par rapport à ces vues de l'esprit. Mais, en tous cas , et sans aucun doute, il est utile de donner une parfaite liberté à la raison investigatrice, afin qu'elle puisse sans obstacle prendre soin de son intérêt propre ; ce qui exige qu'elle mette des bornes à se& aperçus, et qu'elle les. étende : deux choses qui se font toujours mal, si des mains étrangères s'en mêlent pour la détourner de sa marche naturelle, par xles considérations forcées.
Laissez donc votre adversaire parler an i^om seul de la raison, et ne le combattez qu'avec les armes de la raison. Du reste, inquiétez-vous peu de la bonne cause (de l'inlérêt pratique), car elle n'est jamais en péril dans le combat purement spéculatif. La lutte ne met à découvert qu'une certaine antinomie de la raison, antinomie qui, reposant sur la nature de la raison même, doit nécessairement être en tendue et examinée. Cette lutte estsalutaire à la raison, puisqu'elle en considère l'objet sous deux points de vue, et qu'elle corrige le jugement en le circonscrivant. Ce qui est litigieux en cela n'est pas la chose, mais le ton. Car il
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doit vous suffire de parler le langage d'une foi solide justifiée parla raison la plus sévère, quand même il faudrait abandonner celui de la science*
Si Ton eût demandé à Dat;ûf Hume, cet homme grave, capable de garder l'équilibre du jugement, ce qui l'avait engagé, à force de doutes laborieusement amassés, à renverser la persuasion si salutaire et si utile aux hommes, que leur aperçu rationnel suffit à l'affirmation et au concept déterminé d'un être suprême, il aurait sûrement répondu: rien, sinon que je voulais ramener la raison à une plus grande connaissance d'elle-même, et que je voyais avec peine la violence qu'on veut lui faire lorsqu'on s'en glorifie, tout en l'empêchant de faire un aveu loyal des faiblesses qu'elle découvre en s'examinant elle-même.. Demandez-vous au contraire à Priestley^ partisan exclusif des principes de l'usage empirique de la raison, et ennemi de toute spéculation transcendentale, qu'est-ce qui l'a amené, lui, si zélé et si pieux docteur de la religion, à renverser la libertéet l'immoralité de l'âme (l'espérance de la viefuture n'est pour lui qu'une résurrection miraculeuse), ces deux grandes colonnes de tout l'édifice religieux? il vous répond seulement que c'est l'intérêt de la raison, laquelle perd trop à ce que l'on veuille arracher certains objets aux lois de la nature matérielle, les seules que nous puissions connaître et déterminer avec précision. Il serait injuste de blâmer Priestley,
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qui sait concilier son assertion paradoxale avec le but de la religion, de diffamer et d'inquiéter un homme aussi bien pensant, parcequ'il ne peuttrouver lech'emiii dès qu'il a quitté le champ de la physique. Mais Hume ne mérite pas moins de faveur, ses intentions n'étaient pas moins bonnes et son caractère moral était irréprochable ; seulement il ne put s'arracher à sa spéculation abstraite, pensant avec raison que robjet de cette spéculation est tout en dehors des bornes de la science de la nature dans le champ des idées pures. Qu'y a-t-il donc à faire, surtout par rapport au danger qui semble menacer l'utilité commune? Rien n'est plus naturel, plus équitable que la résolution que vous avez à prendre à ce sujet. Laissez faire : si ces gens-là montrent du talent, une investigation profonde et neuve, en uu mot de la raison^ la raison y gagnera toujours. Si vous employez d'autres moyens 'qne ceux d'une raison libre, si vous criez au crime de haute trahison; si, comme pour éteindre l'incendie, vous appelez au secours celui-là même qui ne comprend rien à des travaux si subtils, vous vous rendez ridicules. Car il n'est point du tout ici question de savoir ce qui peut être utile ou nuisible au bien commun, mais seulement jusqu'où ta raison peut s'avancer dans sa contemplation, indépendamment de toute utilité, et si l'on doit compter sur elle en' général, ou ri plutôt elle doit être quittée pour la raison pratique. N^employez donc pas la force, et au
lieu de frapper des coupb désespérés, regardez plutôt tranquillement, depuis la position sûre de la critique, un combat qui peut être inquiétant pour les champions, mais qui ne peut rien avoir que d'agréable pour TOUS, et dont Tissue ne sera certainement pas sanglante, mais en tous cas très-utile à vos connaissances. Car il est par trop absurde d'attendre de la raison des éclaircissements, tout en lui prescrivant à l'avance le parti qu'elle doit nécessairement embrasser. Au surplus, la t^isoii est assez domptée, contenue dans ses limites piar elle-même, pour que vous n'ayez pas besoin d'éveiller la garde afin d'opposer la force civile au parti dont l'influence prépondéliante vous paraîtrait dangereuse; il n'y a dans cette dialectique aucune victoire qui doive vous alarmer.
Je vais plus loin, c'est que la raison a grand besoin d'un tel combat, et il serait à souhaiter qu'il se fût engagé plus tôt, et avec uâe toléi'ance publique illimitée, car la critique aurait moin^ tardé à naître, et son avènement aurait fait cesser d'elles-mêmes toutes ces querelles, puisqu'elle aurait appris aux combattants à connaître leur illusion et les préjugés qui les ont divisés.
