OBSERVATION
Sur TAmphibolie des concepts réfléchis.
Qu'il nie soit permis d'appeler lieu transcendental la place que nous avons assignée à un concept, soit dans la sensibilité, soit dans l'entendement pur. De cette manière, ladéterminationdelaplacequi convient à tout concept, suivant la diversité de son usage, et la méthode propre à fixer ce lieu par règles pour tous les concepts, serait la Topique transcendentale ; science qui garantirait fondamentalement des surprises de l'entendement pur et des illusions qui en sont la suite, puisqu'elle distinguerait toujours à quelle faculté cognitive appartiennent proprement les con-
TRANSGENDENTALE. 297
cepts. On peut appeler totU concept^ tout titre auquel plusieurs connaissances sont soumises^ un lieu logique: c'est là-dessus que se fonde la Topique logique d'Aristote, dont les rhéteurs et les orateurs pouvaient se servir pour chercher sous certains titres de la pensée ce qui convenait le mieux à un sujet proposé, et pour pouvoir subtiliser ou parler longuement sur un sujet donné, avec une apparence de profondeur.
La Topique transcendentale ne contient au contraire que les quatre titres précédents de toute comparaison et de toute distinction ; titres qui diffèrent des catégories en ce qu'ils ne présentent pas l'objet suivant ce qui compose son concept (quantité, réalité), mais en ce qu'ils représentent seulement dans toute sa diversité la comparaison des représentations qui précède le concept des choses. Cette comparaison a besoin, avant tout, d'une réflexion, c'està-dire d'une détermination du lieu auquel appartiennent les représentations des choses comparées, afin de savoir si c'est l'entendement pur qui les pense^ ou si la sensibilité les donne dans le phénomène.
Les concepts peuvent être comparés logiquement, sans pour cela qu'on se soucie du lieu auquel appartiennent leurs objets, c'est-à-dire si, comme noumènes, ils appartiennent à l'entendement, ou si, comme phénomènes, ils appartiennent à la sensibilité. Mais
m, q(¥M ees e oaeepb^ bous ¥Ou1om aviver tun obj«|9, il e9^ beseÎB avant tout d'une réflexloii transeenden^ taie pour savoir à quelle faeulté cognitii^e soBt soomiB lea objets, si o^est à rentendemeat pur ou à la sensibilité. Sans cette réflexion, je fais un usage trèsincertain de ces opnoepts, et de là de prétenfius principes synthétiques que \% raison opi tique ne peut reçonnattre, et qui ne sont fqndés que sur une ampliibolie tr*nsceqç|enta,le, c'est-^^-dire sur |a çqnfqsipn (Je l'objet intellectuel pur avec le phéno-
mènet
A défaut de cette Topiquei transcendentale, et paf copséqiient trompé par Tamphiboliedes concepts réfléchis, je çélèl3re Leibnitz édifia un système intel^lectuel du rnondej^ pu plutôt crut connaître la nature intime des choses, puisqu'il compara tous le^ objets seulement avçc l'entendement et avec les concepts formels et abstraits de la pensée. Notre table des concepts réfléchis nops procure l'avantage inattendu de nous faire voir ce qu'il y a de particulier dans toutes les parties de la doctrine de Leibnitz (1], et en même temps la cause de cette manière particulière de penser, laquelle cause ne portait que sur une équivoque. Leibnitz compara tputes ehoses les unesk aux autres
(i) Das Unterscheidende seines Lehvhegriffes in allenseinen Tlpeil^n^ ete. Cje pass^ga senibleavojr été entendu un peu djiféremmenll par le traducteur italien : il s'agirait ici, suivant lui, de ce que Leibnitz appelait le discernable, par opposition à l'indiscernable. T.
pfdr coTM9^9 seatmtent, et ne troKVai trèd-natorelk^ ment d'itutree diffireticea que eelles par lesqnellefl PeBtetïdement didlingue eeè eoneepts purs les uns desf autrei^^ Il méeonnfit les eonditions de rintuition sensible, conditions qui portent en elles leurs dîfléreiicea propres; oar la sensibilité n'était pour lui qu'une espèce de représentation confuse, et non unp source particulière de représentations ) le phénomène était pour lui la représentation de la thMe en $oi, quoique différente de la connaissance par T entende-^ ment, quant à la forme logique, puisque la sensibi» lité, qui manque ordinairement d'analyse, entraîne dans le concept de la chose un certain mélange de re^ présentations concomitantes les unes des autres, que l'entendement sait en séparer. En un mot, Leitmit» intellectiuilise les phénomènes, comme Locke senfuù'^ lise tous les concepts de l'entendement, suivant un système de Noogonie ( si je puis me servir de ce mot), c'est-à-dire les fait passer pour des concepts purement empiriques, ou pour des concepts réfléchis abstraits.
