‹ La critique du Darwinisme socialChapitre 90 sur 94 · I. HOMICIDK COLLECTIF ET LA SCIENCE S'.lli · texte numérisé non relu

I. HOMICIDK COLLECTIF ET LA SCIENCE S'.lli

Le darwinisme a exercé une influence des plus funestes sur lii politique par ses généralisations dernières. Puisque la lutte est la loi de la création, on en a conclu que l'anarchie internationale qui sévit de nosjours et le militarisme outrancicr qui en est la conséquence sont l'état naturel et, par suite, éternel Au genre humain. J'ai montré plus haut que cette idée est erronée et que l'idée diamétralement opposée est vraie ; mais on ne saurait contester que le darwinisme social a grandement contribué à donner de la popularité à l'idée fausse et à éclipser l'idée vraie. Encore à ce point de vue cette doctrine a été des plus funestes.

L'erreur et la vérité sont l'une et l'autre des faits naturels. Mais, parce qu'elle est un fait naturel, l'erreur doitelle nécessairement l'emporter toujours? La vérité aussi est un fait naturel.

Dans l'impossibilité où nous sommes de savoir quelle idée l'emportera dans le monde, nous devons lutter de toutesnos forces pourpropager la vérité. Et, chose curieuse, les darwiniens, qui partout ailleurs font de la lutte le facteur unique du progrès, déclarent que la lutte est inelTicace sur le terrain mental. Ils s'imaginent que les vieilles idées sont étcrnelhîs et que les nouvelles ne pourront vaincre jamais. Ils s'imaginent que la spoliation paraîtra éternellement avantageuse. (Cependant les darwiniens ne peuvent pas contester (jue nos idées actuelles ont aussi été nouvelles à une certaine époque et qu'elles ont déraciné des idées plus aniiques, (|ui paraissaient éternelles et immuables.

Certains naturalistes comprennent parfaitement les lîll'els désastr(!U,v des théories darwiniennes, mais ils se ligurcnt qu'on ne peut les combattre qu'en se pla(;ant sur le terrain de l'altruisme et du sentiment. J'ai cité [«lus haut un passage de M. Le Danlec ', où il aflirme qu'il y a une différence fondamentale entre la loi nalurelle. et les arran-

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