Il y a dans la nature humaine je ne sais quoi de simulé qui doit en définitite, comme tout ce qui vient de la nature, aboutir à de bonnes fins; je veux dire une inclination à cacher ses véritables senti-
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mente, et à faire parade de quelques autres qui sont supposés et que l'on tient pour bons et honorables. Il est certain que, grâce à cette inclination des hommes à se cacher et à prendre une apparence avantageuse, ils ne se sont pas simplement civilisés, mais encore moralises petit à petit, parce que personne ne pouvant pénétrer à travers le fard de la décence^ de l'honnêteté et de la pudeur, on trouva par conséquent dans les prétendus bons exemples dont on se voyait environné, une école d'amélioration pour soi-même. Mais cette disposition à se montrer meilleur que l'on n'est, et à manifester des sentiments que l'on n'a pas, ne sert guère qu'à dépouiller en quelque sorte provisoiremeot l'homme de sa rudesse, et à lui faire prendre d'abord Vajrpofeme d'un bien qu'il connaît; car, une fois que les bons principes sont dégagés et qu'ils ont passé dans l'esprit, toute fausseté^ doit être insensiblement combattue avec vigueur^ parce qu'autrement elle corromprait le cœur, et la bonté des sentiments serait étouffée sous l'enveloppe empruntée d'une belle apparence.
Je remarque avec douleur cette simulation et cette hypocrisie jusque dans les expressions mêmes de la pensée spéculative, où cependant les hommes trouvent bien moins d'obstacles à la franche manifestation de leur sentiment , et sont moins intéressés à le cacher. Que peut-il y avoir en effet de plus préjudiciable aux connaissances que de se communiquer réciproque-
448 MÉTHODOLOCSIB
ment des pensées dénaturées, falsifiées pour ainsi dire, de cacher les doutes que nous sentons être contraires à nos assertions, ou de donner la couleur de l'évidence à des arguments qui ne nous satisfont pas nous-mêmes? Tant que la simple vanité personnelle suscite ces artifices secrets (ce qu'on rencontreBouvent dans les jugements spéculatifs qui n'ont aucun intérêt particulier, et qui sont difficilement susceptibles d'une certitude apodictique), alors la vanité des autres s'y oppose, aidée qu'elle est en cela de Yapprobiktion publique, et les choses en viennent en définitive, quoique beaucoup plus tard, au point où elles auraient été amenées d'abord par le sentiment le plus sincère et l'intention la plus droite. Mais lorsque le public se persuade que des sophistes ne tendent qu'à ébranler les fondements du bien public, il semble non seulement prudent, mais encore permis et même honorable, de venir au secours de la bonne cause, ne fût-ce qu'avec des raisons spécieuses, plutôt que de laisser à ses prétendus adversaires, l'avantage de rabaisser nos paroles au ton d'une persuasion pure* ment pratique, et de nous contraindre d'avouer le manque de certitude spéculative et apodictique. Je penserais cependant que rien au monde n'est plus nuisible au dessein de défendre i)ne bonne cause, que de joindre à de solides raisons les artifices de la spéculation, les pièges et la fraude. Le moins qui puisse être exigé en pareil cas, c'est qu'on s'applique fran-
TRANSGENDENTALE. 449
chement et sincèrement à peser les raisons, fondamentales d'une simple spéculation. Mais si l'on pouvait compter avec certitude sur ce peu de.chose, le combat de la raison spéculative sur les graves questions de Dieu, de l'Immortalité de l'âme et de la Liberté, serait depuis long-temps décidé ou ne tarderait pas à l'être. Mais il arrive souvent que la pureté des sentiments est en raison inverse de la bonté de la cause, et que celle-ci A peut-être un pi us grand nombre d'adversaires loyaux et sincères que de patrons.
Je suppose donc des lecteurs qui ne veuillent pas que l'on défende une cause juste par de mauvaises raisons : il est décidé pour eux que, suivant nos principes de la critique, si Ton ne regarde pas ce qui arrive, mais ce qui devrait arriver, il ne doit y avoir, à proprement parler, aucune polémique de la raison pure. Car comment serait-il possible que deux personnes engageassent un combat sur une chose dont aucune d'elles ne pourrait exposer la réalité dans une expérience réelle ou seulement possible, à moins de réchauffer pour ainsi dire l'idée, pour en tirer quelque chose de plus que l'idée, savoir la réalité de l'objet même? Par quel moyen sortiront-elles de la controverse, puisqu'aucune d'elles ne peut rendre sa cause compréhensible et certaine, mais seulement <Utaquer et ruiner la cause de son adversaire? Car telle est l'issue de toutes les assertions de la raison pure : sortant de toutes les conditions de l'expérience pos- II. 29
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sible, hors desquelles ne peut se trouver aucun document de vérité, étant néanmoins obligées de recourir aux lois de Tentendement destinées au simple usage empirique, sans lesquelles aucun pas dans la pensée synthétique n'est possible/ elles se montrent toujours à découvert à leur adversaire, dont à leur tour elles peuvent attaquer le côté faible.
La critique de la raison pure peut être considérée comme le vrai tribunal de toutes les controverses purement rationnelles; car sa juridiction ne s'étend pas aux disputes qui roulent immédiatement sur les objets; elle est établie suivant les^ principes de son institution primitiv^^pourdéfinil' et juger les droits de la raison.' ' '
Sanà elle la raison est encore en quelque sorte dans son état de nature^ et ne {jèut accorder ni garantir aucune valeur à ses affirmations et à ses droits que par la guerre. La critique, au contraire, tirant toutes ses décisions des règles fondamentales de sa propre institution, dont personne ne peut révoquer en doute Tautorité, nous donde la tranquillité d'un état civil dans lequel nous ne devons traiter nos difiPérends q\ie par voie de prodédûtè. Ce qui met finaux différends dans le premier état, c'est une victoire dont se glorifie les deux paftis/èt qui est ordinairement suivie d'une paix ineertainëv établie par une autorité qui s'interpose. Mais dans l'autre état, c'est la sentence / et cette sentence doit procurer une paix perpétuelle, puisqu'elle
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jtaFÎfrJb fiparce m^medu pirocès. besdiaputes éternelles à^jxuQ raison p^tremepVdogmatique nous forcerait également à çbercj^^r le repo^ ^ans une critique de cette naisoi^même, elej^^fiods^psunelégislationqui se fonde sur, elle; comme le dit Hobbes, .l'état de nature est un ' état d'injustice et de violence, et Ton doit nécessairement Tabando/iner pour se soumettre à la contrainte légale, qui ne met de bornes à notre liberté que pour la faire subsister avec la liberté de chacun, et par-là même avec le plus grand bien de tous.
