Voir à l'Appendice I l'acte diplomatique
désormais de tous les droits légaux qu'ils s'efforçaient en vain de revendiquer 1 .
Les choses allèrent de ce train jusqu'au mois de décembre 18^7 . La mauvaise foi magyare ne laissa pas échapper l'occasion qu'elle eut alors d'ôter son masque, au sein de la diète commune à la nation croate et à la nation hongroise, en s'écriant : « Où est donc celte Croatie, etc.. » Cette apostrophe célèbre, adressée aux nonces croates, dans une assemblée éminemment légale, était le comble de l'iniquité. La nation croate ne tarda pas à se venger de cette iniquité internationale.
Les événements de février 18£|8 vinrent en aide aux nonces croates, qui multipliaient leurs démarches à l'effet de terminer un différend d'autant plus déplorable qu'il avait lieu entre deux sociétés indépendantes, dont l'une voulait ravir à l'autre ses droits légaux, naturels, incontestables et imprescriptibles pour chaque société civile, tant qu'elle existe physiquement.
En ce moment, toute l'Europe tressaillait de crainte et d'espoir au bruit des événements qui s'accomplissaient, ou mieux qui venaient de s'accomplir à Paris, et qui allaient bientôt se reproduire à Vienne, où la jeunesse des écoles, lasse d'un despotisme stérile, allait se prendre d'amour pour une féconde liberté. Mais laissons l'Allemagne aux prises avec la révolution , et revenons en Croatie, où retentissent des cris de joie, qui font oublier tous les cris de douleurs dont le peuple gardait la mémoire depuis l'horrible massacre accompli dans les rues d'Agram, pendant les élections de 18^5; car la politique austro-magyare, profitant des émotions des partis politiques provoquées par le renouvellement triennal de nos magistrats, témoignait à coups de fusil son mépris pour la constitution -nationale 2 .