‹ La critique de la raison pure. Tome premierChapitre 46 sur 72 · ANTICIPATIONS 3. — ANALOGIES · texte numérisé non relu

ANTICIPATIONS 3. — ANALOGIES

de la de

perception . V expérience .

1 84 . LOCHQUE

A. — POSTULA.TS .

d^la • .

pensée empirique -

en général.

J'ai choisi ces dénominations à dessein , pour faire ressortir les différences par rapport à l'évidence et à l'usage de ces principes. Mais on verra bientôt, pour ce qui est de Tévidence et de la détermination à priori des phénomènes suivant les catégories de quantité et de qualité (pour ne faire attention qu'à la forme de ces derniers), que les principes de ces deux catégories diffèrent considérablement de ceux des deux autres; les premiers sont susceptibles d'une certitude intuitive, et les seconds d'une^ certitude purement discursive, bien qu'ils soient indistinctement d'une parfaite certitude. Par cetteC raison j'appelle lespre* miers principes mathématiques, efr ceux-ci principes dynamiques (i). M^s on remarquera que je considère aussi peu les principes des Mathématiques dans l'un de ces cas, que les principes de la Dynamique générale (Physique) dans l'autre; je ne m'occupe que des principes de l'entendement pur par rapport au sens intime (sans distinction des représentations données en lui), dont ils reçoivent tous indistinctement leur possibilité. Je les appelle donc ainsi plutôt en considération de leur application que de leur matière, et

(1) V. sii|)|)i. xvr.

.___-îX^

' THANSGENDEKrrALB. ' . 185

yen aborde TexaiMn dans Tordi^e môme où la table

les présente.

AilOMES DE L'IHTUrriON (1).

Principe de r entendement pur: Tous les phénomènes sont des quantités extensives quant à leur intuition.

l'appelle quantité extenâive celle dans laquelle la représentation des parties rend possible celle du tout et (par conséquent la précède nécessstirement). Je ne puis me représenter une ligne, si petite qu'elle soit, sans la tirer par la pensée, c'est-à-dire sans en produire successivement toutes leis parties d'un point à un ^utre,^ et sans par 1^ rendre enfin sensible cette intuition. Il §n egf; exactement de même de toutes les parties du temps, même de la plus petite. Je n'y pense que la progression successive d^un instant à^un autre, ^d*où résulte enfin, au moyen de tontoe les parties clu temps et de leur addition, une quantité de temps déterminée, Puisque la simple, intuition dans tous les phénomènes est ou l'espace ou le temps, tout phénomène est, comme intuition, une quantité extensive, par îa raison qu'il ne peut être connu dans l'appréhension que par la synthèse successive de partie à partie. Tous les phénomènes' sont donc perçus d'abord comme agrégats (multitude

(i) La seconde édition porte ensuite : Leur principe est que: Tons les phénomènes coexistent dans des quantités extensives. Cette formule est suivie d'une preuve. V! Suppl. XVJI. . R.

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de partiiM données primitivement) | oe qitt n'wfive pas toujours dans toute espèce de quajititéj mais eitllement pour celles que nous nous représentons et que nous saisissoDfl eatemiv^mefU ootnme telles.

Sur cette syntlièse successive de Timagin^ioft productive dans la création des figures se fondent les mathématiques, de Tétendue (la géométrie) 9^ec leurs axiomes | qui expriment les conflition^' de l'intuition sensible à priori, sous lesquelles aeiilfis le schème d'un concept pur dq phénomène extérieur .est possible; par exemple : Enice deux points il n'y a qu'une seule ligne droite possible; Deux lignes droites ne renferment aucun espace, etc. Ce sont là des axiomes qui ne concernenVpropremaiit que les grandeurs {quanta) , comme telles.

