‹ La critique du Darwinisme socialChapitre 37 sur 94 · I. Voir [.lus Ikis, |i. iilS l't · texte numérisé non relu

I. Voir [.lus Ikis, |i. iilS l't

gnes. Nulle part et à aucune époque, pas plus « à l'origine » que sous le règne de Louis-Philippe, la guerre n'a facilité les moyens de se procurer des subsistances. Toujours elle a produit l'efTet diamétralement opposé.

Je vais passer maintenant en revue quelques-uns des faux raisonnements des darwiniens qui sont les plus répandus, que l'on entendrépéter leplus souvent. Ce sont, si l'on peut s'exprimer ainsi, les lieux communs du darwinisme social.

Commençons par les comparaisons fausses. Deux plantes se disputent un champ; donc, disent les darwiniens, la lutte est une loi naturelle, donc les citoyens des Etats civilisés doivent se massacrer les uns les autres jusqu'à la iin des siècles. Il est difficile de trouver un donc plus arbitraire, car il y a une différence énorme entre les plantes d'un champ et les citoyens des Etats civilisés. Les relations qui s'établissent entre les plantes ne ressemblent en rien à celles qui s'établissent entre les hommes. J'ai déjà critiqué ces comparaisons superficielles au point de vue de la biologie '. Ici je veux faire voir seulement combien elles sont insoutenables au point de vue de la logique. S'il est une règle que tout esprit réllécbi ne doit jamais oublier, c'est bien qu'il faut comparer des faits comparables. Des analogies purement extérieures ne peuvent pas suffire à édifier la science positive. Tous les philologues savent qu'il se rencontre parfois des homonymes entre les langues les plus éloignées. Mais ils proviennent de circonstances fortuites et ne prouvent nullement des parentés linguistiques.

Après les comparaisons fausses, une des plus fortes erreurs des darwiniens est celle que l'on peut appeler l'aberration de la défensive.

« C'est la guerre, dit M. de Molinari-, qui a produit la

Page 1