Souvenirs, I
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NISARD, SAINT-MARC GIRARDIN, etc. 113
quer par la biographie et la psychologie les œuvres littéraires. Et c’est ce qui fait encore si instructives ses critiques, et ce qui transforme ses ouvrages en des chapitres vivants d'histoire contemporaine. Mais il faut ajouter que Pontmartin n’usa qu’avec réserve du droit de pénétrer dans la vie des auteurs; il pouvait reprocher à Sainte-Beuve ses libertés, ses indiscrétions trop grandes ; et il a fait du critique des Lundis, si fin mais souvent aussi onctueux et perfide, un por-
trait classique que l’on croirait détaché des caractères de La Bruyère.
Caritidès areçu du ciel, auquel il ne croit plus, un goût exquis, une finesse de tact extraordinaire, de merveilleuses aptitudes de critique, relevées et comme fertilisées par de rares qualités de poète. Il possède et pratique en maître l’art des nuances, des scus-entendus, des insinuations, des infiltrations, des évolutions, des circonlocutions, des précautions, des embuscades, des chatteries de la haute école, de la stratégie ou de la diplomatie littéraire. Il excellerait à distiller une goutte de poison dans une fiole d’essence, de manière à rendre l’essence vénéneuse, ou le poison délicieux... On assure qu'il passe son temps à colliger une foule d’armes défensives et offensives, de quoi accabler ceux qu’il aime aujourd’hui, et qu’il pourra hatr demain, ceux qu'il déteste à présent et dont il peut se venger plus tard, Caritidès aurait pu être la plus irrécusable des autorités, il n’est que la plus friande des curiosités littéraires.1