Au lieu de chercher dans l'entendement et dans la sensibilité deux sources très-différentes de représentations, mais qui ne peuvent juger objectivement des choses d'une manière valable qu'autant qu'ils jugent conjointement^ chacun de ces grands hommes s'attacha seulement à l'une de ces deux sources, la rapporta immédiatement aux choses en soi, tandis
que Tautre source ne faisait que confondre ou ordonner les représentations de la première.
Leibnitz compare donc entre eux les objets des sens comme choses en général dans l'entendement seul:
i"" En tant qu'ils en doivent être jugés identiques ou différents. Et comme il considérait seulement les concepts de ces objets et non leur place dans l'intuition, dans laquelle seule les objets peuvent être donnés; comme il négligeait complètement le lieu transcendental de ces concepts (oubliant d'examiner si l'objet doit être compté parmi les phénomènes ou parmi les choses en soi ) : il ne put manquer d'étendre aux objets des sens (mundus phœnomenon ) son principe des indiscernables, qui n'est uniquement valable que pour les concepts des choses en général, et de croire avoir reculé par là de beaucoup la connaissance de la nature. Assurément si je reconnaissais une goutte d'eau comme une chose en soi, quant à toutes ses déterminations internes, je ne pourrais accorder que Tune de ces gouttes est différente d'une autre, si son concept total est identique avec elle. Mais si cette goutte est un phénomène dans l'espace, elle a alors son lieu, non simplement dans l'entendement (parmi les concepts), mais encore dans l'intuition sensible extérieure (dans l'espace); et comme les lieux physiques sont indifférents par rapport aux détermina-
TRANSGENDËNTALE. 301
tions internes des choses, un lieu = b peut tout aussi bien recevoir une chose égale et absolument semblable à une autre chose qui se trouve dans un lieu = a y que si cette première chose différait beaucoup intérieurement de la seconde. La diversité des lieux fait que la multiplicité et la différence des objets comme phénomènes sont non-seulement possibles en soi, mais encore nécessaires, sans autre condition. Cette loi apparente n'est donc point une loi de la nature, c'est seulement une règle analytique de la comparaison des choses par simples concepts. 2^ Le principe, que des réalités (comme simples affirmations) ne répugnent jamais logiquement entre elles, est une proposition très-vraie touchant le rapport des concepts, mais qui est sans valeur aucune par rapport à la nature, et surtout par rapport à une chose en soi (dont nous n'avons aucun concept). Car il y a lieu à une contradiction réelle partout où a — 6 =0,(1), c'est-à-dire où deux réalités dans un sujet font mutuellement disparaître leur effet respectif, ce que tous les obstacles et les effets opposés dans la nature des choses mettent continuellement sous les yeux; effets qui, ayant leur raison dans des forces, doivent cependant être appelés realitatis phœnomena. La mécanique générale, en considérant l'opposition des directions, peut donc faire voir dans une loi à
(i) V. la note, p. 292.— Cf. cependant, p. 233-235, 30i, 3H . Pareillement, elc. a. i . T.
302 LOGiQW
priori, la, coodition empirique de eeCte jopfo&itws^ canditian dont le oonirept traosceodental de la réa^ lità M sait abioLumeut rien» Quoique Leibniiz jt'ak j>ag aADOftcé «ette propoftitioii coaune Bouvelle^ il Ta bit ^cependant servir à de ivouveile» a^&rjna^ li<Hi8^ et ses sueoesseurs l'oot introduite expresse^ ment dans leur doctrine Let6mteo-Wo//)eniie.
D'après ce principe, tous les maux, par exemple, ne sont -que des oonséquences des limites des créatures, c'est-à-dire des néjgatians, parce que ces négalions sont l'unique chose qui r^ugneà la réalité ^et il en est effectivement ainsi dans le simple «oncQpt de choses en général^ mais non dans les choses comme phénomènes). Lies sectateurs de Leibnitz trouvent de même qu'il est non-seulement possible, mais naturel même, de .concilier toute réalité dans un être, sans crainte d'opposition^ parce qu'ils ue reconnaissait d'autre opposition que celle de la contradiction (par laquelle le concept d'une chose même disparaîtjt; mais ils ne connaissent pas ToppositicHi de perte mutuelle qui a lieu lorsqu'un principe réel détruit l'effet d'un autre. C'est dans la sensibilité seule que nous rencontrons les contradictions nécessaires pour nous représenter cette opposition ou contrariété.
S"* La monadologie de Lekbnitz n'a d'autre fondement que la distinction faite par ce philosophe etitrte TinteTne et TeiLterne par T^ppofrt'à Teuten-
TRAN9QENBeNTALE. âOS
detnent. Les suèstaoceB «n géoéral doivent avoir -quelque ehose d'in^ne ^ qui par ceciséq«pmt eoit indépendant detoas rapports extériearsi^ Bt, par €ai<ie aussi, tesiempt de tmfipositioQ. lie simpte est donc le fondement de l'interne des choses en set^ mats riî3terne 4e leur état ne peut plus eonsisier dans le lieu^ la forme, le eon6act ou le mouvement (déteFiBi«at4olBs qtii sont toutes des rappei^ts ^xtet^toes)]; *et ilotis ne pouvons pas attribuer aux snb*staaces â'^âulre étfft interne que œtiui par lequel nous déterminons nous-mème notre sens intime^ je veux dire Vétat des représentations. C'est ainsi tout justement qtie furent faites les monades^, qui doivent composer k matière première de tout l'univers; leur force active ne consiste que dans des représentations par lesquelles elles ne sont proprement actives qu'en elles-mêmes.
