Hist. de lo Litt. fr
94 LA CRITIQUE LITTÉRAIRE AU XIXe SIÈCLE
tent pas tant dans telle ou telle réglementation tech-
nique de tel ou tel genre littéraire, que dans l'appel constant du critique à cette raison générale et à cette vérité universelle, qui furent les fondements solides
des littératures classiques :
Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix ;
Rien n’est beau que le vrai : le vrai seul est aimable. q
Les autres règles particulières des genres classiques sont fondées elles-mêmes sur ces principes généraux ; et c’est, d’ailleurs, à ces principes que devraient encore, au dix-neuvième siècle, se rattacher toutes les écoles qui voudraient renouveler la littérature. La poésie, au lieu de se faire sentimentale, capricieuse et frivole, doit être raisonnable, c’est-à-dire morale et philosophique. Boileau, sous l'influence de Descartes, introduisit dans la poésie ce principe de vie, et de ce jour, déclare Nisard, “ il n’y eut plus d’un côté des penseurs et de l’autre des poètes ;: le poète fut le
plus divin des penseurs.” :