MATERIALISME DE CICERON
Eéfuiation des quatre preuves de Vexistence des dieux.
Causes de la perte de quelques passages du « De tiatura deorum ».
Ainsi Colla a longuement critiqué dans le « de natuva deomni)) les quaUe propositions sur l'existence des dieux, soutenues par Balbus ; et a définitivement réfuté ses arguments en n'y trouvant aucune preuve logique de cette existence telle que la comprenaient les stoïciens. C'est une réfutation complète de leur doctrine théiste, appuyée par des arguments tendant vers ce but unique et que le lecteur adopte quand il a achevé la partie du traité consacrée à la providence.
L'épicurien Velléius les adopte également ; lui, l'athée toujours prêt à nier l'existence des dieux, dont chaque argument d'athéisme fait battre le cœur, se déclare pleinement satisfait de la réfutation faite par Colla, niant comme lui les dieux stoïciens ; il la trouve excellente, y souscrit pleinement et espère encore la dépasser.
LA CBITIQUE
On se rend compte tout au long de l'ouvrage que cette réfutation tend sans cesse vers un but déterminé, malgré les lacunes de la partie traitant la providence divine, lacunes bien regrettables quand on veut étudier les réponses de Cotta aux théologiens ; des phrases, des passages entiers manquent dans les réponses de Colla aux deux dernières propositions de Balbus et cette amputation dans le texte ne permet de saisir que difTicilement toute sa pensée. Toutefois l'étude des textes d'Arnobe et de Lactance jette quelque clarté sur le sens des passages disparus ou simplement incomplets. On a accusé les chrétiens des premiers siècles d'avoir fait disparaître les passages sur la providence divine considérés comme les plus dangereux pour la foi des croyants.
Arnobe (lib. III. 7) laisse supposer que les païens euxmêmes sont coupables de la disparition de certains textes cicéroniens. Ils se scandalisaient, nous apprend-il, des opinions qu'il a parfois émises. Il ne peut s'agir en l'espèce que du « de natiiva dconuu » et du « de divinatione » et ils demandèrent que l'autorité publique en interdît la lecture et les détruisît comme favorables au christianisme et capables ^( de porter les derniers coups au paganisme.
En effet, dans ces traités Cicéron ouvrait les yeux aux païens sur le néant de leurs croyances. Leurs dieux étaient bafoués, niés même par ce Romain, ancien augure, ancien consul, ancien pontife, initié aux rites religieux les plus secrets.
Le cardinal Baronius déclare que sous le règne de Dioclétien les Romains jugèrent nécessaire de détruire par le feu le « De natura Deonnii » en même temps que la sainte Bible. Les deux passages conservés par Lactance me sem-