PREMIERE PARTIE
num appetentem cumque Us natura et sermone et usu congruentem, ut profectus a cantate domesticorum ac suorum serpat longias et se implicet primum civium, deinde omnium mortalium societate, atque, ut ad Archytam scripsit PlatOy non sibi sed soli natum meminerity sed patriae, sed suis, ut perexigua pars ipsi relinquatur )) (i).
II.) L'éloignement que Cicéron éprouvait pour l'épicurisme se manifeste dans ses écrits, ainsi que rétablit C. Martha (2) : il avance en âge, sa notoriété grandit, son génie se développe et il cherche à proclamer ses idées personnelles.
Son discours contre Pison l'an 699 et la lettre à Quintus écrite en 700 vers le mois de février, montrent que Cicéron avait beaucoup de sympathie pour l'épicurisme. Seulement à partir de Tépoque où il s'efforce de devenir plus original dans ses traités philosophiques, il ne tient plus compte de l'enseignement des épicuriens, quoiqu'il garde de la sympathie pour l'épicurisme, sympathie provenant de son éducation, et qui continue à influencer le De Natura Deorum.
III.) En dehors de ces raisons qu'a Cicéron de s'éloigner des épicuriens s'en ajoutent d'autres ; tout d'abord leurs exagérations qui les empêchent d'être clairement compris des partisans des autres doctrines, en second lieu le manque de critique savante de leurs adeptes lorsqu'ils traitaient de sujets importants, enfin l'inébranlable stabilité de vues se perpétuant dans cette philosophie depuis sa naissance, par la soumission absolue des disciples à la parole du maître.
(i) De finibus, II. l'j.
(2^^ C. Martha. Mélanges littéraires.
CICÉRON HOMME d'ÉTAT ET PHILOSOPHE
J'ai déjà montré que ce principe de la pensée d'Epicure est immuable ; sa stabilité, déjà affirmée par les premiers chefs de l'école survit dans les siècles suivants et n'entend accepter aucune critique.
Une telle intransigeance de leur part devait choquer les philosophes des autres sectes qui se perfectionnaient et se transformaient sous les influences du dehors, s'adaptant aux nécessités de leur époque et aux progrès de l'humanité.
Cette stabilité de leur doctrine était un dogme pour les épicuriens, leurs disciples et leurs partisans ; elle est également observée ou reconnue par la plupart des savants qui se sont occupés d'Epicure. En voici un exemple. Séncque en opposant les épicuriens aux stoïciens s'exprime ainsi : « Apud istos quicquid dicit llermarchus, quicquid Métrodorus, ad unum refertur, omnia quae quisquam in illo contubernio locutus est unius ductu et auspiciis dicta sunt » (i).
A mon avis c'est par son manque de critique et sa stabilité que l'Epicurisme devait déplaire à Cicéron, académicien éclectique, et à la plupart des citoyens romains.
Ce sont ces deux motifs principaux qui séparèrent les épicuriens des philosophes des autres écoles et les tinrent à l'écart lorsque Académiciens et stoïciens se réconcilièrent en vue de travaux communs.
(i) Seneca in ep. 33, 4.
CICÉRON HOMME d'ÉTAT ET PHILOSOPHE