Cours, I, p
NISARD, SAINT-MARC GIRARDIN, etc. 105
ee ns go À LE € 0 Elle n’a que la liberté de choisir entre le fer et le poison. Catarina paraît d’abord se résigner, et elle s'approche de la table où est le flacon. Mais tout
à coup elle recule, et laisse échapper ces plaintes violentes et presque vulgaires :
Non, c'est affreux ; je ne veux pas! je ne pourrai jamais ! Mais pensez-y donc encore un peu, tandis qu’il en est temps ; vous qui êtes tout puissant, réfléchissez. Unefemme, une femme qui est seule, abandonnée, qui n’a pas de force, qui est sans défense, qui n’a Pas de parents ici, Pas de famille, pas d'amis, qui n'a personne ! l’assassiner ! l’empoisonner misérablement dans un coin de sa maison ! Ma mère ! ma mère ! ma mère!...
Courage, je vous en prie ! Est-ce que je suis forcée d’avoir du courage, moi ! Je n’ai pas honte de n'être qu’une femme bien faible et dont il faudrait avoir pitié !
Je pleure parce que la mort me fait peur. Ce n'est pas ma faute! 1
En vérité, quelle distance d’Iphigénie à Catarina ! Et ne trouvez-vous Pas qu’il y a quelque chose de terne et de plat dans ces lamentations brutales, et que le style de Victor Hugo nous fait regretter celui d’Euripide ? Au surplus, comme le fait remarquer Saint- Marc Girardin, les sentiments qu’exprime Catarina sont vrais et naturels 5 mais ils sont d’ordre infé-
rieur. Ily a bien ici l’horreur de la mort et l'amour