PÈLERINAGE
Le grand cabinet de travail est silencieux. Celui qui l’animait de la voix et du regard n’est plus là, mais son âme y est présente. Les objets familiers dont il s’entourait sont à leur place. La table est encombrée de brochures, de volumes fraîchement coupés, de journaux déployés et des dernières lettres reçues. Le porteplume en merisier, robuste outil dans sa main robuste, gît immobile auprès de l’encrier de cuivre et, pour la première fois, — depuis soixante années, —- se repose. Sur le petit buvard de maroquin, dont le grain est comme fatigué et usé par la « copie », quelques feuilles Blanches sont éparses. Mon maître peut venir. Son fauteuil l'attend ; les livres qu'il aimait, du fond de leurs vitrines, lui sourient. Mais il ne vient pas... Une morne tristesse plane sur cette maison, hier si joyeuse. Je lève les yeux vers les murs, où m'apparaît son image, lointaine et récente, dans un vieux crayon d'Amaury Duval et dans l’admirable pastel de Marcel Baschet. Puis ce sont encore d'autres portraits de parents, de camarades, Charles Garnier, Edmond About, J.-J. Weiss, Jules Claretie, G. Larroumet. Il me semble que ces amis sont en deuil et qu’une plainte muette sort de leurs cadres. Mon cœur se serre. Et les souvenirs affluent en moi, souvenirs de douceur et de gaieté qui, à l'heure présente, me deviennent particulièrement cruels.
Je me revois franchissant ce même seuil, pour la première fois, il y a longtemps. Je débutais dans la presse. Et Sarcey m'avait fait la grâce de citer une de mes chroniques, avec un mot d’é-
ê4 FRANCISQUE SARCEY.
loge, propre à flatter ma jeune vanité. J'avais été tellement ému de cette marque de sympathie que je n’en avais pas dormi, la nuit suivante. Je résolus d’aller l'en remercier. C'était un mardi matin ; je trouvai le critique en nombreuse compagnie, entouré des intimes qui fréquentaient chez lui ordinairement : H. Fouquier, G. Peyrat, G. de Serbonnes, Ch. Reynaud, F. Thomé, Ch. Doge, le docteur Tripier, auxquels se joignaient chaque semaine quelques hôtes de passage, artistes, écrivains et comédiennes. Tout ce monde parlait haut et riait fort. Je m'apprêétais
à me retirer, après avoir balbutié monremerciement ;maisje n’en
eus pas le loisir. Un sifflement retentit dans le tuyau acoustique :
— Allons! à table!
Et je fus poussé, malgré ma résistance, vers lasalle à manger, où je m'assis entre une ingénue et une duégne de Molière. La conversation prit de suite un tour gaillard qui redoubla ma timidité. Il me sembla que les convives étaient très spirituels. Sarcey leur donnait rondement la réplique et je m'émerveillais de son parfait naturel, et je tremblais aussi qu'il ne me forçât, en m'interpellant, à sortir de mon mutisme. Je rougissais de me sentir insuffisant et gauche. Il vit l'embarras où je languissais ; il m'adressa un sourire un peurailleur et plein de bonté.
— J'ai passé par là, me dit-il. C’est un défaut qui s’en ira avec l’âge...
Cependant les minutes s'envolaient en ces joyeux devis. L’horloge sonna deux heures. L’amphitryon nous congédia :
— Mes enfants, vous êtes bien gentils. Mais il faut faire l’article… Ù
Et sous la bonhomie de cette phrase s'affirmait l'habitude et le culte du travail. Jamais Sarcey n’a sacrifié le devoir au plaisir. Il s'efforçait de les concilier l’un l’autre, de consacrer à chacun la part qui lui revenait. Et ce fut là sa philosophie. Il n’est pas d'exemple d’une vie qui ait été mieux réglée. Souvent il répétait :
— J'ai eu des entraînements, j'ai commis quelques sottises, mais aucune d’elles ne m'a fait oublier l'instant de la copie. Ça, c'est l'arche sainte, c'est sacré!
Il avait du mérite à accomplir ponctuellement sa tâche, car elle était sans cesse interrompue. De huit heures à onze heures, chaque jour les visiteurs le relançaient ; ils le quittaient contents, emportant ou une promesse, ou un avis, ou même une marque plus positive de sa bienveillance. T1 les écoutait avec une patience inaltérable, retournant ses Lbésicles, afin de discerner leur physionomie. (Ses besicles portaient deux sortes de verres, qu'il appliquait tour à tour sur son œil valide, pour voir de loin ou de près.) Dès les premières paroles, il devinait à qui il avait affaire. Sa franchise était quelquefois assez brusque, mais elle s’humanisait vis-à-vis des femmes, surtout lorsqu'elles avaient une voix et un visage agréables. Il leur témoignait une politesse nuancée de galanterie, dont elles sentaient le prix. Elles y devinaient un désir de plaire et, si j'ose user de ce terme, une coquetterie constamment en éveil. On sera très étonné, quand on lira plus tard les lettres du grand critique, d'y découvrir des qualités de délicatesse, des raffinements de grâce que l'on ne soupçonne point. Un Sarcey nouveau s’y révélera, féminin, tendre et sensible, inaperçu de la foule etque ses meilleurs amis n’ont pas toujours pénétré. Aïnsi chacun de nous a-t-il sa tour d'ivoire, son jardin secret clos aux profanes.