Cet état de liberté comporte donc aussi le droit de soumettre au jugement public, sans être pour cela réputé citoyen turbulez^t et dangereux, les pensées et les doutes quq l'on ne peut s'éclaircir soi-même; ce quji est déjà dd|ip le drpit primitif de la raison humaîjae, quf. net cppi^^ît. d'autre juge que la raison générale même, d^ns laquelle chacun a son su£frage. Elt comme tout perfectionnemeint dont notre nature est susceptible doU vQuiir.de, là, un tel droit est sacré, et ne peut être aboUi 11 serait peu sp^e d'appeler dangereuses certaines a,ssertions téméraires, ou certaines attaqu^eis iaconsidérées contre des choses qui ont pour ellea l'assentiment, de la majeure et meilleure partie du public; car ce serait leur accorder une importance qu'elles ne doivent pas avoir. Quand j'entends dire que la liberté de la volonté humaine, l'espérance d'une viefuture et l'existence de Dieu^ ont été ruinées par les raisonnements d'un esprit peu commun. Je
suis alors tenté de lire le livre, car j'attends de son talent qu il étende mes connaissances. Je sais déjà très-certainement d'avance qu'il n'aura rien fait de tout cela, non pas que je me croie en possession de preuves invincibles de ces importantes propositions ; mais je suis pleinement convaincu par la critique transcendentale, qui m'a découvert toute la portée de notre raison pure, qu'elle est impuissante à établir des assertions affirmatives dans ce champ, et plus incapable encore d'affirmer quoique ce soit de négatif à cet égard. Car, ou ce prétendu esprit fort auraitil pris sa connaissance qu'il n'y a aucun être suprême? Cette proposition est hors du champ de l'eipérience possible, et par conséquent hors des bornes de toute connaissance humaine. A la vérité, je ne lirais pas le défenseur dogmatique de la bonne cause contre cet ennemi, parce que je sais d'avance qu'il ne combattra les raisons spécieuses de son adversaire que pour frayer un chemin aux siennes propres ; de plus, un fait journalier n'est pas aussi fécond en nouvelles remarques qu'un fait extraordinaire et ingénieusement imaginé. Ce serait plutôt cet adversaire de la religion dogmatique à sa façon, qui fournirait à ma critique une occupation désirable en me donnant l'occasion d'en perfectionner les principes, sans cpie j'eusse à craindre pour elle la moindre chose.
Mais la jeunesse qui est confiée à l'enseignement académique doit au naoins être prémunie contre ces
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sortes d'écrits, et la connaissance prématurée de propositions si dangereuses, lui ètrç dérobée, jusqu'à ce que son jugement soit formé, ou plutôt jusqu'à ce que la doctrine dont on veut la pénétrer ait poussé d'assez fortes racines pour résister victorieusement à toute opinion contraire, quelle qu'en puisse être la source? S'il était inévitable de s'en tenir à dogmatiser sur des matières de la raison pure, et si la réfutation des adversaires était proprement polémique, c'est-à-dire de telle natuire que le combat dût infailliblement s'en* gager à coup» d'argument pour des assertions contraires ; assurément il n'y aurait rien de mieuc à faire pour le moment, mais en même temps rien ne serait plus vain et plus inutile pcmr l'avenir, que de mettre en tutelle pour un temps la raison de la jeunesse, et de la garantir de la séduction, au moins pendant ce temps. Mais si, dans la suite, ou la curiosité ou l'esprit do .siècle lui met en main de semblables écrits, cette éducation du jeune âge la retiendra-telle alors? Celui qm ne se présente qu'avec des armes dogmatiques pour repousser les attaques d'une autre opinion et ne sait pas découvrir la dialectique occulte, qui n'est pas moins cachée dans son propre sein. que dans celui de son adversaire, voyant des arguments 8pécieux,qui ont l'avantage de la nouveauté, ébranler des arguments non moins spécieux^ mai» qui n'ont plus cet attrait du nouveau, et qui excitent au contraire le soupçon d'une crédulité déçue dans la
jeunesse: celui-là âis-je,ne croit pas mieux pouvoir montrer qu'il a passé l'âge de la discipline de l'éducation de sa nourrice, qu'en méprisant ses sages avejrtissements ; et, accoutumé au dogmatisme, il avale à longs traits le poison qui corrompt dogmati^ quement ses principes, '
C'est précisément le contraire de ce que l'on conseille ici qui doit avoir lieu dans l'instruction académique ; mais i la vérité dans l'hypotbède seaiement d'une insft*uctioii'solide^''tDàtièrb^d0 Offiti«{M Aè làraison purôi Car, -ponï]? en'appliqoer^^lw ptîniàpe» d'aussi bonnëbeureque possible, etpourennioâtx'^rla suiBsancedaDslaplus grande appatence dintectique, il est absolument nécessaire que des attaques si redoû-^ tables aux dogmatiques soienit dirigées contre sa hd^ son, quoique faible encofè, mais édhirée' par la crl^ tique, et qu^on lui fadse essayer l'exattien «dés .r^ixiM assertions de^on adversaire pajf lès prmcipcb deceMe critique. Il pourra faoilemonUes réduira en' poussière, et acquerra une prompte co^fiadee daJis ses ^^pirea forces pour se garantir pleitieâieM^de ces pvestiges nuisibles, qui devront enfin perdre pour lui toute leur apparence. Et quoique ces mâmes coups quiroi»nent l'édifiée de l'ennemi dussent être tout aussi dangereux à sa construction spéculative propre, s'il lui prenait jamais fantaisie d^en élever une, oependant il est fort tranquille à cet égard, puis({u1l nr^a'^pas h^ doin d'habitet^ ub pareH édifice; ii a devant lui date
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le champ pratique, une échappée où il peut espérer avec raison un terrain plus solide pour y élever son système rationnel et salutaire.
