‹ La critique littéraire au dix-neuvième siècle [microforme]Chapitre 23 sur 68 · Souvenirs, I · texte numérisé non relu

Souvenirs, I

politiques que représentait Pontmartin, celui-ci lui répondit avec une émotion éloquente :

‘“ Vous êtes un vainqueur ; moi, je suis un vaincu ; oui, vaincu depuis cinquante ans, et je m’enfais gloire; vaincu avec la justice, avec la vérité, avec le droit, avec l’honneur, avec la lumière, avec la liberté, avec

LJ l'Alsace, avec la Lorraine, avec la France ; — je ne

dis pas avec la Religion, plus victorieuse dans ses défaites que dans ses triomphes ; vaincu en bien bonne compagnie..., avec les ordres religieux que l’on disperse, avec les sœurs de Saint-Vincent de Paul que l’on expulse. .. Oui, je suis vaincu, et cette qualité de vaincu justifierait, au besoin, toutes les erreurs de ma critique. Ce n’était pas de l’aveuglement, c'était du patriotisme.—“Sire, j’ai parié pour vous,” répondait Talleyrand à Napoléon, qui lui reprochait de s’être enrichi trop vite. Talleyrand avait parié pour Bonaparte, et il avait gagné: j'avais parié pour la France, et j’ai perdu.” :

Je vous ai dit que Pontmartin avait pris à son usage les méthodes de Sainte-Beuve, à savoir l’art d’expli-

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