Mais .par cette raison précisément, le principe du commerce»possible des substances entre elles dut être une harmonie préétablie^ et ne pouvait consister «en une influence physique. Car n'étant occupé qu'à l'intérieur, c'est-à-dire que de ses représentationa, l'état des re^présentations d'une substance ne pouvait consister dans aucune union active avec l'état d'une autre substance. Il fallait donc imaginer une troisième substance qui influençât toutes les autres substances ensemble et qui en rendît les états correspondants entre eux, non,, à la vérité, par un aecours ocoa-
sionnel et donné dans chaque cas particulier («y «^enia (is$istetUiœ)j mais par l'unité de Tldée d'une cause valant pour tous les cas, dans laquelle toutes les substances doivent trouver leur existence et leur permanence, et par conséquent aussi contracter une correspondance mutuelle suivant des lois générales.
4^ Le fameux système de Letbnitz sur le temps et Yespace, dans lequel il intellectualise ces formes de la sensibilité, provenait uniquement de cette même illusion de la réflexion transcendentale. Si je veux me représenter par l'entendement seul les rapports extérieurs des choses, je ne puis le faire que par le moyen d'un concept de leur action réciproque, et si je dois unir l'état d'une chose à un autre état de la même chose, je ne puis le faire que dans l'ordre des principes et des conséquences. Ainsi, JLet6mïiS conçut l'espace comme un certain ordre dans le commerce des substances, et le temps comme la conséquence dynamique de leurs états. Mais ce que l'espace et le temps ont de propre et d'indépendant des choses, ce que l'un et l'autre semblent posséder en eux-mêmes^ il l'attribua à la confusion de ces concepts, confusion qui faisait que ce qui est une simple forme de rapports dynamiques est considéré comme une intuition propre existant par elle seule et précédant les choses mêmes. L'espace et le temps étaient donc les formes intelligibles de l'union des choses en soi (des substances et de leurs états). Mais les choses étaient des
TRANSCBNDENTALE. 3Ô5
Sïxh^tSiXïce&'\Qie\\\g\hles (substantiœnoumena). H voulait néancnoiDS faire valoir ces cooeepts comme des phé* Domènes, par la raison qu'il ne reconnaissait aucune espèce d'intuition propre à la sensibilité, et qu'il cherchait dans l'entendement toutes les représentations, même les représentations empiriques, ne laissant aux sens que la méprisable attribution de confondre et de brouiller les concepts de l'entendement.
Mais quand bien même nous pourrions aussi dire quelque chose synthétiquement par l'entendement pur touchant les choses en elles-mêmes (ce qui est toutefois impossible), cela ne pourrait cependant se rapporter en aucune manière aux phénomènes, qui ne représentent pas les choses en soi. Dans ce dernier cas, je ne devrai donc jamais comparer mes concepts, dans la réflexion transcendentale, que sous les conditions de la sensibilité, et alors l'espace et le temps ne sont, non des déterminations des ehosps en soi, mais des déterminations des phénomènes/ J'ignore ce que les choses peuvent être en elles-mènies, et je n'ai même pas besoin de le savoir, puisqu'une chose ne peut jamais se présenter àmoi que dans le phénomène.
