LA COMÉDIE-FRANÇAISE EN
Je demande à tous ceux qui attaquent sans cesse la Comédie-Française et son organisation, qui cherchent à la ruiner eb à la démolir au nom de la liberté... — ah! oui, elle en a fait de belles, la liberté des théâtres, parlons-en ! — je leur demande où est le théâtre, je ne dis pas en France, mais en Europe et dans le monde, qui pourrait ainsi varier son affiche, jouer tour à tour de l’ancien et du moderne, des vers et de la prose, eb renvoyer le public toujours satisfait, quelquefois charmé !
Eh ! oui, sans doute, il y a, dans cette organisation, des abus, des défaillances, des trous. J’en note moi-même quelques-uns au passage. Je voudrais bien que l’on me montrât, dans quelque genre que ce soit, une administration parfaite. La Comédie-Française n’est pas plus parfaite que les autres ; elle l’est moins, si vous voulez. Elle a un grand mérite, c’est d'exister. Si on la jette par terre, il sera impossible, soyez-en sûr, de la rebâtir jamais. Il faut donc la garder, sans trop s'inquiéter des petits, ni même des grands abus qu’on ÿ remarque.
C’est un vice ou deux qui font l’honnête homme, dit le vers-proverbe. Il n’en faut pas trop; un vice ou deux,
rien de plus, tenons-nous-en là. Quelle est l'affaire où il n’y ait pas un cheveu ; P’abus commence à la perruque.