Ul.y l. c
l'inviolabilité des traités.
jours des excuses! En attendant, la bonne volonté de Zrinj restait impuissante ; heureusement que plus tard il put donner un libre essor à son génie militaire, et agir avec une pleine indépendance, tant en Hongrie qu'en Croatie. La terreur de son nom était si grande parmi les barbares, qu'ils ne se croyaient pas même en sûreté dans les forteresses et qu'ils fuyaient à son approche. Mohàcs, Nâdasd, Zics, Bâta et Szekszard se rendirent; un grand nombre de chrétiens fut libéré de l'esclavage turc, et il fallut plus de deux mille voitures pour transporter tout le butin pris sur l'ennemi
Combien différente était conduite de Montécuculi! Nommé commandant suprême des armées allemandes, hongroises et croates, il résolut, contrairement à l'opinion des généraux allemands eux-mêmes, de ne point défendre Zrinjgrad qu'Achmed Kiuprili avait juré de faire sauter. L'explosion de cette place coûta la vie à quatorze cents Croates* et le grand homme put annoncer sa chute aux États de la Styrie, en ces termes infamants prononcés contre l'Autriche :
« Ma forteresse a été remportée par les Turcs en présence d'une armée imposante le sabre à la main, presque sans être violée et sans que Montécuculi ait même tiré l'épée en sa faveur. Si l'on fait la guerre de cette manière, toutes les forteresses et tous les royaumes du globe doivent tomber au pouvoir des Turcs 2 . »
Dès cette époque, les Croates se bornèrent à défendre leur patrie contre les Turcs de la Hongrie, en campant le long de la Mura, sous la conduite de Nicolas Zrinj, qui remporta ainsi un dernier triomphe. Pour avoir raison de la nation croate, l'Autriche extirpa bientôt les puissantes et glorieuses familles de Zrinjski et de Frankopan ; mais elle ne put extirper l'esprit national se perpétuant lui-même sans cesse avec les souvenirs des