‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 20 sur 101 · Fessier, /. c, p · texte numérisé non relu

Fessier, /. c, p

plus grands coups. Mais Louis II, ne pouvant plus confier la défense de ses forteresses à l'indolence des Magyares, et n'osant pas les remettre entre les mains des Croates, qui les avaient tant de fois reconquises, eut le triste courage d'autoriser le prince Ferdinand, archiduc d'Autriche, son beau-frère, à les occuper et à les pourvoir de troupes allemandes, parce qu'il lui avait promis sa succession dans le cas où il mourrai? sans postérité.

C'était tomber de Charybde en Scylla. Effectivement, Solejman, jaloux de continuer une guerre commencée déjà sous d'heureux auspices, écrivit à Louis II, roi de Hongrie et do Croatie, une lettre pleine de menaces, de dédain et de mépris pour les Allemands comme pour lui-même. Le roi répondit au sultan presque avec insulte, el bientôt après les hostilités éclatèrent. Un corps de vingt mille hommes vint, sous la conduite de Usref-Beg, attaquer Jajce, que Jean Ostroshic avait résolu de défendre à la manière des braves. Louis II ayant fait appel à l'héroïsme des Croates, le comte Christophe Frankopan accourut au secours des assiégés, suivi des principaux de la nation et à la tête de seize mille combattants. Une bataille décisive s'engagea presque sur-le-champ ; des milliers de Turcs furent massacrés avec leur chef dans cette journée mémorable; le reste s'enfuit en pleine déroute. Jajce était sauvée pour la seconde fois. C'est alors que Frankopan reçut de Louis II le glorieux titre de défenseur de toute la Croatie 1 .

Mais cette victoire ne devait pas produire de longs résultats, grâce à la lâcheté des troupes allemandes auxquelles on avait confié la défense des forteresses, et qui préparaient aux Hongrois une ruine totale après une seule défaite. Aucune place ne put résister à la fureur des Ottomans , que Solejman conduisait en personne. Il avait fait un désert de presque toute la Hongrie, lorsqu'il rencontra l'armée de Louis II sur la rive oc-

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