‹ La critique religieuse chez Cicéron [microform]Chapitre 42 sur 68 · LE « DE FATO · texte numérisé non relu

LE « DE FATO

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But de Vauleur.

Opinions des philosophes sur le destin.

Posidonius. Théorie de V enchaînement fatal des causes physiques, néfutation du déterminisme par Cicéron. Sympathie naturelle.

Chrysippe : sa philosttphie du monde vivant et de Vintelligence divine.

Influence du climat sur le caractire humain. Correction des penchants^ indépendance de la volonté.

1.) Le «De Fato » fui composé aussitôt après le «De Divinatione », et Cicéron nous fixe lui-même l'époque où il fit paraître ce traité.

11 a senti, déclare-t-il, qu'après avoir traité de la nature des dieux et de la divination, un ouvrage spécial au destin était nécessaire pour compléter ses doctrines sur les croyances romaines, parce qu'entre autres preuves de la divination, « les stoïciens invoquaient l'ordre immuable des choses » et s'efforçaient de le concilier avec la liberté ellemême.

On sait qu'Epicure prétendait tout expliquer par sa théorie des concours fortuits ; la prétention des stoïciens était de concilier à la fois et le libre arbitre et l'ordre immuable des choses ; c'est à l'examen de ces conceptions philosophiques qu'est consacré le « De Fato » dont le but est le même que celui de ses aînés : détruire les superstitions, les préjugés religieux des croyants. Après Lucrèce, Cicéron se montre philosophe athée, mais là où Lucrèce attaquait toutes les croyances sans s'appuyer sur des raisons autres que celles qu'il tirait de l'âme humaine ou empruntait aux philosophes, Cicéron étudie, discute, approfondit, retournant la question sous toutes ses faces, et parvient ainsi à porter aux superstitions de son époque des atteintes plus réelles que n'a fait le poète. Avec modération, mais avec une pensée réfléchie et indépendante, Cicéron académicien va plus loin que ses prédécesseurs, et à travers les faibles arguments des stoïciens atteint le fond même de la question religieuse.

C'est avec Hirtius son disciple et son ami qu'il discute. Hirtius lui demande de traiter un sujet philosophique et le maître choisit le destin pour thème.

Il s'efforce de détruire par ses arguments les doctrines professées sur le Destin par les Epicuriens, et avec plus de force, les conceptions des stoïciens sur le même sujet. Aux arguments de Posidonius et de Chrysippe, il oppose les objections de Carnéade qui dit que tout homme de bon sens nie la fatalité et que la morale exige la liberté humaine.

II.) Les philosophes n'ont pas suffisamment défini le destin. Dans sa philosophie ayant à désigner la plus forte de toutes les puissances, Thaïes nomme la Fatalité. Elle gou-

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