Dans une page humoristique, Abraham Dreyfus s’amusa naguère à tracer le tableau d’une de ces audiences matinales. La réalité dépassait ce qu'avait imaginé la fantaisie du chroniqueur. Le cabinet de Sarcey était un microcosme où défilaient tous les types de l'humanité, les excellents et les pires, les. plus ordinaires et les plus exceptionnels. Il n’est pas un homme de talent, un intrigant ou un fou qui ne soit venu lui confier ses espérances, ses projets ou ses chimères. Romanciers et poetes en quête d’un éloge, dames du monde ruinées et aspirant à la fortune de Sarah Bernhardt, inventeurs de génie, acteurs à la recherche d’un engagement, entrepreneurs de tournées, comiques sans ermploi, tragédiens inconnus ou méconnus, docteurs ès lettres porteurs de leurs thèses, apprentis dramaturges, traducteurs d’Ho-
race, compilateurs et commentateurs : ils arrivaient à la file,
”s'installaient au coin du feu et exposaient longuement leur cas. Sarcey prêtait l'oreille à ces discours. Il s’y montrait bénévole, accueillant avec une égale mansuétude l'orgueilleux sociétaire et l’obseur élève du Conservatoire. Il n’était rebelle qu'aux manuscrits. Encore ne parvenait-il pas toujours à se défendre contre eux. Parfois il se laissait arracher la promesse d’une lecture. 11 la subissait, pestant tout bas contre sa faiblesse. Il s’enfonçait sur sa chaise, fermait à demi les yeux et se résignait au supplice. était un tableau charmant et digne de tenter un peintre.
L'été dernier, sous les marronniers de Nanterre, j'assistai à une scène de ce genre. L'auteur, pâle et chevelu, psalmodiait des alexandrins où la doctrine de Cakyÿa Mouni était très noblement formulée... Soudain il s'arrêta. Un soupir harmonieux et rythmé s'exhalait des lèvres de son juge, et ce soupir avait toute l’apparence d’un ronflement. Çakya Mouni cessa de parler et je vis passer sur son front un nuage mélancolique. Vingt secondes — longues comme un siècle — s'écoulérent. Puis Sarcey se ranima.
— Alors, vous disiez, mon cher enfant ?..
Je pensai que cette défaillance pouvait cacher un grain de malice. Il est des conjonctures où le sommeil est une opinion.
Au reste, le critique ne réussissait pas à décourager les importuns; jusqu’à ce qu'ils eussent obtenu ce qu'ils désiraient, ils lui livraient assaut; et toujours leur persévérance fut récompensée. Sarcey possédait une vertu qui n’est pas commune chez les gens de lettres. Il oubliait non seulement les blessures qu’il avait portées, mais celles qu’on lui avait infligées. La rancune ne l’empoisonnait pas. Il n’était, dans aucune mesure, vindicatif, et ne trouvait pas mauvais que l’on abusât de son excessive bénignité. Un jour je fus étonné de rencontrer dans son logis un esthète qui s'était, en mille occasions, déchaîné contre lui et l'avait couvert d'injures. Il lui apportait un volume récemment éclos et le priait de le recommander au public. Un tel cynisme me confondit et je ne pus me tenir de marquer, en termes discrets, ce qu'avait d'inattendu cette humilité succédant à tant d'irrévérence.
— Il paraît, ditSarcey en riant, que vous m'avez traîné dans la boue? Ma foi, je n'y songeais plus. Vous ne refuserez pas de déjeuner avec moi ?
Le poète accepta l'invitation. Il eut son article. À la mort de Sarcey, il s'est montré très sévère... La conscience, n’est-ce pas?a ses lois imprescriptibles, auxquelles un honnête homme doit obéir. .
Qu'il entrât un peu d'orgueil dans cette condescendance, je ne le conteste pas. Chaque service qu'on lui demandait était un hommage rendu à la générosité de son caractère et à l'autorité de sou talent. Et puis, l'amour qu'il avait du théâtre lui faisait découvrir des raisons d’amusements dans les mille comédies qui se nouaient autour de son influence. Il feignait de n’y pas pren-
dre garde; il n’en était jamais dupe. La vie théâtrale contemporaine aboutissait à son cabinet; on'en suivait les phases en notant les noms de ceux et de celles qui s’y faisaient annoncer. Un frou-frou de soie retentissait dans l'escalier, la porte s’ouvrait» Mie X... accourait, empressée, affectueuse :
— Mon Dieu! cher maître, comme il y a longtemps qu’on ne s'était vu! Je suis montée en courant.
