TROISIÈME PARTIE
LA DOCTRINE DE CICÉRON
enim voluntarius eam naturam in se ipse continety ut sit in nostra potestate, nobisque pareat » (i).
Cicéron suppose que le mouvement est compris dans la nature même des choses. 11 ne cherche pas une cause extérieure au mouvement car la cause c'est la nature elle-même, en mouvement suivant une loi de sympathie où toutes choses s'attirent, se forment et se concilient.
L'homme n'échappe pas à cette loi universelle ; il est maître du mouvement de son âme et par là s'affranchit du fatalisme despotique : ses actes sont donc libres.
IV.) Cicéron ne songe à donner à l'àme ni substance ni forme précise par sa nature ; il se borne à reconnaître son activité et lui accorde l'immortalité ; divine et éternelle elle
ne peut mourir.
Cette affirmation d'immortalité est néanmoins bien vague et Cicéron dit plus loin que nous ne devons pas y compter aveuglément (2). Parlant de la mort que tant d'hommes redoutent il rappelle que si l'âme devait périr avec le corps, la mort ne serait pas un mal.
V.) Selon lui, l'âme a son activité, sa volonté libres ; partisan d'une liberté pratique il tend à défendre le libre arbitre contre la doctrine stoïcienne du déterminisme, mais à notre sens, il ne l'a pas suffisamment défendu.
Voici ce que dit H. Ritter à ce sujet : La manière dont Cicéron s'explique sur la liberté ne semble pas cependant promettre une solution fondamentale à la question. A la vérité, il se défend bien contre ceux qui pensent que l'enchaînement naturel des causes et des effets est troublé par la
liberté de la volonté, en faisant voir que la libre détermination du vouloir fait justement partie de cette nature, qu'elle est en notre pouvoir et nous obéit, mais cependant pas sans cause, car cette cause existe uniquement dans la nature du libre vouloir lui-même.
On lui accordera difficilement qu'il ait suffisamment défendu sa thèse contre toutes les objections ; car que veutil dire quand il rejette toutes les causes externes et antécédentes, si ce n'est que l'être libre peut être conçu indépendamment de ses causes ? Et qui reconnaîtra à une nature une liberté donnée une fois pour toutes ?
Ces objections valaient la peine d'être résolues, et nous ne voyons pas comment Cicéron a pu croire avoir suffisamment défendu la liberté contre l'enchaînement éternel des causes et des effets.
(i) De Fato XL (2) Tusc. L 32.
LA DOCTRINE DE CICÉRON