Il n'y a donc aucune polémique p];oprement dit^ dans le champ de la raison pure. De part et d'autre les coups portent à faux, et les combattants n'ont affaire qu'à leur ombre, car ils s(;»:tent de la nature et passent; (hn^ une régiQP:Oit leur dogmatisme n.'ap.9^ la moindre pirise,, où il n'y à rien qui se laisse.^isir etretenifi. Qpapd.ils criçipfttjlj^gr ajjpç avantage, les opibres qu'ils pourfendent se reproduisent en un clin d'oeil comme les héroa du Walhalla, ep sorte qu'ils peuvent toujours se donner le plaisir de porter des coups non sanglants. , . ,. I
Toutefois Tusage sceptique de la,rai^qp pujçp, que l'on pourrait appeler Iç principe de Ifi neutralité danç toutes ses controverses, n'esf; nullemii^t ^dipj^ibl^^ Exciter la raison contre ' ell^même, lui donner des armes des deux côtés et regarder ensuite pai^ibtemei^t et par forme de jeu son ardent combat, n'est pas uoç chose récréative au point de vue dogmatique ; c'esf; plutôt là le spectacle d'un esprit jaloux qui se réjouit des maux d'aotrui. Mais si cependant l'on .considère l'aveuglement et l'orgueil invincible des sophistes^ orgueil qui ne se laisse tempéiier pas aucune critique , il ne reste cependant.plus.4'auti>0:ren)ède que de lui opposer la jactance iial'aD^agoniste quîsefondp flar les mâmes4roî|ts, pojyirquerU railoii.&oitj^uinoij^
embarrassée par la résistance d'un ennemi, afin de lai faire dealer de ses prétentions et prêter l'oreille à la critiqae. Mais s'en tenir à ces doates, et dire à l'appui que la persuasion et laveu de notre ignorance nous sont recommandés, non simplement comme un remède contre la suffisance dogmatique, mais aussi comme la manière de terminer le combat de la raison avec elle-même; c'est un dessein parfaitement inutile, et qui n'est point propre à procurer du repos à la raison, mais qui est au contraire un excellent moyen de la tirer de son doux rêve dogmatique pour lui faire examiner attentivement son état. Comme cependant cette manière sceptique de se tirer d'un fâcheux procès de la raison, semble être en quelque sorte le plus court chemin pour arriver à un repos philosophique constant ; comme elle est du moins la grande route que prennent volontiers ceux qui pensent se donner un air philosophique par un mépris moqueur de toute recherche de cette nature : je crois qu'il est nécessaire de faire voir cette manière de penser sous un autre jour.
De r impossibilité où est la nisoo pure en désaccord arec elle-même
de se contenter du Scepticisme.
La conscience de mon ignorance (si cette ignorance n'est en même temps reconnue nécessaire), au lieu de mettre fin à mes questions, est bien plutôt la cause propre qui les fait sonlever. Toute ignorance porte
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OU sur les choses, ou sur la détermination et les bornes de ma connaissance. Si Tignoranee est fortuite, elle doit donc , dans le premier cas, me porter à étudier dogmatiquement les choses, et dans, le second cas, à tracer critiquement les bornes de ma connaissance possible. Mais de savoir si mon ignorance est absolument nécessaire, et si je puis par conséquent me dispenser de toute recherche ultérieure, c'est ce qui ne peut s'établir empiriquement par l'observation, mais seulement critiquement et en approfondissant les premières sources de notre connaissance. La détermination desbomes de notre raison ne peut donc se faire qu'à priori suivant des principes ; mais sa circonscription, quoiqu'elle ne soit que la connaissance indétenninée d'une ignorance qui ne peut jamais ôtre dissipée, peut aussi être cou nue à posteriori par ce qui nousreste toujours à connaître dans tout savoir. La détermination des bornes de la raison par la critique de la raison même, seule connaissance possible de son ignorance, est donc science ; la circonscription de la raison a'est qu'une percep^ûm dont l'étendue des conséquence est indéterminable. Lorsque je me représente la surface de la terre (suivant l'apparence sensible) comme un disque, je ne puis savoir jusqu'où elle s'étend. Mais l'expérience m'apprend que partout où je porte mes pas, je me trouve toujours environné d'un espace d'où je pourrais m'avancer plus loin. Je ecMinaia donc les bornes de chacune de mes con-
468 MÉTBODOLOGIB.
naissaMQs géographiques réelles, et non les bornes de toute géographie possible. Mais si je me suis avancé assez loin pour savoir 411e la terre est un globe ^ que sasarfaœ est sphériqoe; ak^rs je puis connaître déteraiinémeo(ty et suivant des principes à priorij d'après une petite pavtie de cette sur-* face, par exemple de la ^antité d'un degrty le diamètre, et, par celuinâ, la* complète cinxMMcriptian de la terre, c'est-ànltre'sa'sucfMt^iMufktt^MÔMÛi» dan» r^igiieittmDe ipatffagppett anic iobjels qna ranfeime cette snpet ficie, cependant je sie lesnis pasà Fégpurdde lacirconscription qui les contimt, desoii étendueet de ses limites»
L'ensemble de tous le») objials poaashlfls de notse connaissance nous (aitl'«&t d'une siùrface plane qui a son horizon apparent, savoir, ce qui en embrasse toute la circonscription^ et que nous appelons coaospt rationnel de l'univimalité conditionnée. Uestirapù»* sible d'atteindre empiriquement ce eoftaoept, et Von a tenté vainement jusqu'ici de le -déterminera pnari suivant un certain prinèi'pe; «Cependant toutes les questions de notre raison pure se rbpîMjrtent à ee qai est hors de cet horizon, ou tout aà plus à ce qui peut être sur la ligne qui le détermine.
