DEUXIEME PARTIE
blent contenir des généralités et traiter les moyens de réfuter les doctrines stoïciennes sur la providence divine ; je citerai Tun d'eux : « i\o/H Cicevo de natara dcomni disputans, sic ait : Piiniutn i(jitur mm est probabile, cani materiam remm, nnde orta siint omnia esse divina pvovidentia effectain, sed habere et Itabuisse vim et naturam suam. Ut igitiir faber, cuni quid aedificatums est non ipse facit niateriam, sed ea iititnr quae sit parata, fictonpie item cera : sic isti providentiae divinae materiam proesto oportnit, non qiiam ipsa jaceret. sed quam haberet paratam. Qiiodsi non est a deo mate fia fac ta, ne terra quidem, et aqua, et aër, et ignis
a deo factus est » (i).
On peut en conclure que Cicéron n'admet pas l'intervention d une providence divine dans la création du monde ; il suppose dans la nature elle-même une force naturelle qui la modifie nécessairement pour donner la vie aux êtres animés.
On comprend bien que la négation de la providence divine et créatrice devait blesser les croyances des Romains, celles des stoïciens et des chrétiens eux-mêmes, si fermement convaincus que tout dépend de la volonté de Dieu. Cette négation est générale dans le « De natara deorum » et il faut v voir la cause de sa destinée malheureuse.
Cette théorie de la création du monde par une force naturelle que Cicéron reconnaît, ai)partient je crois à Straton ; ce philosophe pensait que chaque portion de la matière a une pesanteur naturelle qui la met en mouvement et la modifie ; voici ce qu'en dit Cicéron : « Ipse autem singulas mundi partes persequens, quidquid aut sit ant fiat, natiiralibus
(i) Div. Inst. II. 8. (Laclance).
fieri aut factiim esse docet ponderibus et motibus » (i) et sa théorie on le voit est essentiellement matérialiste.
Les passages égarés ou détruits n'ôtent pas son sens général à l'œuvre, et font comprendre le but de son auteur ; c'est avant tout de nous montrer combien les académiciens repoussaient la théorie stoïcienne de l'existence des dieux et de quelles critiques elle était l'objet de leur part ; cette réfutation de la religion des philosophes du Portique nous semble complète et définitive.
(î) Cicéron Acad. II. 38.