Sarcey, bonhomme, lui tendait la main ou bien l’embrassai t sur les deux joues : , …
— Alors, mon enfant, tu es de la prochaine pièce ?
Et la jolie comédienne de rire,voyant son innocenteruse dévoilée.
Quelques-unes avaient l’effronterie de revenir entre la première et le feuilleton, dans le vague espoir d’influencer ou de pressentir le jugement de l’Oncle. Elles perdaïent leur peine. Il était impénétrable. Il leur faisait sentir doucement leur manque de tact. L'auteur, s’il accompagnait son interprète, prenait sa part de ce muet reproche. Mais le compte rendu n’en gardait aucune trace. Sarcey était immuablement sincère, incapable de dissimuler son impression véritable. Tout au plus en atténuait-il, par bonté d'âme, la vivacité. Et encore ces très légères concessions lui infligeaient-elles comme une gêne comme un malaise, qui se laissaient deviner entre les lignes.
Le samedi matin, à sept heures, il s’attelait au terrible feuil-
leton. Il ne souffrait pas d’être troublé dans ce labeur qui du-
rait jusqu’à trois heures de l’après-midi. Bien loin d’en être accablé, ainsi que Gautier et Saint-Victor, il y goûtait un réel délice. I1 avait coutume de répéter à sa vaillante compagne, Mne Sarcey :
— $i je ne fais pas mon feuilleton, c’est que je serai mort. Et je crois bien que je ressusciterai pour l'écrire!
Étendu sur son lit de douleur, il voulait à toutes forces se lever pour accomplir sa chère besogne. Quand nous lui eûmes fait comprendre qu'il y devait renoncer, il tomba dans un sombre accablement. On eût dit que le plus fort des liens qui l’attachaient à l'existence se brisait. Pour comprendre cette passion singulière, il faut avoir vécu en communion d'esprit avec Sarcey. Quelques-uns la proclameront puérile. Elle était touchante et très estimable, car elle avait sa source dans une prodigieuse activité et dans le respect du devoir professionnel. Je peux dire que les préoccupations du critique, sans en excepter une seule, convergeaient vers les sept cents lignes de son «lundi ». De quelle
matière les emplir? Comment les rendre intéressantes! Chaque
matin il se posait ce petit problème et, chaque soir, pour le résoudre, il se rendait dans une salle de spectacle. Quand il n’y avait pas de pièce nouvelle, il allait revoir les vieilles pièces ; il inventait, il découvrait d’étranges théâtres aux quatre coins de Paris et dans les faubourgs les plus lointains ; il ne résistait pas à la séduction d'un début à Belleville. Grenelle et Montmartre l’attiraient. On ne donnait pas une solennité aux Gobelins qu'il n'y fût convié. Et que le drame fût absurde et pathétique, le vaudeville plat ou divertisaant, il s’y récréait; la vue d’une rampe illuminée, le bruit des flons-flons de l'orchestre, suffisaient à captiver sa curiosité ; cette atmosphère lui était délectable, comme celle des bois et des champs aux paysagistes, comme celle des ruelles d'Amsterdam aux vieux peintres hollandais. Il s’en imprégnait tous les jours de la semaine ; et le dimanche, s'étant nourri des sucs et des odeurs du théâtre, il en composait son miel...
En quelque lieu qu'il se transportât, ces soucis le suivaient,. Quand, voyageant ensemble, nous passions par une ville, il se faisait acheter les journaux locaux et s’en allait tout droit à la
colonne, où il présumait que les spectacles devaient être annoncés. Si grande que fût sa fatigue, il la surmontait pour voir massacrer la Dame aux Camélias où écorcher la Dame de chez Maxim's.
— Ça me fera toujours trente lignes pour le feuilleton!
Et, une fois assis dans son fauteuil, les éléments de la nature conjurés ne l’en eussent pas chassé avant que le rideau fût tombé sur la dernière réplique de la dernière scène du dernier acte! C'était son point d'honneur, sa fierté, étant venu devant que les chandelles fussent allumées, de ne partir qu'après qu’elles étaient éteintes.
