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;;. Je comprenils parfaitement que les Anglais puissent ne pas aimer le gouvernement russe et même le peuple russe. Mais cela n'empêche en rien qu'il n'y ail pas deux nations sur la terre dont les intérêts économiques et poiiti'iues soient aussi solidaires (|ue l'Angleterre et la Russie.
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qualifié ces guerres inutiles et niaises de Lutte pour r existence ! Alors la politique puérile de ces grands enfants que sont nos diplomates a revêtu soudain aux yeux des ignorants un caractère auguste et respectable! Les actes les plus vulgaires et les plus indignes du banditisme international ont été aussi alTublés du même nom ronflant. Alors les hommes qui les avaient commis, au lieu d'en rougir, s'en sont montrés fiers, et, naturellement, ils ont été ainsi encouragés à continuer leur œuvre malsaine et néfaste.
Le darwinisme a aussi causé une anarchie morale complète. 11 a tout brouillé. A cause de lui, les hommes ont comme perdu le sens de la rectitude, la compréhension nette de ce qui est le bien et le mal. Il a fait admirer t'c qu'on méprisait et mépriser ce qu'on admirait. Le darwinisme a mis sur le pavois le alruçjole- forlifeur, le strugglew, le nitzschéen et le surhomme. On appelait autrefois ces types des bandits, des arrivistes sans foi ni loi ; on disait que leur vraie place était le bagne. Le darwinisme a changé tout cela. Il a fait de ces bandits les héros du genre humain, les propagateurs de la haute civilisation ; il a affirmé que leur place était au Capitolc. Un qualifiait autrefois de « beau caractère » l'homun; intègre, profondément respectueux du droit de ses semblables, l'homme incorruptible. Le darwinisme a changé tout cela. Le beau caractère est maintenant celui qui triomphe dans la lutte pour l'existence, c'est-à-dire celui qui écarte ses rivaux par les moyens même les plus anti-sociaux, mais les plus expôdilifs. La science sociale d'avant Darwin et un sourd instinct, inhérent au genre humain depuis des siècles, faisaient, considérer comme infâme et dégradant lout acte d'injustice. On veut nous obliger maintenant, soi-disant au nom de la science sociale, ù considérer L'injualice cornuK! conforme aux lois de la nature ! On nous empêche même de prolester. Sitôt que nous voulons soumettre ces
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étranges doctrines à une critique sévère, on prétend nous l'inlerdire, sous prétexte qu'elles résultent de la sociologie pi(re!
Il est facile de comprendre quelles désastreuses conséquences a eues sur les esprits contemporains la dilTusion de toutes ces erreurs, faite au nom de la science. De là vient le douloureux dualisme dans lequel- nous nous débattons actuellement, ballottés entre les intuitions profondes do notre entendement et ce qu'on prétend nous donner comme le dernier mot de la science. Ce dualisme endolorit nos âmes. 11 est en grande partie la cause du courant pessimiste qui sévit de nos jours. De là, une crise aiguë dans les pays européens, un grand dégoût de la vie, une forte dépression qui chasse la joie et la gaieté. Partout règne une humeur rogue, intransigeante et hai'gneuse, qui repousse les sages concessions et les mutuels accords par lesquels la bonne humeur, l'entrain et l'espérance seraient revehys parmi nous.
On sait aussi quelle néfaste inlluence le darwinisme a exercée sur la littérature. Il nous a valu, en partie, ce romantisme à rebours, qu'on a qualifié si inexactement de naturalisme. Les romantiques créèrent des êtres hors de la réalité et les affublèrent de mille qualités qu'un seul individu ne pouvait pas posséder. Les « naturalistes » créèrent des êtres affublés, eux, de toutes les monstruosités et de tous les vices. Rien de moins naturel que le « naturalisme ». Les hommes, en immense majorité, sont des caractères médiocres et, si l'on veut s'en tenir à la réalité, c'est ainsi qu'il faut les peindre. Mais la tendance à voir le monde à travers le prisme du massacre universel, que le darwinisme mit à la mode, poussa la littérature dans la direction triste et sinistre. On se complut à représenter l'homme seulement sous ses aspects honteux et odieux. On nous, conta des histoires sombres, où il n'y avait pas la m*oindrc éclaircie. Tout cela était complètement faux: car, dans la nature, s'il y a des jours oii le soleil est voilé
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par les nuages, il y en a d'autres où il brille du plus magnilique éclal. Dans la société, il y a des fripons et des assassins, mais aussi des braves gens et de beaux caractères. Les hommes commettent des actions viles et odieuses, mais ils en commettent aussi de nobles et de grandes. De même que le darwinisme fit oublier le phénomène universel de l'association, à côté de celui de la lutte, il contribua, en littérature, à faire oublier le bien, à côté du mal. Il créa le roman fangeux et la pièce rosse. Il nous fit passer au théâtre des soirées plus pénibles que nos journées. La comédie sur les tréteaux se fit plus laide que la comédie humaine.
Le darwinisme a été un véritable poison. 11 a aveuglé les hommes. Ou plutôt, il a été comme ce mauvais sort dont on parle dans les contes de fées. Il a marqvié en toutes lettres une éclipse. de l'esprit humain. Par la faute du darwinisme, la moitié des phénomènes de l'univers ont été voilés pour nous. On a vu la dissociation et la lutte, on a été incapable de voir l'association et l'accord.
Le darwinisme est venu réveiller les traditions de banditisme qui sommeillaient dans nos âmes et qui commençaient à s'atrophier. Il provoqua une violente explosion de brutalité. Il causa une régression qui nous fit perdre les résultats d'un labeur libéral, péniblement poursuivi pendant deux siècles par la pensée europi-enne L'œuvre des encyclopédistes a élé presque ruinéi^ par le darwinisme. Nous sommes, avec nos théories brutales de l'heure présente: « la force pi'ime le droit; la guerre [yroduit une sélection favorable dans l'espèce humaine », etc., bien en arrière de Monicsqnieu et de Voltaire. Depuis bientôt quarante ans, h; darwinisme nous fait vivre dans un formidable cauchemar, dans une espèce de délire homicide. Le darwinisme (!st certainement l'une des causes de l'assauvagissemeut rcdatifdans lc(|iii'l est IouiIm'i' l'iMirope après le traité de P'rancfurl.