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L'INVIOLABILITÉ DliS TRAITÉS. 29
saisir. Trois armées turques envahissent déjà la Hongrie et la Croatie. Au lieu d'agir avec résolution et unité, les Magyares délibèrent nonchalamment et proposent mille plans, sans en adopter un seul. Leur pays est complètement saccagé, tandis que la Croatie, envahie comme la Hongrie, va subir un meilleur destin. Car le ban Émeric Derençin, Bernhard Frankopan et Charles Torquat de Krbava se réunissent autour de la bannière nationale, sur les bords de VUnna, excitent leurs nobles phalanges contre les envahisseurs de la patrie, en précipitent un grand nombre dans le fleuve et culbutent le reste qui demande merci '. Effectivement leur chef Bajazid propose un armistice, à la condition expresse qu'on lui permettra de traverser en ami le territoire croate, pour qu'il puisse aller impunément dévaster les provinces allemandes. Mais la nation croate ne voulut pas se déshonorer elle-même, en faisant la paix avec les Turcs au prix du sang d'une partie de la chrétienté.
La victoire serait probablement restée longtemps fidèle aux Croates si la discorde n'eût éclaté de nouveau entre le roi de Hongrie et les magnats de la Croatie. Jakup-Beg de la Bosnie en profita pour traverser la Croatie sans exercer la moindre cruauté envers ses habitants ; car il réservait ses fureurs contre la Carniolie et la Carinthie. Aussitôt les divisions intestines cessèrent en présence de cette agression étrangère; mais il était trop tard. Les frères Bernhard, Nicolas et Jean Frankopan, Charles Torquat de Krbava, George Blashkoviç et Pierre Zrinj accoururent néanmoins avec leurs troupes , sous les drapeaux du ban Derençin, auquel Jakup-Beg demanda un libre passage, se fondant sur ce qu'il n'avait fait aucun mal aux Croates, ni en allant, ni en venant ; mais le ban insista pour qu'il rendit la liberté à tous les Croates de la Carinthie et de la Carniolie qui étaient traînés en esclavage. 11 fallut combattre près de Vitunj, le 9 septembre U93, et la bataille, l'une des plus san-