Je le comparais, tout à l'heure, à ces peintres flamands qui s’enfermaient dans leur œuvre et ne vivaient que pour elle. Et c’est bien un des aspects sous lesquels j'aperçoïs mon maître. Il y avait deux hommes en lui : l’homme extérieur, remuant, jovial, agissant, en contact avec la foule, et l’homme d'étude et de méditation, penché sur sa table et ne s'arrêtant d'écrire que pour dévorer des livres, qu’il lisait attentivement, la plume à la main, avec un soin méticuleux. Celui-ci, le vulgaire qui ne s'attache qu’à la surface des gens et des choses, l’ignorait. Il ne se communiquait qu'aux êtres qui étaient prés de son cœur; il leur réservait ce qu'il avait de plus rare. Et lorsqu'il les voyait inquiets ou meurtris, il leur versait le secours de sa ferme raison, de son solide équilibre et de sa santé morale. Ils sortaient de son entretien réconfortés et rassérénés...
Cette influence salutaire s'exerça d’abord sur ses frères d'armes, sur les deux ou trois compagnons qui étaient entrés avec lui dans la carrière ou l'y avaient précédé. Edmond About dut beaucoup à ses conseils ; il se fût épargné de pénibles épreuves, s’il les eût mieux écoutés. Je possède quelques-unes des lettres qu’ils échan- . gèrent vers 1859 et 1860. Leurs deux caractères s’y dessinent, dans un contraste saisissant. Ils sont également ardents, impétueux, impatients de gloire. Edmond About a sur Sarcey l'ascen- ‘dant d’une situation déjà acquise. Il est son guide, son tuteur, il le pilote à travers les écueils de l'Océan parisien. Tandis qu'il se repose à la Schlittenbach, dans la maison de sa mère, il envoie
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ses instructions à Sarcey ; il le fait courir dans les bureaux de rédaction, il discute ses articles ; tantôt il le morigène, tantôt il le loue. Quelquefois il le traite d’onele — déja! — « Oncle, Je te félicite et je t'embrasse. Voici le fin de ma copie. Tâche de m'envoyer beaucoup d'argent. Tuus, Edmond ABouT. »
Dans une autre : «Tu as bien fait de quitter le Suttières, puisque tu es trop paresseux pour te mettre en règle avec le Conseil d'État et acquérir officiellement un nom qui t’appartient légitimement. Peut-être la manière dont tu as signé n’était-elle pas très adroite. Il eût été préférable de signer Sarcey tout court et d'ajouter Francisque à la prochaine fois. Mais cela importe peu. Tu signeras lundi prochain Francisque Sarcey; et tout sera dit. » Ailleurs encore : « J'attends demain ton feuilleton de théâtre. Comme tu vas! Tu montes comme un ballon que
tu es, grosse bête ! »
Cependant la presse satirique lance une volée de flèches contre le critique normalien. Edmond About l’exhorte à la patience : « Pourquoi lis-tu les petits journaux qui t’outragent ? Fais-toi done une Schilittenbach à Paris. Il ne faut jeter les yeux sur ces feuilles que lorsque nous y sommes exaltés grossièrement et platement. Cela fait toujours plaisir. » Sarcey, qui devait se battre en duel quelques mois plus tard, entre dans les : idées de son ami : & Il n’y a qu’une réponse à opposer à cela : Monsieur, je ne suis pas officier de cavalerie, mais critique sérieux et myope. Ni mes études, ni mes goûts, ni mes moyens physiques ne me destinent à la carrière des armes. Si vous n'êtes pas de mon avis, vous êtes libre de me contredire ; si vous êtes amoureux de Ml° une Telle, tâchez qu'elle quitte le théâtre ou qu’elle joue mieux. Mon métier est de dire la vérité dans l’intérêt des artistes et du public, et non de rompre des lances. N’essayez pas de me forcer par quelque moyen brutal à me mesurer avec vous. Je vous ferais un bon procès et vous auriez six mois de prison. Les voies de fait ne sont excusables qu'avec le critique insolent ou bravache. Un homme de sens qui a fait cette réponse acquiert son indépendance et tous ses lecteurs sont avec lui. »
Dire honnêtement ce qu'on croit être la vérité et laisser crier Nr: les sots. C’est bien là le programme de mépris indifférent et d’indulgente rudesse auquel Sarcey conforma sa vie. : ;
… Le crépuscule descend... Les hautes fenêtres s’obseurcissent. | Le cabinet s’emplit d'ombre. Je m’approche du*bureau où de si vastes labeurs furent consommés. Et j'y découvre un feuillet à demi couvert d'une écriture nette et menue. Ce sont des notes d sur La Bruyère, recueillies en vue d’une conférence ou d’une leçon. A la lueur affaiblie du jour, j'y déchiffre avec émotion ces phrases : | : & Il devrait y avoir des sources inépuisables de douleur pour de certaines pertes. »
Et au-dessous :
« Tirer de soi tout ce que la nature y à mis, faire le plus large Et emploi de ses facultés, de ses énergies pour son propre bonheur et Er pour celui des autres, c’est la fin de la destinée humaine. » +4 Mon maître fut un sage. La meiïlleure façon de le pleurer est d'imiter son exemple.
- Travaillons! ,,