Le célèbre David Eume a été oa dé ces .^éogra{dieB de la raison humaine ; il crut a<jrotr suffisamment n^ pondu à toutes cesquestionsf en lesrélégttafttaudetà de cet horizon delarakonqu'iiiie.'putoèpeBdMAtral-
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cer. Il s'arrêta surtout au principe de causalité, et re^ marqua très-justement que l'on n'en appuie la vérité (pas même la valeur objective du concept d'unecauae efficiente en général) sur aucun apterçu clair, c'est-àr». dire sur aucune connaissance à priori / que par eon*. séquent aussi toute son autorité résulte, non pas dei la nécessité de cette loi, ni&ais de son utilité générale dans le cours de l'expéridnce, d'où, naît une nécessité subjective que l'on appelle habitude et qui £aittQu46 son autorité. Be rimguîssançedefioteftMMOi^âÀilaivtf usage à ce primsipe au-delà de tou^ expértence^-att conclut la nullité de toute prétention idB lii^aisc» M général à sortir de rempîri^me. . .
Une semblable métbodede souoi^ltire .les,faUs.de4<^ raison à l'examen, et si'il lefi^utau blào;]^^ pi^ul; ^-APr» peler la censure de la raison. Il est certain qiA^./o^tta censure conduit inévitablement à dçuter de toiU usagp transcendant des principes. Mais ce n'est là seulement que le second pasiqui est encore bien loin d'acbever rœuvre4 Le ^ premier pas dans les. choses de la raison pure, q\fi en montre l'enfance, est dogmatique. Le seoond pas,, déjà mentionpéiy est ^ceptique^ et montse la . circonspection dujugement redressé par rexpérience. Mais il en UfA encore u{i troisième; qui ne peut être £aU que, par un jugement mûr et vipl^ ai^uyé sur des règles ferries et d'une universalité certaipe, afin 4e soumettre à rapprécifttioa, non 1^ faits de la raison, mais U raison eUe-m^n^ sniv^At
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toQte u faculté et son aptitude pour les oonnaissances pures à priori. Une s'agit pas là de la censure, mais de \^ critique de la raison; critique par laquelle des bornes (Schranken)j même des limites (Grenzen) déterminées de la raison, son ignorance non-eenlement dans telle ou telle partie, mais par rapport à toutes les questions possibles d'une certaine espèce, ne sont pas conjecturées^ niais établies par principes. Ainsi , le scepticisme est un lieu de repos pour la raison humaine ; là, elle peut . se rappeler le chemin dogmatique qu'elle a fait, et décrire le pay» où elle est, afin de pouvoir choisir :8a route plus sûrement. Mais ce n'est pas une habitation où elle doive rester toujours ; une pareille demeure ne peut se trouver que dans une certitude parfaite, soit de la connaissance des objets mêmes, soit des limites qui circonscrivent tonte notre connaissance dee objets.
Notre raison n'est pas comme une plaine d'une étendue indéfinie, dont on ne connaisse les bornes que d'une manière générale; elle est plutôt comparable à une sphère dont le diamètre peut être trouvé par la courbe de l'arc à sa surface (par la nature des propositions synthétiques à priori); ce qui permet aussi d'en déduire avec certitude le contenu et la délimitation. Hors de ceOe sphère (champ de rexpérience), il n'y a plus d'objets pour notre raison; les questions mêmes qui concernent les prétendus objets de cette
TRANSG£NBBNTALE. 461
nature ne se rapportent qu'à des principes subjectifs, d'une détermination universelle des rapports possibles parmi les concepts de Teïitendement dans les limites de cette sphère.
Mous sommes réellement en possession de connaissances synthétiques à priori, comme le prouvent les principesdeTentendement qui précèdent[an^tcipiren] l'expérience. Si cependant quelqu'un n'en comprenait pas la possibilité, il pourrait à la vérité douter d'abord si elles sont réellement en nous à priori^ mais il ne pourrait pas en conclure l'impossib^Litépar les simples facultés de F'èntend0ment, ni déclarer inutiles tous les paB- de la raison suivant la règle qui résulte de ces connaissances. Seulement il pourrait dire : si nous en aperce vioùs l'origine et la véfité, nous pourrions déterminer la circonscription et les bornes de notre raison, maisaupara'vant toutes les assertions de la raison sont téméraires. De cette* manière un doute universel dans toute philosophie dogmatique, qui va son chemin sans la critique de la raison, serait tout à fait fondé ; mais on ne pourrait cependant pas absolument contester à la raiwu un semblable progrès s'il était préparé et assuré par une meilleure constitution. Car enfin, tous les concepts, et même toutes les questions que BOUS propose la raison .pure, ne sont pas pur hasard de Tisxpéifience ; ils ne Sont même que d«ns la rAisan,* qui doit pouvoir comprendre la valeur ou la nullité ded uns et résoudre les autres.' Nous ne som-
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jûes pas BOB plus autorisés ^ ^rejeter ces questions en prétextant notre faiblesse , comme si leur solution tenait réellement à la nature des choses, et à nous refuser à leur investigation ultérieure; la raison seule ayant engendré ces idées dans son sein , elle doit se rendre compte de leur iraleur ou de leur apparence dialectique.
