‹ La critique religieuse chez Cicéron [microform]Chapitre 49 sur 68 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

presque tous ses efforts contre la doctrine des stoïciens. Peutêtre le hasard d'Epicure lui semblait-il moins dangereux que le destin du Portique. Les Epicuriens acceptaient la ruine de la République par paresse pour n'avoir pas à défendre l'ancienne constitution ; les stoïciens étaient conduits au même résultat par soumission à renchaînement fatal des causes, conséquence de l'ordre universel. On a remarqué que le fatalisme est une doctrine favorable au despotisme, et que toute apologie du libre arbitre est un effort pour la liberté (i). Plus loin le même auteur ajoute :

(( Cicéron croit que l'homme est libre, mais que tout ne se i)roduit pas au hasard ; qu'il y a un ordre fixe dans la nature, mais que cet ordre ne s'impose pas à nous d'une façon inflexible » (2).

En effet cet ordre ne nous dirige pas forcément en supprimant nos actions personnelles et le mouvement de notre âme. L'homme est indépendant, guidé par sa volonté propre, et il est bien évident que Cicéron en supprimant l'enchaînement des causes fatales, le remplace par le libre arbitre auquel il attribue une valeur plus grande et une plus haute portée philosophique ; saint Augustin lui a toutefois reproché de sacrifier au libre arbitre la prescience divine. (De civitate Dei. IX. 2).

Page 1