‹ La Croatie et la Confēdēration italienneChapitre 25 sur 101 · I. c. y p. M et seqq · texte numérisé non relu

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l'inviolabilité des traités. 39

mais, lâchement défendues par eux, elles furent bientôt perdues. Les Allemands curent pourtant à cette époque l'étrange velléité d'entreprendre une expédition contre les Turcs ; et Dieu sait avec quel succès ! Toutes les garnisons qu'on avait laissées dans les places fortes s'enfuirent à l'approche de l'ennemi ' ; quant au gros de l'armée, il ne fit pas preuve de plus de courage. Et c'est pourtant avec de pareilles qualités militaires que l'étranger prétendait conquérir l'estime et la confiance de la nation croate ! Mais le drapeau national fut arboré par George Zrinj, et son expédition, entreprise noblement sans le concours des Autrichiens, se résuma dans une victoire nouvelle remportée sur Skander, beg de Pozsega (29 septembre 1580 ) 2 ; Frankopan, Jurishiç, Zrinjski,KarIoviç, Kegleviç, Krushiç, Bcrislaviç, et mille autres héros morts en tressaillirent de joie dans leurs tombes.

Sous le banat de Thomas Erdôdy-Bakaç, Croate célèbre par ses patriotiques protestations contre la violence magyare, Hassan , pacha de Bosnie, osa pénétrer en Croatie, qu'il dévasta jusqu'à Laybach. Mais, comme il revenait de la Carniolie, avec six cents prisonniers et force butin, Thomas Erdôdy et Joseph Turjaçki lui barrèrent le passage. On en vint aux mains; la bataille fut rude, mais heureuse pour les Croates, qui s'emparèrent de tous les bagages des Turcs, et délivrèrent tous leurs prisonniers 5 . De son côté, George Zrinj, loin de rester inactif, volait avec Étienne Pavlikoviç à la rencontre de Hussein, beg de Sigethvvar, qui avaient envahi Medjumurje, près Varasdin; et* comme les Turcs se jetèrent dans les eaux de la Drave pour éviter la furie des Croates, ceux-ci, sans écouter la voix de leurs chefs, traversèrent le fleuve à cheval ou à la nage pour que les barbares n'échapassent pas à leurs coups (1586)*.

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