Toute polémique sceptique n'est proprement dirigée contre le dogmatique qui, sans se défier de ses premiers prinèîpes objectifs, ceet-à-dire sans critique, poursuit gravement' son 'Chemin, que pour déranger ses plans et le ramener à la connaissance de lui*mème« Elle ne décide- absoloment rien par rapport à ce que nous pM vous savoir ou ne pas savoir. Toutes les vaines tentatives dogmatiques delà raison sont des faits qu'il est toujours utile de soumettre à la censure. Mais ceci ne peut rien décider sur l'attente de la raison nslativement à un meilleur succès ^etseseffoFts futui^^ et'à;$es prétentions à cet égard. La simple censure nepeut d<mc pad terminer la querelle sur les droits de)la'ràison humaine.
Hume étant peut«étre de tous les sceptiques le plus ingénieux, mais étant ^ns contredit le plus remarquable par l'influence que la méthode sceptique peut avoir ^Qr provoquer un examen fondamental de la raison, il vaut la peine d'exposer, autant qu'il entre dans mon plan de le faire, la marche de ses raisonnements, et les erreurs d'un homme si habile et si
TRiJSSCBNIMBfTALE. 463
QStîinaUe, eneura qui ont cependant pris naissance sur le sentier de la yérité.
Huine pensait pent^ètre,- quoiqu'il ne s'en soit jamais i expliqué clahrement^ que nous sortons, dans certains de nos jugements, hors de notre concept de Y objets J'ai appelé cette espèce de jugements , juge^ menis synthétiques. Un fait qui ne souffre pas la moin^ dre ^bfficulté^. c'est que je puis^ par le moyen de l'expérience^ sortir du concept que j'ai déjà des objets. L'expérience est même une semblable synthèse des perceptions, qui augmente le concept résultant d'une perception par d'autres perceptions qui s'y ajoutent. Mais qous croyons aussi pouvoir à priori sortir de notre concept, et étendre ainsi notre connaissance. Nous tentons de le faire, ou, par l'entendement pur, dans ce qui peut être au moins un objet de V expérience^ ou par la raison pure à l'égard des qualités sensibles des ehq^^. ou même de l'existence d'objets qui ne peuvent jainaifi se présenter dans l'expérience. Notre sceptique ne distingua pas ces. deux sortes de jugements comme il aurait cependant dû le faire; et il regarda comme impossible, sans expérience antérieure, cette augmentation des concepts par des concepts, et, si je puis aussi dire l'enfantement spontané de notre entendement même (et de la raison). D^où il conclut que tout ces prétendue principes à priori n'étaient que des rêves; Il crut trouver qu'ils n'étaient que Thabitoda résultat de l'expérience et de ses lois, par
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coDséquentqoe oe D'étaieQt que des r^les parement empiriques, cest-à-direcontingentes par ellea-mèmeS) auxquelles nous accordons faussement la nécessité et Tuniversalité. k l'appui de cette étrange assertion, il en appelle, au principe universellement reconnu du rapport de la cause et de Tefifet. Gomme aucune faculté intellectuelle ne peut nous conduire du concept d'une chose à l'existence de quelque autre chose qui soit par-là donné universellement et nécessairement, il crut pouvoir en conclure qu'il n'y a rien en nous qui soit capable sans expérience d'augmenter notre concept, etqui nous autorise à porter un jugement qui ait une valeur matérielle àpriari. Que la lumière solaire fonde la cire qu'elle éclaire, en même temps qu'elle durcit l'argile, c'est ce qu'aucune intelligence n'aurait pu deviner, loin de le conclure régulièrement en partant des concepts que nous avions déjà de ces choses ; l'expérience seule pouvait nous apprendre cette loi. Nous avons vu, au contraire, dans la logique transcendentale, que, tout en ne pouvant jamais immédiatement sortir de la matière du concept qui nous est donné, nous pouvons cependant connaître parfaitement à priori la loi de liaison avec d autres choses, mais par rapport à une troisième chose^ savoir, à une expérience po$sible. En conséquence si la cire qui auparavant était solide se fond, je puis connaître à priori que quelque chose a dû précéder (par exemple, la chaleur solaire), ensuite de quoi la
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fusion s'est opérée suivant une loi constante; quoi«que, sans expérience, je ne puisse connaître à priori d'une manière déterminée, et sans renseignement de Texpérience, ni la cause par Feffet ni Tefifet par la cause. Hume conclut donc faussement de la contin* gcdce de notre détermination suivant la lai, à la contingence de la bi même, et il confondit le fait de passer du concept d'une chose à Texpérience possible (ce qui arrive à priori et constitue la réalité objective cle ce concept), avec la synthèse des objets de l'expérience réelle, qui est toujours empirique. Il fit donc d'un principe de l'affinité, qui a son siège dans l'entendement et énonce une liaison nécessaire, une règle de l'association qui n'a lieu que dans l'imagination imitative, et ne peut exposerque des liaisons fortuites et non objectives.
Mais les erreurs sceptiques de cet homme, d'ailleurs très-pénétrant, résultèrent principalement d'un défaut qu'il eut cependant de commun avec tous les dogmatique^ savoir, de ce qu'il ne considérait pas systématiquement à priori toutes les espèces de synthèses de l'entendement. Car il aurait trouvé, par exemple, pour ne pas parler ici du reste, que le principe de la permanence, tout aussi bien que celui de la causalité, précède l'expérience. De cette manière il aurait pu prescrire à l'entendement s' étendant à priori, et à la raison pure, certaines limites. Mais lorsqu'il se contente de circonscrire notre entendement sans en II. 30
i6ê MÉTHODOLOGIE
poser les bornes^ et qu'en établissant une ééfiancegé-
ttérale, il ne donne aucune connaissance déterminée de l'ignorance qui nous est invincible; lorsqu'il censure quelques principes de l'entendement^ sans le souîïiettre à l'épreuve de la critique, dans toute son étendue, et qu'il accuse cette faculté de refuser ce qu'elle ne peut réellement accorder, alors il va trop loin, puisque sans l'avoir soumise tout entière à l'examen, il lui contesté tout pouvoir de s'étendre à priori. Il lut arrive donc ce qui ^uine toujours le scepticisme; c'est que le scepticisme lui-même ne manqiie jamais d'être mis en doute, parce quesesobjoctions ne reposent que sur des faits accidentels , an lîeo de porter sur des principes capables de faire renoncer nécessairement au droit d'affirmer dogmatiquement.