Je traite de la nême manière les autres concepts réfléchis. La matière est substance-phénomène {subsiantia phœnomenon). Je cherche ce qui lui convient intérieurement dans toutesles partiesde Tespacequ'elle occupe, et dans tous les effets qu'elle produit, effets qui ne peuvent toujours être assurément quedesphé- 1. 20
306 LOfiIQII&
muiiièneB du vesaort dea sens exteroes» Je. u-bL doue neo, il est vsai, d'absolumontinterne^ioai&biei»: quelque chose, de com{>aratLveoieati internd^ seulâmoiit, qui:Dé8ul|e.eQooiie«dei]AppQrli64 Mtemauoi^i Sfei^' ^ort intente' absolu- (quant à V^mteDdement- par)i de 1a. matièca. est auaai uqe. puare. afaûnàoer;! <SAr mAh part la malière n'est L'objet d6^ lieQte^demeftt^pur: l'objet traDSCfiBdentaltqui peut ât[f*er.«lfi)fioiidefD0Qi^ de ce phénomèneque^aous appelons la» matière est simplement un* je ne. s^isquoi^ dont nousnei GomprendrioDs-. paeb davantage Uessence^ Iots marne* qu'elle pou r rai t nous^ être exposée par» quelqui un^ ; . oar -nous ne pouvons rien comprondre quoioe qui emporteiavec soi dans Uintuition quelque chose da. oorcespoochi^t à nos expreaeionSé. Se< plaindre de.ne.pa&ofiwre^vâtn IHntérieundes chçses»^ o'e&tseplaindmdene^pas^ai^'^ sir p^ivl'^otefiâenient pur ce que leaffCbosfiB^quiinûus apparaissent' scmti en elles-mêmes; Ges* {ointes .sont donc injustes et^ déraisonnables; car oui v^Aidrait pouvoir cQnnaîlre' les* choses, etf paiv ceiiséépient apercevoir^ et'oela oependant-sans le secourssdfs^ens: on Tendrait donc avoir une faculté dejCocffnftître>eDtièrement' différente de celle deTi^hamme^ non^seulement en degré^ mais encore quant à«lïntuitio»'et à' Tespèceç on voudrait doncne pas ètre^d^is^h^fnmes, mais des créatures dont'nous<' ne- pouvons «pas^ même di re si elles sont' possibksv et bien r meins encore ce au'elles sont* L'observation' et il^analiysede& paenomènes pénètre l intérieur de la nature, et l'on
tie petit savoir jusqu'où eflës peuvent aller 'avec le temps. Mais les questions traDscendentales qui dépassent la nature ne pourront cependant jamais être ï^esolues par nous, quand même la nature entière se laisserait voir a découvert, puisqu il ne nous est pâë' m^éWê^ 'donné d^observernofre p/Kphè espiJit 'avec" une autre intuition que celle du sens intime; et cependant l esprit renferme le secret de lorigine de notre sensibilité. Le rapport de la sensibilité à un objet, ce qui est la base transcendentale de cette unité est sans doute caché trop profondément pour que nous, qui ne nous connaissons nous-mème^ que par le sen3 intime, par conséquent comme phéap^iènes, puissions faire usdge d'un instrument d'investigation si pcw propre à trouver quelque chose autre que des phénomènes, dont nous désirons cependant toujours approfondir la cause impercevable.
Ce que cette critique des conclusions tirées des seules opérations ' de la réflexion nous procure de très-utile , c'est qu'elle démontre la vanité de tous les faiâônnements sur les objets comparés entre eux. daûs l'entendement seul, et qu'elle confirme en même temps ce sur quoi nous avons surtout et si fort insisté, savoir que, quoique les phénomènes ne soient pas compris comme choses en soi dans les objets' de l'entendement pur, ils sont cependant les seiiléâ" éhbses en qu6i notre connaissance puisse
avoir une réalité objective, c est-à-dire en quoi l'intuition correspond aux concepts.
Quand nous ne réfléchissons que logiquement, alors nous comparons nos concepts entre eux dans Tentendement, pour voir si les deux concepts comprennent la même chose, s'ils se contrarient ou ne se contrarient pas, si quelque chose est intrinsèquement compris dans le concept ou s'y ajoute extrinsèquement; et quel est de deux concepts celui qui doit valoir comme donné, quel est, au contraire, celui qui ne doit valoir que comme une manière de concevoir celui qui est donné* Mais si j'applique ces concepts à un objet en géuéral(dan8 le senstranscendental), sans déterminer davantage cet objet, pour savoir si c'est un objet de l'intuition sensible ou de l'intuition intellectuelle, aussitôt se manifestent des limites ( pour empêcher de sortir du concept de cet objet) qui interdisent tout usage empirique de ces concepts et prouvent par là que la représentation d'un objet, comme chose en général, n'est sans doute pas simplement insuffisante, mais que si, de plus, elle est sans détermination sensible de cet objet, et indépendante de toute condition empirique, elle est encore contradictoire; qu'il faut, par conséquent, ou faire abstraction de tout objet (dans la logique), ou, si l'on en prend un, le penser sous les conditions de l'intuition sensible; par conséquent, que l'intelligible, pour être perçu, exigerait
une intuition tout à fait particulière qui nous manque^ et à défaut de laquelle il n'est rien pour nous. D'un autre côté, les phénomènes ne peuvent pas non plus être des objets en soi ; car, si je conçois simplement les choses en général, alors assurément la diversité des rapports extérieurs ne peut pas faire une diversité des choses elles-mêmes, mais celle-ci est plutôt supposée par la première; et, si le concept de l'une de ces choses ne diffère pas intrinsèquement du concept d'une autre, je ne fais que mettre une seule et même chose dans des rapports différents. De plus, par l'addition d'une simple affirmation (réalité) à une autre, le positif est même augmenté, et rien ne lui est enlevé ou retiré. Le réel dans les choses en général ne peut donc être contradictoire, et ainsi du reste.
Les concepts de la réflexion, comme on l'a fait voir, ont, par une certaine interprétation vicieuse, une influence telle sur l'usage de l'entendement, qu'ils ont pu conduire un des plus pénétrants philosophes à un prétendu système delà connaissance intellectuelle, suivant lequel on déterminerait les objets sans l'intervention des sens. C'est pourquoi le développement des causes trompeuses de l'amphibolie de ces concepts, à l'occasion de faux principes, est d'une grande utilité pour déterminer sûrement les bornes de l'entendement et garantir de ces écarts.
