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Ames d'aujourd'hui, par F. Vincent, p

226 LA CRITIQUE LITTÉRAIRE AU XIXe SIÈCLE

connaissances humaines avec la ferveur d’un jockey qui ne peut jamais quitter sa bête. Courir pour courir, penser pour penser. Voilà bien Émile Faguet ! Songeait-il à arriver au but ; en vérité, je ne le crois pas ; :l tournait toujours ! Jamais peut-être une intelligence ne vécut d’elle-même comme cette intelligence. Jamais un cerveau ne brûla plus d’excellent phosphore en pure perte philosophique. A te grand homme, dont personne ne peut parler aujourd’hui sans émotion, il faut bien avouer qu’il manquait quelque chose ‘par quoi seulement il eût été immortel : l'attachement à une doctrine. Faguet était. un sceptique.” *

Cependant, ce sceptique qui, constatant la “ démission de la morale ”, proposait la morale de l’honneur ; cet impie qui plaçait la religion au nombre des “ préjugés nécessaires ”, professa toujours un grand respect pour le christianisme. Ses idées qui s’agitaient en tourbillons, et qui mettaient du désordre dans l'esprit des autres ; ses idées qui s’éparpillaient partout comme des feuilles d’arbre qui n’ont plus d’attache, se ramassaient volontiers en des for-

mules de vénération pour la religion de son berceau.

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