II. — Domaine social
1° L'association entre semblables, pour combattre le milieu ambiant, est la combinaison qui augmente le plus l'intensité vitale des unités composantes ; donc la fédération du genre humain est l'état naturel, normal et sain de notre espèce conformément aux lois de la biologie.
2° La dissociation est un état pathologique, provenant de l'erreur de nos esprits. Sans la dissociation, c'est-àdire sans la guerre, la fédération du genre humain aurait toujours existé et aurait été éternelle.
3° Les luttes humaines, dans le domaine social, sont de l'ordre psychique et non de l'ordre physiologique ; elles s'opèrent par la pénétration des idées et non par les tueries entre individus. De deux nationalités en présence, celle qui a lé plus de facultés mentales et qui inspire le plus de sympathies gagne du terrain ; celle qui possède ces avantages dans une moindre mesure en perd.
Beaucoup de naturalistes, confondant les rapports entre êtres vivants qui se servent inévitablement de gibier les uns aux autres avec les rapports entre êtres vivants pouvant s'associer, ont soutenu que l'union totale de l'humanité ne pouvait être établie que sur une base supra-biologique, c'est-à-dire uniquement morale. C'est justement le contraire qui est vrai. C'est la non-compréhensio7i des phénomènes fondamentaux de la biologie qui peut faire croire qu'elle est contre la fédération du genre humain. Quand on comprend exactement les faits de la biologie, on voit qu'elle est pour cette fédération. Une science imparfaite et superficielle, ayant mal observé les réalités vitales, peut se prononcer contre l'union; une science plus avancée et plus exacte est nécessairement pour. Et cela déjà en vertu de la loi fondamentale que chaque être vivant tend à intensifier sa vie et que le maximum de cette intensité peut être obtenu seulement par l'association