L HOMICIDE COLLECTIF ET LA SCIENCE
darwinisme était encore cent fois plus cruel, mais vrai, il serait bienfaisant. Le darwinisme social a maintenant un grand prestige précistîment parce qu'il a revêtu un caractère scientifique. Cette théorie a existé à l'état inconscient pendant des siècles. Mais elle a été formulée, d'une façon précise, par des savants, par des biologistes et des sociologues, par des hommes du métier, par des personnalités ayant une haute situation dans la science, seulement dans la seconde moitié du .xix° siècle. Venant d'en iiaut, elle a partagé le respe(;t, si mérité, qu'inspire la science; elle s'est montrée, pour ainsi dire, dans l'auréole de sa majesté, elle s'est répandue parmi les hommes comme entourée d'un nimbe de lumière.
Par suite de ces faits, il est de la plus haute imporlance que la sociologie rompe d'une façon catégorique avec le darwinisme social, qu'elle se déclare nettement anti-darwinienne, qu'elle se prononce pour l'association et non pour la dissociation. Trop longtemps a déjà duré le mensonge contraire, à savoir que la science concluait à la nécessité du massacre éternel et de la tuerie perpétuelle. Rien de plus faux : la science conclut à la fédération du genre humain.
Les vérités fondamentales auxquelles sont arrivées les sciences de la vie peuvent se formuler dans les propositions suivantes :
\. ■ — Domaine liiologique.
1° Les êtres vivants se trouvent, au sein de la nature, dans les relations les plus diverses, allant de l'antagonisme le plus irréductible jusqu'à la solidarité la plus absolue.
2° L'association est un procédé qui intensifie la vie des unités composantes.
W" La combinaison (|ni favorise le plus l'inleiisilé vitale l'emporlc dans les iclalions entre èlics animés.