‹ La critique littéraire au dix-neuvième siècle [microforme]Chapitre 20 sur 68 · Cours, 1, p · texte numérisé non relu

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NISARD, SAINT-MARC GIRARDIN, etc. 107 rm manière du professeur, et elle vous fera voir aussi que j'ai eu tort de dire que Saint-Marc Girardin, qui avait de l'esprit, ne mettait pas d’éloquence dans ses leçons.

Il n’y a pas moins de différence entre le théâtre où Hamlet expose ses doutes mélancoliques, et celri où Ajax fait à la beauté du jour et à la fraîcheur des eaux ses brillants et funèbres adieux, qu’il n’y en a entre leurs Paroles mêmes. Le théâtre antique n'était pas une salle renfermée et ténébreuse, éclairée par la lueur des quinquets, où l’on vient passer le soir une heure ou deux dans de petites niches de bois : où le héros tragique, quand il parle du soleil, lève les yeux vers un lustre plus ou moins bien allumé, et, quand il invoque le ciel, regarde un plafond de bois peint, ou bien, au-dessous du plafond, la dernière galerie pleine de spectateurs tumultueux et débraillés.

Le théâtre antique était placé sur le penchant d’un coteau, avec le ciel pour plafond, les montagnes et la mer pour décorations. Quand Ajax, sur un pareil théâtre, saluait pour la dernière fois le soleil et la douce clarté du jour, le soleil brillait vraiment au haut des cieux et éclairait le visage mourant du héros et les regards attendris des spectateurs, “ Salamine, sol sacré de ma terre ndtale ! ” s’écriait Ajax ; et tous les spectateurs (car je me figure une représentation de l’Ajaz mourant au théâtre de Bacchus à Athènes), tous les spectateurs pouvaient voir Salamine et son golfe glorieux. La voilà au milieu des flots qui murmurent encore le nom de Thémistocle, la voilà, cette tle que le solei marque de sa lumière et l’histoire de ses souvenirs... 1

Ainsi parlait Saint-Marc Girardin ; ainsi s’appliquait-il à glorifier le théâtre des anciens et à le préférer à celui des modernes.

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