‹ La critique scientifiqueChapitre 5 sur 19 · Consulter Taiae, Ancien régime, la Cité antique · texte numérisé non relu

Consulter Taiae, Ancien régime, la Cité antique

que cette progression de la liberté individuelle de penser, des temps anciens aux nôtres, et M. Herbert Spencer a nettement relevé ce fait. C'est par le développement graduel de cette indépendance des esprits qu'il faut expliquer en art, la persistance de moins en moins 'longue des écoles et leur multiplication, le caractère de moins en moins nettement national des œuvres, à mesure que la civilisation à laquelle elles appartiennent se déploie, se diversifie et s'étend. Dans les grandes capitales, enfin, à Athènes, à Rome, à Londres, à Paris, dans la période de tout leur éclat, l'hétérogénéité sociale est devenue telle que personne ne se trouve empêché de manifester son originalité, et, comme tout artiste est orgueilleux de ses facultés, il n'en est que fort peu et des plus médiocres qui consentent à se renier et à flatter, pour un plus prompt succès, le goût de telle ou telle partie du public. Aussi dans ce milieu, qui paraît cependant avoir encore une physionomie mar-

-quée de gaieté légère, de bruyante agitation, — le Paris de la fin de ce siècle, — le roman va <le Feuillet à M. de Concourt, de Zola à Ohnet, ^e conte, de M, Halévy à M. Villiers de l'isle- Adam, la poésie, de M. Leconte de l'Isle à M. Verlaine, la critique, de M. Sarcey à M. Taine et à M. Renan, la comédie, de M. Labiche à M. Becque, la peinture, de Cabanel à J^uvis de Chavannes, de Moreau à Redon, de ^affaëlli à Hébert, la musique, de César Franck à Gounod et à Offenbach.

Il sera clair, après ces développements, que Tinfluence du milieu social, du spectacle am- ^î)iant, des goûts contemporains sur l'artiste, îest essentiellement variable, au point qu'il est •impossible d'y faire .fonds pour conclure •d'une œuvre à la société au milieu de laquelle olle s'est produite. D'une part cette influence ^'existe pas pour la plupart des suprêmes gésiies comme Eschyle, Michel-Ange, Rembrandt, Balzac, Beethoven ; d'autre part cette influence -cesse à peu près d'exister dans les commu-

nautés extrêmement civilisées, telle que l'Athènes des sophistes, la Rome des empereurs, l'Italie de la Renaissance, la France et l'Angleterre modernes; enfin cette influencer variant en raison directe de la civilisation, \h faudrait une enquête préalable sur l'état de la société à laquelle appartient une œuvre, avant qu'il fût permis de conclure de celle-ci à celle-là.

Reste enfin la troisième relation de dépendance que M. Taine a tenté d'établir entre l'artiste et l'habitat soit de sa jeunesse et de sa> famille, soit de sa race, à l'exemple de- Sainte-Beuve qui avait déjà essayé d'expliquer par cette cause le talent de certains écrivains, Dans l'état actuel de l'ethnographie, il n'est aucun ensemble d'observations sérieuses, aucune loi, qui permettent de connaître l'influence que les caractères climatériques, géographiques ou pittoresques d'un lieu peuvent, avoir sur ses habitants i. Même pour les-

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