Cours, I, P
106 LA CRITIQUE LITTÉRAIRE AU XIXe SIÈCLE
de la vie, mais ce qu’on entend surtout c’est “ le cri du corps livré aux angoisses de l’agonie plutôt que le cri de l’âme. C’est ici contre la mort une révolte toute physique.” : Victor Hugo supprime, ou ne trouve comment exprimer les sentiments les plus nobles, les plus élevés, ceux qui s'adressent à la vraie pitié de l’homme Catarina est naturelle, Iphigénie était plus humaine. Et le romantisme, qui flatte l’égoïsme et qui vit des passions du moi, ne s'élève pas ici jusqu’à ces sentiments supérieurs où se rencontrent en un idéal nlus digne de l’homme les personnages de la tragédie classique.
Ailleurs Saint-Marc Girardin regarde mourir Hamlet ; et il observe encore que les adieux du héros de Shakespeare sont pleins de satire et de dédains pour le milieu, la société où il vit, tandis que ceux d’Ajax de Sophocle sont pleins d’amour et de regrets pour l’universelle nature. Et il ajoute, pour montrer
comme nos salles étroites de théâtre moderne se
prêtent moins que le théâtre grec, construit en plein
air, à l’expression des sentiments les plus généraux et aux regrets de la nature, une page que je veux vous lire. Elle est délicieuse ; elle vous fera connaître la