On doit dire, à la vérité, que tout ce qui convient
à un concept générai convient ou répugne aussi à tous les concepts particuliers compris dans ce concept fiénéral { diclum de Omni et Nullo); mais.il serait absurde de conclure de là que ce qui o est pas eom-
a pris dans un concept général ne 1 est pas non plus ans les concepts particuliers qu il renferme: car ceux-ci ne sont des concepts particuliers que parce
qu ils contiennent plus qu il n est pense dans le çon-
ttK ^i^nfito-i - X t , '• '«1* f /• 0{4(K .»Tir..
CQpt général. Or, c est cependant réellement sur ce
le principe, avec toute ,1 amphibolie qui en resuite,
ans 1 usage de 1 entendement.
Le principe de r indiscernable se fondait propre-
ment sur la proposition que si, dans le concent d'une
chose en général, il ne se trouve pas une certaine dîffé-
rence, elle ne se trouve pas non plus dans les choses mêmes; par conséquent que toutes les choses qui ne se aisilnguent deja pas les unes des autres dans le conôèpt^^'quant à la qualité, sont parfaitement identiques (nurtiêro ecidem). Maîs/commé dans lé simple concent d une chose on lait abstraction de plusieurs conditions nécessaires a une intuition, il arrive, par une singulieré précipitation, que ce dont on tait abstraction est régarde par la raison comme quelque chose qu on ne triràve "nulle part',' et qu'on n^accbrde à la chose que ce qui eàt compris dans le concept qu on s en fait* Le concept d'un pied cube d espace, partout et
TR ANSGIIfDKNT ALE . S 1 1
aimiiMutvfit iqoe je Toudràîs i6 eotuoevoir, «fit^oii soi pàrfaiteiMnt identiqiWk Maki deux piedft cubes ne «ml œpendaot différeote (numéro dimrsa) daos l'eipteéquépar les lieux qu'ils occupent; ces lieux sont lés cdnditions de rintuition dans laquelle l'objet de ceedneepc est donnée conditions qui n'appartiennent pas au concept^ mais bien cependant à toute la sensibiliiéi Pareillement^ il n'y a aueune contradiction dans le concept d'une chose, si rien de négatif n'est lié à quelque chose d'affirmatif j et des concepts simplement affirmatifs réunis ne peuvent engëndl'er aucune négatioui Mais dans l'intuition sensible, dans laquelle une réalité (pâ^ exemple, le mouyement) eât donnée , 6e trouvent ûm condition^ (les directions opposéee) dont on faisait abstraction dans le Concept de mouTement en général, et qui en ne partant que de ce qui est positif, eéro ^ 0, rendent possible une contradiction qui n'a dertaîneme^t pâs le caractère dei la contradiction logique. L'on ne pourrait donc pas dire que toutes le^ réalités se con- Tiennent, parla raison qu'il né se trouve âttfeûueîf èÉ^Utradiction entre leufs eoûcepts (i). Suivant lescotiœpts seuls, l'interne est lé sffbstraftum de tous leid
(i) Si l'on était tenté de recourir ici au subterfuge accoutumé, qu'au moins les realitdtis noumena île peuvent être opposés entre eHes, û famlrait alors donner an exemple de cesnmim^és purs et insensibles, afin que Ton comprit s'ils représentent quelque chose ou Hcfif. Mais Où ne pent prendréf é^éxtmpXt que âé Yétpérîéùce. qui ne donne que des phénomènes; él ainsi cette proposition no
rapports et de toutes les déterminations extérieures. Quand donc je fais abstraction de toutes les conditions de rintuition, et que je m'attache seulement au concept de chose en général, je puis faire abstraction de tout rapport extérieur, et cependant il doit me rester un concept de ce qui n'indique pas de rapport, mais de simples déterminations internes. Il semble donc résulterde là que dans tout objet (substance) il y a quelque chose de simplement interne et qui précède toutes les déterminations extérieures,
puisque ce n'est que par lui qu'elles sont possibles, que par conséquent ce substratum est quelque
chose qui ne renferme plus aucun rapport extérieur, et qui conséquemment est simple (car les choses corporelles ne sont toujours que rapports, au moins des parties entre elles) ; et comme nous ne coanaissons d'autres déterminations absolument internes que celle du sens intime, non-seulement ce substratum est simple aussi, mais encore (par analogie à notre sens intime) déterminé par des représentations; c'est-à-dire que toutes les^choses seraient proprement des monade^ ou des êtres simples doués de représentations. Tout celaserait encore vrai si rien déplus que le concept de choses en général ne constituait les conditions sous lesquelles seules des objets extérieurs peuvent nous être donnés, et dont le
signifie autre chose si ce n'est que le concept purement affirmatif ne contient rien de négatif; ce dont on n'a jamais douté.
