ld., i. c, p. 225 et seqq
40 l'inviolabilité des traités.
Quelque temps après, le ban Thomas Erdôdy remportait une autre victoire près d'Jvaniç, où l'armée d'Aly-Pacha fut complètement anéantie ( 10 décembre 1586 ) '.
Pour les Turcs, il n'y avait ni paix ni trêves, car ils ne tenaient compte d'aucun traité conclu avec les chrétiens. Hassan, pacha de Bosnie, osa envahir la Croatie et saccager le pays de Krizsevci ; mais le ban Erdôdy lui fit payer bien cher cette audace, puisqu'il l'écrasa littéralement 2 . Obligé de fuir, Hassan ne s'éloigna qu'avec la ferme résolution de revenir et de se venger. En effet, le 12 août 1592, il campait en face de Brest, et les Allemands de la garnison le regardaient faire tranquillement. Toute la noblesse croate se réunit autour du ban pour le combat; mais tous les Autrichiens abandonnèrent les forteresses qui leur étaient confiées et prirent la fuite, après les avoir traîtreusement livrées. C'est ainsi que le malheureux Christophe Lamberger, commandant de Bihaç, céda aux Turcs une place que les Croates sauvegardaient depuis plus de trois siècles. Heureusement que les lâchetés allemandes furent bien vite rachetées par la bravoure des Croates.
Hassan ayant assiégé Sissek, le chanoine Mikaçiç, qui s'était chargé de sa défense, le battit, lui fit lever le siège et rentra victorieux dans cette forteresse 3 .
Et maintenant, si l'on voulait connaître l'état politique de la Croatie à cette époque, il suffirait de jeter les yeux sur le tableau que les nonces, envoyés en 1593 à la diète commune de Presbourg, déroulèrent au nom de la nation croate en présence de cette assemblée. Car ils représentèrent énergiquement au roi que, dans la courte durée de deux ans, malgré les traités de paix, vingt-six forteresses et châteaux forts avaient été pris par les Turcs et trente-cinq mille habitants de ces contrées malheureuses traînés en esclavage; qu'il ne devait pas lui
J. Fessier, /. c, p. 229.