Pour ce qui est de la quantitlp ((jf^ntitas)^ c'està-dire de la réponse à la question : Quelle est la grandeur d'une chose^il faut reioarqaer que sous ce rapport il n'y a proprement aucun axiome, quoique plusieurs de ces sortes de propositions soient synthéliquement et immédiatement certaines (inde" monstrabilia) : car, que 1q 'pair ajouté au pair ou retranché du pair donne le pfiir ; ce sont là des propositions analytiques, puisque je suis immédiatement certain de l'idenXité de la production d'une quantité avec Tautre, au lieu que les axiomes doivent être des principes synthétiques à priori. Au contraire; les propositions évidentes exprimant les rapports

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numériques, telles que tesprq|iodition8 géométriques, sont ^ la vérité abso^ment synthétiques^ muis non générales, et ne peuiént, précisément pour cette raison^ s appehlj^ axiomes, mais seulement formu*les numériques. Que 7 -i- 6 = 12, il n'y a rien la d'analytique. Car je ne pense 1 2 ni dans la représentation de 7, ni dans la repréaeotatton de 5, ni dans la représentation de ces deun nQmbreji (il ne s^agitpas ici de savoir si d2 doit être pensé dans Vadéition de eea deux nombres ; dans la proposition analytique il est seulefnant question de savoir si je penfs réelleniënt l'attribut dans la représentation du sujet). Quoique cette proposition soit synthétique, elle n'est cependant qu'une proposi** tion singulière. En tant que la synthèse de l'homogène (des unités) est la ^seule ctose qjie l'on considèreîci, elle ne peut avoir lii^i que d^une seule manier% quoiqpe Pusage^e ces «jfoinbres soit ensuite général.Quand je dis : un triangle peut être construit avec trois lignes 'dont deux prises ensemble sont plus grandes que la troisième, il n'y a ici qu'une pure fonction de l'imaginaiion productive, qui peut tracer des lignes plus grandes ou plus petites, eteon*slruire des' angles à volonté. Au contraire, le nombre 7 n'est possible que d'une j^eule manière) il en est de même du nombre 12 qui se forme par la synthèse de 7 et de 5. De telrcs propositions ne doivent donc pas être nommées axiome», (car autrement il y

en aurait une infinité)^ mais foi^ules numériques. Ce principe traoscendental^cl^ mathématiques des phénomènes agrandît beauooup notre connaissance à priori ^CSûT seul il rend les mafh^matiqiies pures applicables dans toute leur précision aux objets de Teipérience : ce qui non-.seulement ne serait pas évident de soi sans ce principe, mais qpi a même occasionné plusieurs contradictions. Des i^énoMènes ne sont rien en eux-mêmes, ^'intuition empirique n'est possible que par Tintuition pure (de l'espace et du temps) ; par conséquejit^ce que les géomètres disent de celle-ci vaut aussi, sans contredit, à l'égard de la première. L'on ne peut prétexter que les objets des sens ne doivent pas se conformer aux lois delà construction dans l'espace (v. g,, à l'infinie divisibilité des lignes ou des angles); car on contesterait par là même toute valeur objective à l'espace et à * toutes les mathématiques, Bt Ton nç saurait plus pourquoi ni jusqu'à quel point ces dernières sont applicables aux phénomènes. La synthèsedçs espacesetdes teinps, comme formes essentielles de toute intuition, est ce qui rend en même temps possible l'appréhension du phénojnène, par conséquent toute expérience extérieure, et par suite aussi, toute connaissance expérimentale des objets : ce que prouvent les mathématiques dans leur applicatioti pure à cette synthèse sera également valable par rapport à l'ji^périence. Toutes les objections q»'on fait contre, cela ne sont

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que des chicanes d'une raison mai éclairée, qui pense à tort aiTpâncb^r les objets des sens de la loi formelle de notre sensibilité, et les ijeprésente comme objets en soi donnés à l'entendement, bien qu'ils ne soient que de purs phéiiomènes. S'il en était ainsi, rien sans doute n'en pourrai1>être coQnu synthétiquement àprioriy et par conséquent par des concepts purs d'espace ; et la science qui les détermine, la géQmétrie en un mot, serait elle-même impossible.

Le principe ^ui anticipe toutes les perceptions comme telles^ est celui-ci : Dans tous les phénomènes, la sensation et le réel cjui lui correspond dans l'objet {realita^. phœfiomenon), est une quantité intensive^ c'est-à-dire un degré,

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