‹ La Critique Et La Religion Chez David HumeChapitre 13 sur 38 · CT) M D · texte numérisé non relu

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sommes ce que nous sommes » II, 38. Ce culte ne doit pas dégénérer en superstition; ni statue, ni peinture que l’on estime représenter Dieu; rejet de toutes les flatteries et, comme nous ne pouvons rejeter cependant toutes les expressions imparfaites consacrées par l’usage, nous ne devons pas leur attacher une signification qui ne convienne pas à leur application présente. Ce culte doit être public et l’on doit arrêter des formules de prières « les mieux digérées et les plus excellentes que nous pouvons ou nous faire ou nous procurer ». 11,52.

La Religion naturelle prépare la Religion révélée. « Ce qui est immédiatement révélé de Dieu doit être comme toutes les autres choses, pris pour ce qu’il est ce qu’on ne saurait faire sans lui rendre un sincère hommage du respect le plus profond, de la foi la plus vive et de l’obéissance la plus parfaite. Il s’en faut donc bien que ces vérités sur lesquelles j’ai si fort insisté et qui sont comme les refrains ordinaires de ma chanson, permettez cette expression proverbiale, sapent le fondement de la véritable religion révélée; elles (lui) en aplanissent au contraire le chemin ». II, 98.

Le succès de l’ouvrage se comprend facilement; à chaque page, des notes se réfèrent aux auteurs anciens, profanes et sacrés ou même les citent expressément; le peuple a toujours révéré les autorités et surtout les autorités qui appuient les doctrines de sens commun. Telles sont justement les thèses de Wollaston, distinc-

7 tion tranchée entre le bien et le mal, affirmation d’un ordre vrai des choses, existence d’une première cause incréée, qui assure à l’esprit un repos définitif, et, pour satisfaire à la fois, notre humilité et notre orgueil, l’incompréhensibilité de la nature divine cependant que nos aspirations sont comblées par le dogme de la Pro- : vidence particulière. L’Esquisse de la Religion natürelle confirmait les bons bourgeois, grands ou petits, dans leurs croyances; elles procuraïit le pain de l’âme;

chacun devait avoir à son chevet un ouvrage aussi pré-

cieux.

E. La physico-théologie.

DErHAM 1657-1735.

55. Lorsque William Derham, recteur d'Upminster, fut sollicité de prêcher les sermons de la fondation Boyle pour 1711 et 1712, il choisit un sujet que ses prédécesseurs avaient jusqu'alors négligé, un sujet qu’il pouvait traiter avec compétence en raison de ses travaux personnels. Ce sujet était d’ailleurs tout à fait au

goût du jour et lorsque les sermons furent publiés, en-

richis de notes abondantes, ce fut le grand succès; en

une année, on en vendit deux éditions complètes, pour- |

tant tirées à un grand nombre d'exemplaires. Des traductions en plusieurs langues en furent données.

Derham utilise une méthode très simple; il examine tour à tour les choses et les êtres terrestres, insiste sur leurs avantages particuliers et leur rapport à l’ensemble de la création; il sait présenter comme des perfections ce qui peut nous apparaître comme tel et par des apostrophes vigoureuses ou de ferventes prières nous élève jusqu’à Dieu. Il ne se lasse jamais et n’épargne aucune redite; on sent qu’il éprouve une joie infinie à célébrer les mérites du créateur et cette bonne âme ne semble pas soupçonner combien il serait facile d’utiliser ses exemples pour une argumentation contraire; il est curieux de noter au passage que Derham cite fréquemment à côté de Cicéron, de natura deorum et de Galien, de usu partium, l’histoire naturelle de Pline PAncien.

Il serait fastidieux de suivre dans tous leurs détails, les onze livres de l'ouvrage. Les sept premiers forment une première partie consacrée à l’examen du globe

terrestre; les quatre derniers examinent les elasses par-

ticulières d'animaux.

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