‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 23 sur 101 · Fessier, /. c. VI. Th., p · texte numérisé non relu

Fessier, /. c. VI. Th., p

l'inviolabilité des traités. 37

puisque les forteresses furent généralement reconquises, et que l'ennemi se trouva rejeté au delà des frontières'.

A l'époque où Ferdinand 1 er manquant à tous ses devoirs de souverain, offrit la Transylvanie au sultan Solejman pour obtenir la paix, on vit encore les Croates, conduits par Jean Lenkoviç et Jean Alapiç, refouler une nouvelle invasion des Turcs, commandés par Ferhat-Pacha, et les mettre en pleine déroute (1557 ) 2 . Mais, sur ces entrefaites, Turiani perdait honteusement Klissa 3 , place forte de la Dalmatie, et le comte Auersperg se laissait lâchement arracher celles de Krupa et de Novi. Mathias Bakiç, vaillant Croate, n'ayant que cent hommes dans la forteresse de Krupa qu'il commandait avec fermeté, soutint pendant vingt-six jours tous les assauts des Turcs ; et, comme il se voyait obligé de capituler, il préféra s'ensevelir lui-même avec toute la population sous les ruines de cette place ; tandis que le comte Auersperg, en digne Allemand qu'il était, eut le triste courage d'assister, l'arme au bras et à la tête de sept mille combattants, au sublime spectacle de ce sacrifice héroïque *. Il est vrai que la chute de Krupa devait être bientôt vengée par le ban Pierre Bakaç-Erdôdy , qui prit une revanche éclatante sur Mustapha, quand celui-ci eut franchi la Save avec dix-sept mille hommes pour saccager et dévaster la Croatie 5 .

Cette nation valeureuse a eu son Léonidas comme la Grèce antique, dans la personne de Nicolas Shubiç-Zrinjski. Le sultan Solejman avait repris le chemin de Vienne, se proposant d'envahir l'Allemagne avec une armée de trois cent mille hommes. Chemin faisant, il s'approcha de Sigethwar, place forte méprisée, que Nicolas Shubiç-Zrinjski commandait. Aussitôt celui-ci détacha de sa troupe un faible corps de Croates dont il confia la

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