‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 10 sur 101 · ANÉANTISSEMENT TOTAL DES TARTARKS PAR LES CROATES · texte numérisé non relu

ANÉANTISSEMENT TOTAL DES TARTARKS PAR LES CROATES

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Nivalskom se ovdje krvi, Spasi zapad sav. •

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« Ici notre race robuste et saine anéantit les troupes sauvages; ici tout l'Occident fut libéré par le saug croate. •

Ce n'était pas assez pour la nation croate, que d'avoir anéanti la barbarie avare au nord et au sud de l'Europe, et d'avoir affranchi le monde civilisé du joug allemand ou mieux de la barbarie baptisée : il fallait encore qu'elle concourût à l'expulsion des Sarrasins, avec l'empire occidental et oriental, selon le témoignage de Louis le Pieux ', et que, par l'événement le plus brillant, mais le moins connu de son histoire, elle délivrât tout l'Occident d'un fléau mille fois plus redoutable, en exterminant les Mongols ou les Tartares sur le champ de bataille de Grobnik, où les Croates eurent l'honneur insigne — ils n'en sont pas assez fiers — de sauver le christianisme et la civilisation européenne.

En effet, si les Tartares étaient parvenus à franchir les frontières de la Croatie, après avoir massacré ses nobles enfants,

] . Voir à l'Appendice I la lettre adressée par Louis II à Basile, einpe- -reur d'Orient.

assurément ils auraient traité les divers États de l'Europe comme ils traitaient déjà ceux qu'ils avaient envahis, de 123G à 12£i2, dans leur marche irrésistible, c'est-à-dire l'Asie centrale, le Kharzim, la Perse, la Russie depuis la mer Baltique jusqu'à la mer Noire; le duché de Poscn, laSilésie, la Transylvanie, la Galicie, la Hongrie, la Serbie, la Bosnie, la Bulgarie et même la Croatie, dont le territoire fut dévasté, en un mot le quart du globe terrestre. Selon le témoignage de l'illustre Charles Rotteck, qui a résumé dans son grand ouvrage tous les récits contemporains partout où passaient les Mongols, rien ne restait debout, ni hommes ni cités, comme s'ils se fussent proposé de remplacer la création divine par la destruction humaine. Chaque ville prise était incendiée ou détruite ; et sa population, sinon entièrement exterminée, du moins massacrée par masses considérables. Telle paraissait devoir être la destinée générale du continent civilisé, à cette époque lamentable, si Dieu n'eût suscité l'héroïsme de la nation croate, qui, pour la troisième fois, voua son existence au salut du genre humain.

Les écrivains allemands, jaloux de notre gloire nationale, ont attribué la disparition des Mongols à un miracle ou aux armements qui se préparaient contre eux en Allemagne. Or, les Allemands n'étaient pas assez puissants pour épouvanter ces barbares qui ne les connaissaient point et devant qui toute la terre tremblait. Il y eut donc miracle, et ce miracle, Dieu l'accomplit lui-même en se servant des Croates ; car il se sert toujours de l'homme pour atteindre les divers buts qu'il assigne, de crise en crise, au progrès et au développement successifs de l'humanité.

Il résulte, en effet, d'un passage de l'historien Fessier, du diplôme de Béla IV, roi de Hongrie et de Croatie, à la date de l'an 1251, et de divers autres précieux témoignages, soit nationaux, soit étrangers, que les Mongols essayèrent vainement de

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