•Comme il ne connaît non plus aucune différence entité les droits fondés de l'entendement et les prétentions dialectiques de la raison, contre lesquelles cependant sont surtout dirigées ses attaquas; la raison, dont l'élan propre n'est pas le moins du monde ici tropblé, mais entravé seulement, ne s'aperçoit pas que le champ de ses excursions est entièrement fermé, et ne peut jamais être complètement détourné de ses efforts ; et, quoiqu'elle soit attaquée ça et là dans ses tentatives, elle n'est jamais parfaitement repoussée ; car elle s'arme pour résister aux attaques, et s'opiniâtre d'autant plus à établir ses prétentions.
TRANSGim>]BNTAl.E. 467
Mais'dtie revue' rigooreuse de tous nos moyens, et la persuasion qui en résulte de la* jouissance assurée d'uue petite possession, fait disparaître tçut litige, malgré la' vanité de prétentions plus élevées , et porte à se contenter d'une propriété restreinte, mais incontestable.
Le dogmatique sans critique, qui n'a point mesuré la sphère de son entendement, qui, par conséquent, n'a pas déterminé suivant des principes les bôrnedde la connaissance possible, et qui ne sait pas d^avance ce qu'il peut, mais qui pense s'en assurer en l'essayant, doit courir plus que du danger à être en butte à ces attaques sceptiques; il doit en essuyer un vrai préjudice. Car s'il affirme une seule chose dont il ne puisse rendre raison, mais sans pouvoir en expliquer l'apparence par des principes, alors son soupçon tombe sur toutes les assertions, quelque persuasives qu'elles puissent être d'ailleurs.
C^est ainsi que le sceptique corrige le disputeur dogmatique, et le conduit à une saine critique de Tentendement et dte la raison même. Dès qu'il y est parvenu, il n'a plus rien à craindre; car il distingue alors 'sa possession de tout ce qui n'est pas elle; il ne s'arëoge aucun droit sur ce qui ne lui appartient pas, et évite àinlsl lëb c^iitestations^ A la vérité, la méthode sceptique nb' Hàîis fait fSiZ par dlè-riiême aux questions Ûë là^MioiV mais ceperidant é\ïè préparé leL-rlàX' 860 en l'iaxerçam, excité sa vî^lance,' et fe conduit aux
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moyens fandamentaïUL ^ui peuvent loi garantir sa possession légitime.
sECTioif m.
Discipline de la raison pure par rapport aux hypotbèses.
Puisqu'enfia nous savons par la critique de notre raison qu'en fait, dans son usage pur et spéculatif, nous ne pouvons rien savoir, ne devrait-elle pas ouvrir un champ d'autant plus vaste aux hypotheseSj puisqu'il nous est du moins permis d'inventer et d'opiner, sinon d'affirmer?
Si l'imagination ne doit pas délirerj mais feirdref sous la censure sévère de la raison, quelque chose de parfaitement certain, de non fictif, et qui ne soit point de simple opinion, doit toujours précéder; et ce quelque chose est la possibiklé de l'objet même. Alors il est bien permis, par rapport à sa réalité, de recourir à l'opinion. Mais, pour qye cette opinion ne soit pas vaine, elle doit être employée comme principe d'explication, conjointement avec 6e qui est vraiment donné, et qui est par conséquent certain; et alors l'opinion s'appelle hypothèse.
Mais comme nous ne pouvons nous faire la ipoùidre notion de la possibilité de Tuaion dynamique a priori, et que la catégorie de l'entendement pur ne sert point à la penser, mais seulement à la comprendre partout où elle se trouye dans l'expérience; nous oe pouvons
TRANS€Ein>ENTALB. 469
pas imaginer originellement, d'accord avec ces catégories, ni donner pour fondement à aucune hypothèse licite, un seul objet d'après une qualité nouvelle et qui ne peut être donnée empiriquement; ce serait simplement soumettre à la raison de vaines chimères, au lieu de concepts de choses. Ainsi, il n'est pas permis d'imaginer de nouvelles facultés primitives, par exemple un entendement capable de percevoir son objet sans le secours des sens,— *ou une force attractive sans contact, — ou une nouTelle espèce de substance qui^ par exemple, soit présente dans l'espace sans impénétrabilité, — ni par conséquent aucun commerce des substances dififéirent du commerce universel que présente l'expérience, — aucune durée si ce n'est simplement dans le temps. En un mot, notre raison peut seulement faire servir les conditions de Vexpérience possible, comme conditions de la possibilité des choses^ mais pas du tout se créer à elle-même des choses indépendamment de ces conditions, parce que des concepts de cette nature, quoique sans contradjction, seraient toujours sans objet.
