PHILOSOPHIE NATURELLE
Iv^
Philosophie naturelle.
Influence de Vépicurisme sur les anciens et les modernes. Analogies entre la philosophie cicéronienne et Vépicurisme. ISature créatrice. St raton.
I.) Sa conception philosophique de la création de l'univers est simple et naturelle. Il envisage la nature comme une puissance créatrice par elle-même, et ne demandant pas pour se développer l'intervention de forces divines.
Sa philosophie de la nature se rapprocherait par moments des théories d'Epicure sur le même sujet, sauf quelques points essentiels qui séparent les deux conceptions.
Les épicuriens nous apprennent à ne pas reconnaître les forces supérieures célestes et à ne croire qu'à la nature ellemême dont les corps ou les êtres réussissent à se former grâce à la déclinaison d'atomes qui se rapprochent et se soudent entre eux. Mais nous avons vu que cette théorie a été réfutée par Cicéron qui l'a remplacée par une sympathie des
choses unissant les diverses parties de l'univers, la vie se continuant d'autant mieux qu'elle est plus grande : « Illa vero cohaeret et permanet naturae viribus, non deorum, estqae in ea iste quasi consensus, quam auix^aôetav Graeci vocanty sed ea, quo sua sponte maior est, eo minus divina ratione fieri existimanda est » (i).
II.) J'ai déjà montré que bien que Cicéron ait combattu la théorie épicurienne sur la formation des êtres, son esprit en a cependant subi quelque influence, et sa sympathie allait à leur thèse du libre arbitre, car la liberté et la volonté lui semblaient les principaux facteurs pour le développement de la vie humaine. Il ne faut donc pas s'étonner de voir Cicéron subir les influences épicuriennes qu'on retrouve dans ses traités philosophiques, car non seulement Epicure comptait une foule de disciples, mais encore les adversaires même de sa doctrine ne pouvaient s'empêcher de l'admirer et ses amis étaient si nombreux, au dire de Diogène de Laërte que des villes entières n'auraient pu les contenir. Cicéron ajoute que le peuple est avec les épicuriens. Quant à leurs antagonistes ils leur furent longtemps inférieurs selon l'opinion de Guyau : « En vain leurs adversaires, les stoïciens, poursuivaient contre eux une lutte qui dura autant que l'empire romain, ils ne purent ni les anéantir, ni les affaiblir, ni même se soustraire à leur influence. Sénèque les critique avec force et néanmoins Sénèque est nourri d'Epicure qu'il admire et cite à tout instant ; il est plein d'idées épicuriennes, il est attiré sans cesse par les doctrines mêmes qu'il combat ; plus tard Epictète recommença l'attaque contre les épicu-
(i) De Nat. Deor. III. ii. ^