Id. f L c, p
l'inviolabilité des traités.
direction aux capitaines Gaspard Alapic et Vuk Papratoviç, qui avaient ordre de refouler Pavant-garde de l'armée turque, agissant sous les ordres de Mohammed-Pacha, favori de Solejman. Les deux Croates, dignes fils d'un peuple héroïque, mirent les Turcs en complète déroute, tuèrent Mohammed- Pacha et firent son fils prisonnier 1 . Solejman jura de venger la mort de son favori et marcha résolument contre Sigethwaravcc toute son armée. Nicolas Shuhiç-Zrinjski accepta cette lutte inégale, et son dévouement fut sublime. II s'ensevelit avec deux mille cinq cents Croates sous les murs de Sigethwar; mais trente mille Turcs restèrent étendus sur le champ de bataille autour de Solejman le Grand, et sa mort le rendit immortel aux veux des hommes comme aux veux de Dieu, parce qu'il avait sauvé toute la chrétienté. C'est pour cela, sans doute, que les Magyares n'ont pas craint de revendiquer sa gloire personnelle pour leur propre nation, quoiqu'il appartînt réellement à l'ancienne et illustre famille croate des comtes de Shubiç. Et ceci est non moins certain que l'abandon où le laissa le roi Maximilien, auquel Nicolas Shubiç-Zrinjski demandait un secours quelconque ; mais la politique autrichienne avait intérêt à le sacrifier, parce qu'elle redoutait beaucoup plus un seul Croate qu'une armée de trois cent mille Turcs. Aussi Mohamed Sokolovic envoya-t-il à Maximilien, par son propre frère, la tête coupée de Zrinjski et une lettre conçue en ces termes :
« Recevez, comme preuve de ma bienveillance, la tête de votre plus héroïque et plus courageux capitaine ; vous en aurez sans doute besoin à l'avenir. J'ai fait enterrer le reste de son corps avec tous les honneurs qui convenaient à un pareil héros 2 . »
Après la mort de Christophe Frankopan, l'archiduc Charles fut revêtu de l'autorité suprême en Croatie. Toutes les forteresses se trouvèrent confiées une fois de plus aux Allemands ;