Les concepts rationnels sont, comme nous Tavons dit, de simples idées, et n'ont aucun objet dans une expérience quelconque. Mais ce n'est pas à dire pour cela qu'ils indiquent des objets fictifs et qui soient par là même regardés comme possibles. Ils sont simplement pensés problématiquement pour fonder dans le champ de l'expérience à leur égard (comme fictions
.euristiques) des principes yégulateurs de Tusage systématique de Teoteiidemeot. Sort-H)Q de Texpé*^ rience ;. C9 qe sopt plus que de simples êtres de raî«- 80Q| dont \^ possibilité ue peut èu*e établiei et qui par QODséqueat ne peuvent être hypothétiquemeut posés pour fondement à. Te^plication des phénomènes réels. Il est bien pjoyrmis^ de CDncet)otr Tâme comme simple, afin^ suivant celte ijiée, de donner pour principe de notre jugement i&ur les phénomènes internes une par- .Caite et nécessaire unité à toutes les facultés de Tàme, .quoiqu'on ne puisse les apercevoir en même temps dn concreto. Mais admettre Tâme comme substance simple (ce qui est un concept transcendant) serait une proposition qui, non-seulement ne pourrait être prouvée (ce qui est le cas de plusieurs hypothèses physiques), mais qui serait de plus tout arbitraire et -aveugle, parce que le simple ne peut se présenter dans aucune expérience, et que^ si Ton comprend ici sous le mot substance l'objet permanent de Viatuition sensible, la possibilité d'un phénomène simple ne peat absolu ment pas être aperçue. La raison a le droit de regarder comme une opinion la notion d'êtres purement intelligibles ou les qualités simplement intelligibles deschosesdu monde sensible, quoique(parcequ'on n'a aucun concept de leur possibilité ni de leur impossibilité) ces choses ne puissent non plusètre niées dogmatiquement, par suite d'une vue de l'esprit prétendue meilleure^
TBiil5GBMD£NTALB. 47)1
Pour expliquer des phénomènea donnés^ on ne peut employer d'autres choses, comme principes d'explication y que celles qui ont été unies avec les choses données^ suivant des lois des phénomènes déjà re« connues. Une hypothèse transcendentale , dans laquelle une simple idée de la raison serait employée à l'expUçation de la nature des choses, serait par le &it une explication nulle, par le fait que ce qui ne serait pas suflBsamment compris par des principes empiri<qnes reconnus, serait expliqué par quelque chose qu'on ne comprend pas du tout. Le principe d'une telle hypothèse ne servirait proprement qu'à tran<quilliser la raison, mais pas du tout à Tavancement de l'usage de l'entendement par rapport aux objiets* L'ordre et la finalité dans la nature ne doivent à le\ir tour s'expliquer que par des causes physiques et suivant des lois physiques; et les hypothèses les plus audacieuses, si toutefois elles ne sont que physiqi^es, y sont plus tolérables encore que l'hypothèse méjraphysique; c'est-à-dire que l'appel à un auteur div^n que l'on suppose à cet effet. Ce principe serait en effet celui de la raison paresseuse {ignava ratio) j qui permettrait d'admettre d'un seul coup toutes les causes dont on peut encore connaître, par une expérience progressive, la réalité objective, du moins quant à la possibilité, ppur se reposer ddns une simple idée qui est très-commode à la raison. Mais pour ce qui est de la totalité absolue du principe d'explication
472 MÉTHODOLOGIB
dans la série des causes, ce ne peut être un obstacle par rapport aux objets cosmiques, parce que ces objets n'étant que des phénomènes, jamais rien de parfait [d'absolu] ne peut y ètjre espéré dans la synthèse de la série des conditions.
On ne peut recourir à des hypothèses transcendentaies de l'usage spéculatif de la raison, ni à la liberté de se servir de principes métaphysiques, pour suppléer au défaut de principes physiques d'explication, soit parce que la raison n'avancerait point par là, mais plutôt Terrait tout le progrès de son usage interrompu, soit parce que cette licence la priverait de tout le fruit de la culture de son terrain propre, savoir l'expérience. Car si l'explication de la nature nous devient ici ou là difficile, alors nous avons tout de suite sous la main un principe d'explication transcendant qui nous dispense de toute recherche, et notre investigation se termine, non par une connaissance, mais par Tentière incompréhensibilité d'un principe déjà tellement préconçu qu'il devait contenir le concept de l'absolu ment Premier.
La deuxième condition requise pour qu'une hypo-« thèse puisse être admise, c'est qu'elle suffise pourdéterminer à priori les conséquences qui sont données. S'il faut, à cet effet, recourir à des hypothèses subsidiaires, elles font soupçonner qu'elles ne sont qu'une simple fiction; chacune d'elles, ayant besoin de la même justification que requérait déjà la pensée fon-
TRAKSGBNDEirrALB. ^3
damentale oa première, ne peut, par conséquent, donner un témoignage idoine. Si, dans la supposition d'une cause inBniment parfaite,* on ne manque pas de principe d'explication de toute la régularité, de tout Tordrcet de toute la grandeur qui se remar que dans le monde, cette supposition a cependant besoin, dans les aberrations et les maux qui se présentent, du moins suivant nos concepts, de nouvelles hypothèses pour être à l'abri des doutes qui pourraient naître de la vue de ces maux. Si la substantialité simple de l'âme humaine, qui est posée comme fondement de ses phénomènes, est attaquée par les difficultés qui naissent de la ressemblance de ses phénomènes avec les changements qu'éprouve la matière (l'accroissement et le décroissement), de nouvelles hypothèses doivent être invoquées; hypothèses à la vérité, qui ne sont pas^ sans apparence [Scfiein]j mais qui, cependant, manquent de toute confiance, excepté celle que leur accorde l'opinion, prise pour principe fondamental, à laquelle elles doivent cependant servir d'appui.
Si les affirmations de la raison, données ici pour exemples (l'unité incorporelle de l'âme et l'existence d'un Être suprême), ne doivent pas valoir comme hypothèses, mais comme dogmes prouvés à priori, alors il n'est plus question d'hypothèses. Mais aussi, la preuve doit avoir la certitude apodictique d'une démonstration. Car si Ton veut rendre simplement