TR ANSCENDENTALE . 313
concept pur fait abstraction . Car il est clair alors qu'un phénomène permanent dans l'espace (retendue impénétrable) pourrait contenir de simples rapports, et rien absolument d'interne , et qu'il pourrait être cependant premier substratum de toutes les perceptions extérieures. Je ne puis assurément rien penser d'externe par simples concepts sans quelque chose d'interne, par la raison précisément que les concepts relatifs supposent des choses absolument données, sans lesquelles ils ne seraient pas possibles. Mais il y a dans l'intuition quelque chose qui n'est pas dans le simple concept de chose en général, et ce quelque chose nous donne le substratum qui ne pourrait être connu par les concepts seuls, savoir un espace qui consiste, avec tout ce qu'il comprend, dans des rapports purement formels ou même réels. Je ne puis donc dire alors, sous prétexte qu'aucune chose ne peut être représentée par de simples concepts sans quelque chose d'absolument interne, qu'il n'y a dans les choses même comprises sous ces concepts, ni dans leur intuition^ rien d'externe qui n'ait pas pour fondement quelque chose d'absolument interne. Car, quand nous avons fait abstraction de toutes les conditions de l'intuition, rien assurément ne reste dans le simple concept, si ce n'est l'interne en général et son rapport avec lui-même (1), rapport par lequel seul
(1) Dos VerhàltnUis desselben unter einander. Son rapport muluel. T.
^4 Mismm
UBifoemâo^ âur r^dMrtmotioo, à'a fM Utea d«ns les
avf^ des déteriiDi&atioM qui a'etfNÎiiieot que des ca|>port9| sans avoir quelque chose d'iateri» pour fffi)demafit^ parce qu'elles ae sootp^a des cfaoftoe en soi, mais fiei^leinapt d«s ph^oâmèfies. {tous ine oonoaisspM <}#w ia maiièr^ que de simples rapports (ce qwnoQê ^0 appelons les déterminâtiotis iiiteroes n'jQSt int9rne que comparativemeQt) \ mais, parmi ces rapports, il en est de permanents par lesquels un objet déterminé nous est donné. De ee que^ si je fais abstraction de ces rapports, je n'ai plus rien à penser, le concept de chose, comme phénomène, n'est point eiile?^ par là, ni le concept d'un objet m abBtfaclOj mitis bien toute possibilité d'un objet qui soit déter-^ npiiqable par l^s concepts seuls, o'èsb<'à-«>dire la possibilité d'un nounàène. Sans doute qii'il est surprenant 4'entenclre dire qu'une chose doit conàister tout entière en rapports; mais aussi une telle chose est simple phéqpn)ène, et ne peut être pepsée par des catégories pqres; elle consiste dans les seuls rapports «de quelque chose en général avec le» sens. De même , on ne peut concevoir les rapports des choses in abstraetQj en commençant par les seuls concepts, qo'autant que l'un est cause desdéteirmiba4;îons de l'autre; car tel est notre concept intellectuel de rapport même. Mais, comme nous faisons alors abstraction de toute
;?* .Çft^iH^ts iRpr^mF* .^PtPHig\WÇ8 ^qnp ^i^ife. dons .les i^l^o?^ ^p^ii^es .j^ ^^e» (jaj^qrifis ^tf» sans aupi^n s^M°i.e.4.e ,^a ,^pnp,\bU^é^ Pf?4»^^|? .sqftf
de tous nos <50fl()epts Àfltellectu^^ç «st ^^i,nfiftjjy?j^
^Vjl?,^ P^V.8 sçptj^.PP.^és; ,e^t si np.iw ifm^ 9^imr *W .4® ^® ffl9*^' ^®^ W.P<^ts fl>ur,çpt ^i^^9 Raj^rr pojr,tàu,p obie^t. Et ,#m.^ si ^us çjjpposQft? «gp ^u,ti;e espèoe ,d'injl^ti,9fl que nçtrie inji^i^Qn ^çj^ibjp» les {onc\l<fffs ,4e iw?itr§ ,p^nsé,e ^^ot ,à ^pn ^f^ mi9 aucune vajei^f . ^ai;? ^ten^pa?^î^g ge^temept |mh? objejts jnfelljgibjles <)jB8 ofejpt» 4'jaq« mUiiim POU sensiblp, tpucjfafl^ le3qij.ç}s noç p^tpgQfieg pp ¥»)^Q( pas, il psf yrai, ^^pg dpfjtp, et ^ppt gpps pe pop^r ypn^ par CQf}9.^qppnt jaipa^s ^voir jupppp cpppjii^ sance (soi^ in|;uitipp, soit copcept) ; ^Iqrs i| fapdr;^ certainement admettre deç poppo^ne^ |]{^ps pe seq^ purement pégatif;, puisqu'ils signifient sin)plepipp( que notre espècp d'intpitipn pp s^ rapporte pas ^ toutes chpses, vç^&\f seplemept apx pl\iet^ ^% po^ sens ; que par conséquppt sa Yf^l^^r objecti\fi çst \fifixn i^ée, et qu'il y a pppt-^t^e Upu à ^pe, ft^î^p eçp^ d'^^^uitjon, çt par çonçéqpppt, ^ d'ai^^çç^ cho^ qui
