‹ La critique religieuse chez Cicéron [microform]Chapitre 54 sur 68 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

sunt, Balbe, naturae non artificiose ambulantis, ut ait Zeno, quod qaidem quale sit iam videbimus, sed omnia cientis et agitantis motibus et tnutationibus suis » (i).

Pour que la nature soit solide, dit Colta, que toutes ses parties soient bien liées et unies, il n'est pas nécessaire que le monde soit pénétré d'une âme divine, car : « Illa vero cohaeret et pernianet naturae viribuSy non deonini » (2).

Si on analyse les textes conservés par Lactance on voit combien Cicéron nie toute intervention divine dans la création, et suppose dans la nature elle-même une force naturelle qui se modifie nécessairement dans la création des êtres (3).

Nous trouvons pareille conception philosophique dans Straton qui confie la création du monde exclusivement à la nature. La conception philosophique de Cicéron sur la formation du inonde par la force naturelle est celle qui se rapproche le plus de la théorie de Straton, qui affirme qu'il y a dans chaque portion de la nature une pesanteur naturelle qui met la matière en mouvement et la modifie.

Cicéron, lui aussi, nous parle de la même force : « Ipse autem singulas mundi partes persequens, quidquid aut sit aut fiaty naturalibus fieri aut factum esse docet ponderibus et motibus » (4).

Cette doctrine de Straton qui considère la nature, comme remplie d'apparitions aveugles, est obscure et imprécise. Cicéron ne nous explique pas non plus la vie universelle ; il nous dit seulement qu'il faut chercher toutes les causes de

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la vie dans la nature elle-même qui renferme une force naturelle lui appartenant, non providentielle, modifiant et dirigeant tout.

Au sujet de cette doctrine de Straton, Guyau s'exprime ainsi : « Cette nature que Straton proclame la cause universelle et aveugle de toute génération, de tout accroissement, de tout dépérissement, n'a ni figure ni sentiment, comme Cicéron le rappelle. S'il persiste néanmoins, à l'exemple d'Aristote, à l'appeler le grand artiste qui a fait spontanément et qui continue à produire toutes choses sans conscience et sans réflexion, il montre uniquement par là qu'il méconnaît un des caractères les plus essentiels de Tait : ainsi conçue, la nature n'est plus que la personnification imaginaire des causes connues ou inconnues qui agissent dans l'univers. Le hasard préside au monde de la matière, une sorte de sélection à celui de la vie » (i).

Cette obscurité de Straton sur la nature créatrice ne nous permet pas de définir cette théorie et de lui donner un nom propre dans la philosophie ancienne. Rodier ne se permet pas non plus de la qualifier, ni de panthéiste ou d'Hylizoïste, ni d'athée ou de matérialiste. Je pense que Straton n'a entendu traiter que des phénomènes et pour cette cause je l'appellerais volontiers un « phénoméniste ».

(i) De nat. deor. IIL 11.

(2) ibid. IIL II.

(3) Div. Inst. IL 8. (Lactance).

(4) Acad. IL 38.

(i.) Guyau. La morale d'Epicure.

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