ïd. y l. c, VI, p
retombèrent-elles, après sa mort, au pouvoir de Mustapha- Pacha, grâce à la lâcheté de Thomas Mathusnay, qui était chargé de leur défense. Jajce, la clef de l'Occident, aurait subi le même destin, au printemps de l'année 1521, sans l'habileté du commandant Pierre Kegleviç, guerrier aussi ingénieux que brave, qui, dans une sortie bien combinée, anéantit complètement les assiégeants, quoiqu'il ne pût opposer en quelque sorte qu'une poignée d'hommes à leurs masses formidables; et presque en même temps, le Croate Kegleviç réparait la faute de Mathusnay, dans les plaines de Pliva, dont l'éclatante victoire causa une joie générale non-seulement en Croatie et en Hongrie, mais encore dans toute la chrétienté
Cependant ces luttes, ces combats et ces guerres successives n'étaient que les avant-coureurs d'une prise d'armes plus terrible et plus menaçante pour le repos de l'Europe. A la fin de juin 1521, le sultan Solejman se mit à la tête de trois cent mille hommes et jura d'accomplir les vœux de son père en bâtissant trois mosquées à un seul Dieu : l'une à Jérusalem, l'autre à Vienne et la troisième à Home. Le commandant hongrois de Belgrade, François Hederwàry, abandonna la place et s'enfuit à l'approche d'un si redoutable ennemi. Tous les chemins de la Hongrie et de l'Allemugne se trouvaient ouverts devant Solejman : il s'y précipita. Le Sirmium et le Banat furent saccagés ou dévastés, et une quantité innombrable de chrétiens devinrent les esclaves des Turcs.
Le roi Louis II, en présence de ces calamités nationales, ordonna une levée générale de la noblesse; mais la plupart des magnats et des seigneurs, peu soucieux du danger de la patrie, loin de se rendre dans les camps ou sur les champs de bataille, restèrent tranquillement dans leurs foyers. Heureusement pour la Hongrie que le sultan , satisfait de la prise de Belgrade, rentra dans Constantinople , sans avoir frappé de