en sont l'objet. Mais alors le concept d'un nouniène est problématique, c'est-à-dire la représentation d'une chose dont nous ne pouvons dire si elle est ou n'est pas possible, puisque nous ne connaissons aucune autre espèce d'intuition que la nôtre, qui est sensible, et aucune autre espèce de concepts que les catégories; mais ni cette intuition ni ces concepts ne sont propres à faire connaître une chose eœtra^sensible. Nous ne pouvons donc agrandir positivement le champ des objets de notre pensée au delà des conditions de notre sensibilité, ni admettre des objets de la pensée pure en dehors des phénomènes, c'est-à-dire des objets nournènesj parce que ces objets n'ont aucune valeur positive. Car il faut avouer que les catégories seules ne suffisent pas pour la connaissance des choses en soi, et que sans les données de la sensibilité, elles seraient de simples formes subjectives de l'activité intellectuelle, mais sans objet. L'acte de la pensée, le penser, n'est pas, il est vrai, un produit des sens, et de cette manière il n'est pas circonscrit par eux : mais il n'est pas pour cela d'un usage propre et pur; car il faut que la sensibilité intervienne, parce que sans elle la pensée n'aurait pas d'objet. On ne peut pas non plus appeler noumène un tel objet de l'entendement pur, car un pareil objet, pour nous, désigne le concept problématique d'un objet pour une tout autre intuition et un tout autre entendement que le nôtre, entende-
TRANSC£NDENTALE« 317
ment qui par conséquent est lui-même un problème. Le concept de noumène n'est donc pas l'idée d'un objets mais c'est le problème invinciblement lié à la circonscription de notre sensibilité, celui de savoirs! des choses peuvent être données dégagées entièrement de leur intuition, problème qui ne peut être résolu qu'indéterminément, savoir, en disant que par le fait que l'intuition ne concerne pas toutes choses indistinctement, il peut y avoir plusieursautres objets. Ces objets ne peuvent donc pas être niés absolument, mais seulement à défaut d'un concept déterminé (puisque aucune catégorie n'est propre^ à le fournir); mais ils ne peuvent pas non plus être: affirmés comme objet de notre entendement.
L'entendement limite donc la sensibilité, sans agrandir pour cela son propre champ, et tandis qulL avertit de ne point prétendre à considérer les choses en soi, mais seulement les phénomènes, il conçoitt un objet en soi, mais seulement comme objet tran»*cendental, qui est la cause du phénomène ( par conséquent pas le phénomène lui-même), et qui ne peut être pensé ni comme quantité, ni comme réalité, ni comme substance (parce que ces concepts exi; ;ent toujours des formes sensibles dans lesquelles ils déterminent un objet); mais nous ignorons absiolument si cet objet peut être trouvé en nous ou hcirs de nous; s'il disparaît en même temps que la sensil 3ilité, ou s'il subsiste encore après la suppression de cedile-ci.
Kifipë^foiiÈl^nù'tiA' noumène cet < objet', pkr la'ràisOti qxtë' sa rêprëéëntatfôn n'èât'yàs séhsi^ië^ soi^.' Mh* cottfHW^^tiS' ne 'pdtt'vffDa''a^pii(iùyif aâcun^dé" flW» tiWfcëtft*»- iMelftct^ëW*^ cet" objet;' cette '" ré^re^ 8e«KAtfôti¥ë§té^h(3%âh3V^Ie6f>0tllr'ndU8;e('nesert tffrf^udtttténï'qtt'è iàai\i\!l«f •les"bottiëé dé''notre'entèttdemem-se'nàiby;' àlai^àêi''uh vidé que nôu's ne pott-^anâ bdmblôr'hrpai' ret^érîétice pbà^ibtèV ni par l'éûtdad^lnètit pu^.
Là critique dé cet'éfit'endemeiit pui* ne permet 'àonc pËifde/'se créféf un nouveau cHam^ d'objets en "SetiOrs dé 'ceux "qUi' iui'so'nf offerts comme phénomènes, "ni de à'éta'nfier danà' les mondes întêlligiblès, pas même dans leur co'tiéept.' La fauté qui porte' a cela de la • msctiièré la ^luV séduisante, et ' qui sans ° douté est une" raison d'èxôiisë,' quoiqu'elle né puisse être justiflée, c'est que l'usage de réntèndemént ' est rendu tràiïscendentàt cohfràiremenf à sa 'fin, et que les dbjetS^'c'est-â-diré les intuitions possibles, doivent se rêgleV âu^ dés concepts, et non les concepts sùr'des intuitions possibles (comme conditions sur lesquelles seules' repose la valeur objective de ces concepts). Là paiéàn en est encore 'que Taperceptiori, etavec elle la pensée, précède tout arrangement 13étermîné possible des représentations'.' Nous peiisons "donc qûehiiie chose en génerâly et nous lé défefmînons en partie sensiblement; *mâîs nous distîngàôns'bepèndAH^Tolij^t géûéi^lret' représente m' àbstractoi de'
TRÂNSGBN^BNTALE. 9f^
ceUd manièns de le percevoir. Il nous- roate donc une seule maDière de le détermitier' simptement par' lit pensée, maDÎère qui est; à la vérité, une^simple forme logique' san»contenu>, mais qui cependatit^ nous semble^ être^ un modë'd^esistenee de- l'objet en soi (notiimn(m)y sans ég^rd à* l'intuition, qui est restreintes à> notre* sensibilité.
