RE NN COR SAR
” (7 dl 214 QUARANTE ANS DE THÉATRE.
Il y a bien du vrai dans cette boutade et tout le monde a pu faire cette observation.
Ce serait un grand malheur si les directeurs, encouragés par le prix excessif qu’atteignent les billets aux jours des premières représentations, les mettaient tous en vente, comme la chose se pratique aux États-Unis. Ce serait la fin de la fin. Il n’y aurait plus de public d’aucune sorte, car les gens qui peuvent payer une stalle cinq ou six louis sont tous ou presque tous des étrangers qui viennent dépenser à Paris le produit d’une longue cagnotte, et qui
ne se soucient nullement du prix des choses. Ce public-là ne formera jamais un vrai public.
Telles sont les réflexions (réflexions très mélancoliques, hélas !) auxqueHes je n’ai pu m'empêcher de me livrer, en lisant la spirituelle préface de Garnier et la causerie étincelante de Jules Claretie. Elles avaient la couleur du jour où je les ai écrites, qui était le vendredi saint. Vous les
trouverez sans doute assez moroses pour ce joyeux dimanche de Pâques, où vous les lirez.. Mais je crois qu’elles sont - justes le dimanche comme elles l’étaient le vendredi.
14 avril 1884.
GOMÉDIE-FRANÇAISE
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