Fessier, IX. L., p
l'inviolabilité des traités.
glantes de notre histoire, devint désastreuse pour la patrie. En effet, pas une ville croate où la consternation ne fût générale: pas une seigneurie où l'on n'eût à déplorer la perte d'un époux, d'un père, d'un fils ou d'un frère. Heureusement qu** ce jour néfaste devait être effacé par bien des journées glorieuses *.
Les Turcs, fiers de cette victoire inattendue, se préparaient à reconquérir Jajce, place forte qu'ils considéraient comme la clef de tout l'Occident. Dans cette situation critique, le ban Jean Corvin crut devoir s'adresser au roi Wladislaw ; mais les Croates pouvaient toujours s'attendre de la part des souverains de Hongrie à une expédition militaire contre leur liberté; jamais à un secours matériel quelconque pour l'affranchissement et l'indépendance de leur nation. Abandonnés de tout le monde, les Croates n'eurent d'espoir qu'en Dieu et dans leurs propres forces. Jean Corvin les conduisit bravement à l'ennemi qui fut taillé en pièces, et Jajce contempla de loin, avec bonheur, cette première vengeance de l'affront national deVitunj, tandis que le roi de Hongrie demeurait lâchement inactif dans le château d'Ofen (1500) 2 .
L'inaction coupable des Hongrois eut sa récompense au commencement du xvi e siècle ; car les Turcs regardèrent bientôt leurs possessions comme une proie facile à saisir. Pendant que les Croates, sans cesse exposés à leurs premiers coups, les surprenaient et les mettaient en pleine déroute, près de Dubîca, où le ban et l'évêque Pierre Berislavic firent merveille 3 ; le pacha prenait sur les Hongrois Tessan, Sokol, Kotor et Srebernik, places fortes de la Bosnie croate qui furent très-faiblement défendues. S'il est vrai que le roi Wladislaw demanda des secours en hommes et en argent non-seulement au pape ainsi qu'à tous les autres princes chrétiens de l'Europe menacée