A*vaDt de quitter l'analytique tranbcendfentàle , nous devons encore ajouter» queltjue chose qui, quoique' sans* être d'une grande* importance par soimême, pourrait cependant paraître indispensable à l'intégralité du» système. Le concept' le plus élevç d'où la philosophie transcendentalè a coutume de partir est ordinairement la division générale en possible et'en impossible; Mais, comme toutfe division^ suppose un concept divisé, un concept plus élevéeneore doit^êlre donné, et ce concept est celui d^un objet' en général (pris proMématiquetaetïf, sans déterminer s'il est quelque cfeoseîoU' ri^n*)* Puisque les catégories sont les^ seuls concepts- qui se rapportent aux objets eux-mêmes, la distinetiond^un* objet sur la question de savoir "s' il 'est' quelque chose ou s'il n'est rien procédera suivant l\>rd]^e et la direction des catégories*
!• Aux concepts de totalité, de pluralHé etd^ùnité, est opposé celui qui supprime tout, c'est-à-dire celui A' aucun; et ainsi l'objet dknn oosisept* aiu)iiei'
aucune intuition indicable oe correspond == rien ; c'est^à^lire que c'est un concept sans objet, comme les noumènes, qui ne peuvent être comptés parmi les possibilités, quoiqu'ils ne doivent pas pour cette raison être donnés comme impossibles {entia ratioms); ou peut-être comme certaines forces primitives nouvelles , que Ton pense, à la vérité sans contradiction, mais aussi sans exemple tiré de* Texpérience par la pensée, et qui ne doivent conséquemment pas être compris parmi les possibilités.
2. La réalité est quelque chose, la négation n'est rien ; c'est un concept de l'absence d'une chose, comme l'ombre, le froid (niAtf 'pnoaii'oum).
3. Lasimple forme de l'intuition, sans substance, n'est pas un objeten soi, mais seulement la condition simplementformelle d'un objet (comme phénomène) , par exemple Tespace pur, le temps pur [em imaginarium), qui sont, à la vérité, quelque chose comme formes, pour percevoir, mais qui ne sont pas des objets qui soient perçus (1).
4. L'objet d'un concept qui se contredit n'est rien, parce que le concept rien est l'impossible; à peu près comme la figure rectiligne de deux côtés (nihil negativum).
La table de cette division du concept de rien (car la division du concept de quelque chose, semblable
(i) Vens imaginariunij qui se trouve plus haut, a été reporté ici dans les éditions suivantes. T.
à celle-ci, se fait d'elle-même) devra donc s'exécuter ainsi :
Rien,
comme :
Concept vide sans objet , ens rationis ; 2. 3.
Objet vide d'un concept, Intuition vide sans objet, nihil privativum; ens imaginarium ;
Objet vide sans concept, nihil negativum.
On voit que l'être de raison (n" 1) diffère du rien négatif ou de la non-chose (n" 4), en ce que le premier ne doit pas être compté dans la possibilité, parce qu'il n'est qu'une simple fiction, tandis que celui-ci est opposé à la possibilité, puisque le concept se détruit lui-même. Mais tous deux sont des concepts vides ou vains. Au contraire, le rien privatif (n° 2) et V être imaginaire (n" 2), sont des données vides pour des concepts. Si la lumière ne s'offre pas aux sens, on ne peut se représenter aucune obscurité, et si les êtres observés n'étaient pas étendus, aucun espace ne pourrait être représenté. La négation, comme la simple forme de l'intuition, sansquelqup chose de réel, ne sont pas des objets.
(Pag. H de la dédicace.)
BACO DE VERULAMIO
Instauratio Magna» Prmfatio,
De iiobis ipsis silemus : de re aulem quse agilur petimus ut iiomiries eam non opinionem, sed opus esse cogitent; ac pro cerlo Jmbeanl îion seclee nos alicujus, aul placiti, sed utililalis et ampli-,. Uidlnis humana^ fundamenla nioliri. ûeindè ut suis pommodis œqui in commune consulanl, et ipsi in parlera veniant. Prœterea, ut bene sperent, neque inslauralionem nostram ut quiddam infinitum et uUra morlale fingant elanimo concipiant, quum rêvera sit intinili crroris finis et terminus legilimus.