‹ La critique religieuse chez Cicéron [microform]Chapitre 34 sur 68 · CICERON CRITIQUE LA DIVINATION · texte numérisé non relu

CICERON CRITIQUE LA DIVINATION

IV°

Ressemblance enlre Cicéron el Colla.

Liille contre la superslition.

Philosophie divinatoire.

Sceptiques et croyants.

Bôle tutélaire de la raison, selon Cicéron.

I.) La pensée de Cicéron nous apparaît très clairement dans les deux traités où il a traité les questions de la divination et du destin, suite de sa controverse sur les idées religieuses des stoïciens, engagée dans le « De naiura deorum ». Cotta Y parle peu mais on se rend très bien compte que c'est Cicéron lui-même qui se cache sous le nom de cet académicien.

On n'est d'ailleurs pas exactement fixé sur l'existence du personnage. D'aucuns pensent qu'il n'est autre que Cicéron même, et je serais tenté de le croire, car le Cotta du « De Naiura Deorum » parle le même langage que Cicéron dans le « De Dwinatione » et le « De Fato » ; et si l'on copi-

pare les pensées communes aux trois ouvrages on n'hésitera pas à reconnaître Cicéron sous Cotta, dans le premier. Voici les preuves qui, à mon sens, le montrent clairement :

i"" L'un et l'autre sont académiciens, donc probabilistes, et partagent d'ailleurs toutes les opinions de l'académie.

2'' La façon dont tous deux combattent la philosophie stoïcienne est identique.

3° Tous deux réfutent la divination et le destin.

4*" Tous deux nient la providence divine et n'admettent pour guide des actions des hommes que la raison et la volonté.

5^ Cette ressemblance s'accentue encore dans leur philosophie de la nature créatrice par elle-même, sans intervention divine.

6"" Ni l'un ni l'autre enfin ne reconnaissent et n'admettent les dieux stoïciens.

Cotta, sur tous ces points essentiels nous paraît le sosie de Cicéron et nous pensons qu'après son rôle politique, le grand orateur a préféré n'exposer ses idées religieuses que par une bouche imaginaire ; il sentait toute l'importance des croyances religieuses pour la conduite des masses et quel intérêt l'Etat avait à les maintenir. Il attendit donc le Triumvirat pour se montrer plus hardi dans son matérialisme.

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